vendredi 10 août 2012

Pathfinder (2007)


C'est bien connu, Christophe Colomb n'est qu'un vil usurpateur, les Vikings ayant découvert l'Amérique bien avant lui. Se basant sur cette vérité historique, le réalisateur Marcus Nispel, ayant déjà commis les remakes de "Massacre à la tronçonneuse", de "Vendredi 13" et (plus récemment) de "Conan le Barbare" nous propose une confrontation entre Amérindiens et Vikings, choc des cultures dont on devine aisément qu'il ne se résoudra pas tranquillement autour d'une table, mais plutôt les armes à la main.

Il y a bien longtemps, un drakkar viking aborda les côtes du Nord de l'Amérique. Lors de l'affrontement avec les autochtones, le choc fut violent, à tel point que seul un enfant viking survécut, avant d'être adopté par les Indiens.Quinze ans plus tard, les Vikings reviennent et massacrent tout le village. Survivant encore une fois, l'enfant viking, devenu homme, va devoir les affronter, pour sauver la femme qu'il aime.  
C'est beau, un pitch pareil, non ?

Je vous préviens tout de suite : je ne connais pas le comics dont est tiré le film (paru chez Dark Horse), ni le film original, "Le Passeur" (1987). la critique qui suit ne concerne donc que le long métrage de Marcus Nispel. 

On est tout de suite mis dans le bain, lorsque commence "Pathfinder" : il s'agit d'un film d'action brutal, rude et sale. Il y a de la boue, du sang et de la testostérone chez les protagonistes de cette dark-fantasy sur grand écran. Cela dit, il n'y a rien de déshonorant ni de honteux dans ce style de film, bien au contraire. Ce créneau cinématographique vit l'éclosion de quelques pépites, parfois mésestimées : je pense notamment au "Treizième guerrier".  

Hélas, dans le cas de "Pathfinder", force est de constater que l'on a affaire à un ratage. Si le scénario tient la route, si la photographie est indéniablement réussie et contribue à donner une ambiance particulière au film, quantité de défauts majeurs coulent irrémédiablement "Pathfinder", à commencer par son réalisateur. 

Marcus Nispel, sans doute victime de son passé de réalisateur de clips, et de l'influence néfaste de Zack Snyder (mes lecteurs les plus réguliers auront remarqué le peu d'estime que je voue au metteur en scène de "300") chorégraphie à outrance chaque scène, jouant du ralenti ad nauseam et utilisant un montage souvent fait en dépit du bon sens. 

L'interprétation est elle aussi, pour beaucoup, dans le sentiment d'échec. Si les seconds rôles, notamment Clancy Brown, l'inoubliable Kurgan de "Highlander", sont honorables, il faut bien avouer que Karl Urban, ayant pourtant remaquablement tiré son épingle du jeu en Eomer dans "Le Seigneur des Anneaux", fait preuve ici d'un charisme d'huître. La preuve en est que diriger les acteurs est une composante indispensable du métier de réalisateur. 

Au final, "Pathfinder" laisse une impression de gâchis et, s'il se laisse regarder sans peine, fait partie de ces films qu'on a vite oublié. C'est dommage : confié aux bons soins d'un réalisateur digne de ce nom (ah, si les producteurs avaient eu la présence d'esprit de missionner John MacTiernan, par exemple), et affranchi de l'influence esthétique en vogue lors de sa sortie (merci Zack Snyder), il eut fait un film de genre particulièrement efficace, et aurait sans doute rencontré lors de sa sortie le succès mérité.


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