dimanche 1 juillet 2012

(G)rève Party (1998)

(G)rève Party
(1998)

  
Bien avant de connaître le succès populaire avec « Trois zéros », « Jet Set » et autres « Camping », Fabien Onteniente avait débuté dans d’autres territoires cinématographiques. Après « A la vitesse d’un cheval au galop » et « Tom est tout seul », il réalisa « Grève Party », sorti sur les écrans français en 1998.
Indéniablement, ce film est inspiré des mouvements de grève qui paralysèrent (en partie) la France en 1995 (les années Juppé, que les moins de vingt ans peuvent ne pas connaître). Mais ces événements sont vus, dans ce cas, à hauteur d’homme (et de femme). Ce film est à classer dans la catégorie « films de potes » (à l’instar du fabuleux « Mes meilleurs copains », toutes proportions gardées cependant).
  

« Grève Party », c’est avant tout une galerie de personnages plutôt savoureux, même s’ils frôlent la caricature : Monsieur Jean (Daniel Russo), le libraire gauchiste, ancien syndicaliste tendance « dure », bien décidé à utiliser dorénavant les mots et les pensées des plus grands philosophes, Ange (Bruno Solo), le coursier motocycliste, dans tous ses états parce que sa douce et tendre (Aure Atika) a posé dans le plus simple appareil dans un magazine de charme (par souci d’honnêteté intellectuelle et pour compléter ce dossier, je cherche d’ailleurs à me procurer ce numéro), Dan (Vincent Elbaz) nonchalant scénariste d’une sitcom, relancé sans cesse par un producteur « bling-bling » avant l’heure (Gilbert Melki), sans oublier quelques rôles plus secondaires, mais tout aussi savoureux (notamment Micheline Presle, tout de même).
 
Tout ce petit monde va se croiser, pendant une journée particulière (une de celles où tout un pays se trouve paralysé par un mouvement social), se parler, s’engueuler, se perdre, se chercher, manifester son mal-être, se faire charger par les CRS.
 
Si le scénario n’a rien d’exceptionnel (au sens où il ne réserve pas de surprise, de « twist » qui tue), les dialogues sont particulièrement percutants. On sent la patte de Bruno Solo (déjà en partie responsable, dois-je le préciser, de l’excellent « Caméra Café ») dans certaines réparties piquantes et savoureuses.
  
Ajoutez à cela une galerie de personnages sympathiques, incarnés avec sincérité par leurs interprètes (même si Russo fait « du Russo » et qu’on peut faire le même reproche à Vincent Elbaz), et vous obtiendrez un joli petit film, plutôt rafraîchissant.
 
Finalement, on ne peut que regretter le peu de succès que rencontrèrent les premiers films d’Onteniente, dont celui-ci. Le bougre s’est ensuite dirigé vers un style plus lourd, plus facile : si le succès populaire (toujours lui) fut au rendez-vous avec des films comme « Jet Set » ou « Trois zéros », il manque à ces poids lourds la fraîcheur de « Grève party ».

Si ce premier rendez-vous fut manqué, « Grève Party » mérite donc une deuxième séance. Si le DVD vous passe à portée de main ou (ce qui est plus probable) s’il a l’honneur d’une diffusion télévisée, laissez-vous tenter…

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