jeudi 5 juillet 2012

Temptation (2000)



Quand j'ai commencé ce blog, c'était pour une noble cause : tirer de l'oubli certains longs métrages qui n'avaient pas mérité le sort qui fut le leur. J'aurais du m'en douter : si des films connaissent l'échec (sans parler de ceux qui n'ont même pas l'honneur d'une sortie dans les cinémas), certains le méritent. « Temptation » est de ceux-ci.

Réalisé par Lyndon Chubbuck (dont le film le plus célèbre est « Y a-t-il un parrain pour sauver la maffia ? », épouvantable daube où s'était échoué Christopher Walken), « Temptation » dispose pourtant d'un casting honorable : Kiefer Sutherland (qui, à l'époque, surfait sur le succès de « L'expérience interdite» et et de « Génération perdue », depuis devenu une star planétaire depuis le succès de « 24 heures chrono ») et Rebecca de Mornay (qui se fit remarquer notamment dans « La main sur le berceau » mais fut également vue dans la série « Urgences », entre autres). 

Résumons l'histoire, en quelques mots, sans cependant en trahir la fin. Soupçonnant son mari (Kiefer Sutherland) d'être volage, Anthea ( Dana Delany, entrevue dans « Tombstone») engage Derian, une jolie détective privée, (incarnée par Rebecca de Mornay) pour le surveiller, et bientôt tenter de le séduire, afin de mettre sa fidélité à l'épreuve. Mais les choses ne sont pas toujours ce qu'elles semblent être.

Qui manipule qui ? En voilà une question qu'elle est bonne, non ?


Clairement, « Temptation » louche du côté des thrillers complexes, dans la vague initiée (au début des années 1990) par « Basic Instinct », et prolongée par quantité de déclinaisons, pas toujours heureuses. Au menu de ces films, un scénario en trompe-l'œil, un rien de perversité, un soupçon de sexe, quelques scènes chocs sont les ingrédients nécessaires. Seulement, pour réussir un tel cocktail, il faut des scénaristes dignes de ce nom et un réalisateur capable de transposer tout cela à l'écran. 


Je n'irai pas par quatre chemins : dans le cas de « Temptation », la mayonnaise ne prend pas. A aucun moment, le spectateur, fût-il de bonne composition et décidé à être indulgent, ne se laisse prendre. A peine digne d'une diffusion sur Direct8 (et encore, en deuxième partie de soirée), réalisé avec autant de talent qu'un film de vacances, pourvu d'un scénario visiblement écrit par un débile léger, cette oeuvre (terme extrêmement galvaudé, en l'occurrence) n'a pas grand chose à voir avec le septième art.

On pardonnera aux acteurs cette erreur de parcours, sans doute destinée à des fins purement alimentaires. On sera moins indulgent avec le réalisateur et les producteurs de cette infâmie (qui, dans un accès de lucidité, n'osèrent même pas sortir ce film sur les écrans).


Quant à ce film, une seule destination possible pour lui : l'oubli, définitivement.


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