mercredi 15 août 2012

Le séminaire (2009)



En 2001 débarquait sur nos petits écrans (et, pour être précis, sur la chaîne M6) une sorte d'OVNI télévisuel, au format court (7 minutes par épisode quotidien) : "Caméra café". Cette micro-série, en peu de temps, cassa la baraque, notamment auprès des amateurs d'humour et de dialogues percutants. Aux manettes se trouvaient le talentueux duo Bruno Solo/Yvan Le Bolloc'h. 
Très vite, "Caméra café" s'impose comme un succès, tant et si bien que la série restera au programme pendant cinq saisons, avant d'être remplacée, sur le même créneau (20h30) par la non moins redoutable "Kaamelott", puis "Scènes de ménage". Un genre était donc né et le public se familiarisa vite avec Hervé Dumont, Jean-Claude Convenant, Maeva, personnages caricaturaux, certes, mais dans lesquels tous pouvaient projeter une part de leur vécu.

Dans la foulée de leur succès, les deux compères tentèrent l'aventure du grand écran, une première fois en 2005, avec "Espace détente", réalisé par Charles Némès. Si l'on avait, dans cette adaptation de la série, l'occasion de retrouver....force est d'avouer que la comédie perdait à passer au format "long". Moins percutante, plus délayée, la version longue de "Caméra café", si elle réservait quelques bons moments, était souvent ennuyeuse, et donc à mille lieues de la série originale (qui était loin d'engendrer la mélancolie).
 
Le premier film, sans être un triomphe, réussit tout de même à trouver son public... Quelques années, plus tard, Solo et Le Bolloc'h décidèrent de renouveler l'expérience et concoctèrent "Le séminaire", réalisé une nouvelle fois par Charles Némès. De l'eau avait coulé sous les ponts, les temps avaient changé. Cette fois, les employés de la compagnie Geugène partent tous en séminaire de remotivation, à Paris.
Alors, signe des temps ? Fin d'une époque ?

Toujours est-il que la machine à café ne fonctionne plus et qu'on assiste à une comédie laborieuse, voire poussive d'où émergent à peine quelques gags. Nombreux sont les symptômes, mais le diagnostic est clair : ce "Séminaire" est un échec, tout simplement. 
D'aucuns pourraient se demander pourquoi, par exemple, le personnage de Sylvain a disparu du scénario, ayant été malencontreusement tué...En réalité, Bruno Solo s'étant brouillé avec Alexandre Pesle, son interprète, a décidé purement et simplement de tuer son personnage. Au dernières nouvelles, tous deux ne se sont pas rabibochés. Ce  genre de querelle en dit long. 

On pourrait aussi s'interroger sur l'intérêt d'insister lourdement sur les travers des personnages, au lieu de consacrer du temps à donner une véritable ossature, c'est-à-dire une histoire solide. A ce titre, "Le séminaire" est exemplaire, puisque son scénario n'est finalement qu'un accessoire au service de personnages devenus caricaturaux et, de fait, sans aucune crédibilité. En inversant ce curieux rapport de forces, nul doute que la recette eût donné un film plus équilibré et donc moins raté. 

Servi par une réalisation minimale, le casting fait ce qu'il peut pour aller jusqu'au bout du voyage, sans donner l'impression de croire en son histoire (fût-ce une comédie burlesque). L'ennui étant communicatif, le spectateur est maintes fois tenté de déserter devant ce qui s'avère être une comédie pas drôle (un comble !). J'avoue avoir craqué avant la fin, en toute honnêteté.

"Le séminaire" est donc un constat amer (comme le café) du naufrage d'une bonne idée de base, exploitée malgré elle sur un support qui ne lui convient pas. Alors que "Kaamelott" devrait, prochainement subir le même traitement, on est en droit de craindre le pire, soit dit en pasant.

Donc, pour résumer, si vous avez l'occasion de ne pas voir "Le séminaire", faites-le.



2 commentaires:

  1. Déjà qu'Espace détente c'était naze, celui-ci fait un peu mieux mais toujours aussi mauvais. Je crois qu'on va revoir les sketchs initiaux.

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