lundi 2 juillet 2012

Tristan & Yseult (2006)


La très populaire histoire du courageux Tristan et de la belle Iseut est ancré depuis des siècles dans la tradition européenne. Issue de contes celtes, cette love-story tragique a été l'occasion de maintes interprétations au travers des âges. Il était inévitable que le cinéma s'en empare. Après quelques versions plus ou moins mémorables, l'adaptation "made in Hollywood" de ce classique fut confiée à Kevin Reynolds, ayant déjà à son actif "Robin des Bois, prince des voleurs" et "Waterworld" qui firent la gloire de Kevin Costner (pour le premier) et la ruine des studios (pour le second). Sous l'égide des frères Scott (Ridley et Tony), Reynolds prit en main la réalisation de cette transposition d'un mythe.

Après une longue et douloureuse gestation (le film restant dans les tiroirs des producteurs pendant deux ans avant de sortir sur les écrans), "Tristan et Yseult" fut un four monumental. A ce jour, c'est le dernier long métrage réalisé par Kevin Reynolds, qui s'est rabattu sur des réalisations pour la télévision. Maintenant qu'il fait les beaux jours des chaînes de la TNT (et encore, en deuxième partie de soirée), il est peut-être temps de se pencher sur ce film (parfois vendu sous le titre "The red sword", soit dit en passant). Avant tout, il faut prévenir les admirateurs du conte originel (ou plus exactement des portions de texte qui nous sont parvenues) : cette adaptation pour le grand écran n'est absolument pas fidèle à l'histoire dont elle est tirée, n'y empruntant que la trame générale pour y ajouter quantité de scènes d'action. 


Ensuite, ce film est symptomatique du manque de connaissance (et de curiosité, sans doute) qu'ont les scénaristes d'outre-Atlantique pour la culture européenne. La Bretagne dépeinte dans "Tristan & Yseult" est, esthétiquement parlant, un Moyen-Age fantasmé, dont les nombreux anachronismes feraient bondir tout professeur d'histoire. Mais, quitte à surprendre, ce genre de défauts n'est pas celui qui est le plus rédhibitoire à mes yeux. Après tout, l'histoire des deux amants (que je ne vous ferai pas l'injure de détailler) n'a ici plus grand chose à voir avec le texte d'origine et l'on peut pousser l'indulgence jusqu'à passer l'éponge pour profiter du spectacle. D'autant plus que la réalisation de Reynolds est très honorable, à plusieurs coudées au-dessus du poussif Robin des Bois qu'il avait commis.

Le pire de ce film reste cependant, à mon goût, l'interprétation de James Franco. Pas encore auréolé du statut qui est le sien aujourd'hui, le jeune acteur était, à l'époque, uniquement connu pour sa prestation dans "Spiderman". Il n'était pas le premier choix du réalisateur et n'auditionna même pas pour le rôle de Tristan. Manque d'intérêt pour l'histoire qu'il est censé porter ? Direction d'acteurs défaillante ? Sa prestation dans ce long métrage est particulièrement calamiteuse. Franco est particulièrement apathique dans la plupart des scènes et force le trait dans certaines où la subtilité s'impose. Au vu de la performance des autres acteurs, j'ai tendance à penser qu'il est seul responsable du naufrage (et je ne parle pas de sa coupe de cheveux !). Sophia Myles, qui interprète Yseult, est particulièrement inspirée : sa prestation dans le rôle de la belle princesse blonde, est à mille lieues de ses performances dans la saga "Underworld". Rufus Sewell, quant à lui,  campe un roi Marc inoubliable. 

Il peut paraître cruel de n'accabler qu'un coupable. A la décharge de James Franco (vous allez finir par croire que je ne l'aime pas, après mon billet sur "Flyboys"), l'étrange objet que forme ce film, adaptant une histoire très européenne sans y être fidèle, laisse, malgré quelques belles images, un goût d'inachevé, de brouillon. Son échec n'est, au final, guère une surprise. 



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