jeudi 2 août 2012

King Rising (2006)



Parmi les films archi-multidiffusés sur la TNT (sur NRJ12, en l'occurrence), il en est un que je n'ai pas encore épluché dans ces colonnes. Ayant (enfin) réussi à le voir intégralement (mon abnégation m'étonne parfois), je peux enfin vous livrer ce billet, qui part plutôt mal, vous avez du vous en rendre compte. 
 "King Rising", produit en 2006, est l'adaptation pour le grand écran du jeu vidéo éponyme. J'avoue d'emblée que, ne connaissant pas le jeu, je ne juge ici que le long métrage, réalisé par l'Allemand Uwe Boll, connu pour son goût de la provocation. Son prochain film, intitulé "Auschwitz" a fait l'objet d'un petit scandale, suite à la diffusion d'une bande annonce insoutenable.

Doté d'un casting en béton armé, "King Rising" a pourtant fait un flop monumental, qui aurait du condamner définitivement Uwe Boll à chercher un autre métier. On peut logiquement se demander pourquoi. Je vous rassure, une fois le film visionné, la réponse est évidente : il s'agit d'un colossal ratage(1). 

Situé dans un univers heroic-fantasy, "King Rising" utilise tous les canons et clichés du genre. Pensez donc : le héros, Farmer (nommé ainsi parce qu'il est fermier), pensait vivre tranquille sa petite vie de paysan, jusqu'à ce qu'une horde à la solde du sorcier Gallian vienne dévaster son village, tuer son fils et enlever sa femme (la ravissante Claire Forlani, sans doute le meilleur atout du film). Se souvenant qu'il fut maître d'armes, Farmer s'engage alors dans le conflit qui oppose Gallian et le roi Konreid...

Rien que du grand classique, comme vous pouvez le voir. Mais, après tout, les ingrédients les plus ordinaires, bien utilisés, peuvent, sinon donner de grands plats, du moins faire d'agréables repas. Hélas, dans le cas de "King Rising", on a affaire à un bien piètre cuisinier. 
 
Je ne résiste pas à la tentation de vous lister les grands noms ayant accepté de faire partie du voyage (et, finalement, du naufrage) : Jason Statham, Ron Perlman, Burt Reynolds, John Rhys-Davies, Ray Liotta, et je ne cite que les archi-connus. Au vu de ce que donne ce film, j'ai du mal à leur trouver des excuses, fussent-elles fiscales, pour avoir participé à cette mascarade.

Soyons brefs : c'est mal scénarisé, filmé sans aucune conviction, et jamais crédible. A titre d'exemple, quand le village du héros est dévasté par les terribles hordes de Gallian, ce dernier décide de partir à la recherche de sa femme, ayant disparu pendant l'assaut. En deux scènes, il passe du plus profond désespoir (son fils ayant été tué dans l'attaque) à une quasi-jovialité, comme si l'appel de l'aventure suffisait à le regaillardir.  

Uwe Boll, qualifié par beaucoup de "plus mauvais réalisateur du siécle" a obtenu le Razzie Award 2009 pour ce film. C'est amplement mérité, si vous voulez mon avis. Alignant plans inutiles et cadrages maladroits, Boll massacre sans vergogne son film, persuadé d'être aussi talentueux que son modèle avoué, Peter Jackson.
 Un réalisateur est censé savoir diriger ses acteurs. Livré à lui-même, le casting de "King Rising" en fait le minimum, voire moins. Enfin, cerise (pourrie) sur le gateau (périmé), la bande originale, visiblement composée par un fan de Bontempi, achève de rendre le film insupportable.





Il est dommage que, quitte à se donner les moyens d'une grosse production, les producteurs ne mettent pas autant de soin à choisir réalisateur et scénaristes. Il est également navrant que pareil film soit confié à des metteurs en scène qui n'aient pas le talent et l'ambition nécessaire. A l'heure où l'adaptation du "Trône de Fer" est un éclatant succès critique et public, il est évident que la réussite est possible, même sur le terrain de la fantasy. Il suffit de s'en donner les moyens, et l'envie.
 
 
(1) : un malheur n'arrivant jamais seul, la suite de "King Rising" (qui est sortie directement sur le marché vidéo) est régulièrement diffusée sur la TNT, souvent à la suite du premier opus.
Chose amusante, elle fut réalisée par le même Uwe Boll, celui-là même qui expliquait que si le premier s'était gaufré, ça n'était pas sa faute et qu'il n'avait pas l'habitude des films à gros budgets... Sans commentaires.

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