samedi 15 juin 2013

Scott Pilgrim (2010)


Les adaptations de comic-books ont le vent en poupe, depuis le succès de certaines licences. Toutes ces transpositions ne sont pas marquées du sceau de la réussite et du succès, mais, avec l'arrivée de quelques réalisateurs passionnés, on a parfois le droit de découvrir sur grand écran des héros dont on n'avait pas forcément entendu parler auparavant. A l'image du "Frelon Vert" (par exemple) ou de "Cowboys et envahisseurs", "Scott Pilgrim" est une bande dessinée peu connue du grand public, mais qui a récemment eu droit au passage sur grand écran. A la réalisation, se trouvait Edgar Wright, que les amateurs avaient déjà repéré suite aux très bons "Shaun of the Dead" et "Hot Fuzz".

Scott Pilgrim, éternel adolescent, sort avec une lycéenne fascinée par lui et son groupe de rock. Le jour où il croise Ramona, il sait qu'elle est celle dont il rêve depuis toujours. Il se débarrasse (non sans difficultés) de sa jeune prétendante et se lance à la conquête de la belle.  Mais, pour sortir avec elle, il va devoir vaincre les sept ex maléfiques de la jeune fille. L'amour est à ce prix. Tel le héros d'un des jeux vidéo qu'il affection, Scott Pilgrim va donc affronter des ennemis terrifiants.

Dès le générique, le ton est donné : le logo Universal animé sur un mode 8-bit, le nom des héros, le mode narratif, tout dans ce film a une touche "geek" qui ravira les amateurs du genre. Comédie délirante et assumée, "Scott Pilgrim" a un ton qui n'appartient qu'à lui, et lui réussit plutôt bien. Truffé d'effets s'inscrivant parfaitement dans l'histoire et la servant donc (ce qui n'est pas toujours le cas, n'en déplaise aux aficionados de Zack Snyder). Du côté de l'interprétation, tout le casting est irréprochable, Michael Cena (déjà vu dans le très touchant "Juno", par exemple) et son allure pataude en tête. Les jeunes acteurs (Mary Elizabeth Winstead, Jason Schwartzman, Kieran Culkin, pour ne citer qu'eux) assurant les seconds rôles sont à l'avenant et semblent bien s'amuser à endosser les rôles des amis et ennemis de Scott Pilgrim. Cerise sur le gâteau, les dialogues sont assez savoureux et, une fois n'est pas coutume, plutôt bien traduits. 

L'échec commercial de "Scott Pilgrim vs the World" (un peu plus de 20 000 entrées dans l'hexagone !) est incompréhensible, tant ce film regorge de moments savoureux, de trouvailles ingénieuses et d'éléments souvent absents des grosses machineries hollywoodiennes (ou hexagonales) ayant pourtant plus de succès. Bourré de références à la culture populaire, le film est, du début à la fin, un hommage réussi à cet univers et à ceux qui le font vivre. 

Espérons que le prochain opus d'Edgar Wright ("The world's end", qui sortira le 16 octobre 2013 ) sera l’occasion pour ce réalisateur de connaître enfin le succès qu'il mérite.
Il serait temps que justice soit faite.



12 commentaires:

  1. Je crois au contraire qu'il va falloir attendre Ant man car The world's end est quand même un film très british et je doute franchement qu'il va avoir un gros succès. Pour le reste, Universal a vraiment bien bossé sur Scott Pilgrim pour le promouvoir et les efforts dépensés ne furent pas récompensés. Suite au flop retentissant du film aux States, Universal a décidé de limiter les dégâts en ne le diffusant quasiment pas, qui plus est quatre mois après (ce fut le cas en France). Le film a même eu le temps de se réhabiliter grâce au téléchargement. En tous cas, un film vraiment fidèle au matériel originel dans toute sa folie et franchement si une adaptation de jeu avait une aussi grande virtuosité visuelle, on n'en serait pas à aduler un tel film qui est censé être un hommage à la pop culture. Par contre, je reste sur la VO. ;)

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    1. C'est vraiment dommage que le public ne se soit pas déplacé à la sortie de ce film : il le méritait...et pourrait servir de leçon à bien des tâcherons qui s'essaient à l'adaptation de certaines oeuvres.

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    2. Le plus à blamer est le public ricain, puisque le comic-book est canadien, il a été primé aux USA, il a donc une excellente presse. Ce n'est pas comme si Universal avait été vers l'inconnu. En plus, Michael Cera et Mary Elizabeth Winstead sont assez populaires dans l'ensemble (lui par Supergrave, Juno et la série Arrested Development, l'autre pour Destination finale 3, Death Proof ou Die Hard 4), pareil pour Jason Schwartzman et Chris Evans que l'on n'a plus besoin de présenter. Donc j'ai aussi un peu de mal à comprendre cet échec commercial aux USA. D'autant que le film a eu une excellente presse lui aussi lors de sa sortie et que la promo a vraiment misé sur un film qui sort des sentiers battus. En France, ce n'est pas pareil puisque le film s'est vu déplacé d'au moins quatre mois de la sortie ricaine alors qu'il était initialement prévu dans les mêmes eaux (un peu comme Hellboy 2 initialement prévu en France début septembre en période calme et se retrouvant face à Quantum of solace au final). Le bide US n'a pas aidé et le film s'est vu réduire son nombre de copies (j'étais passé par le streaming avant de l'acheter en BR) alors que le film est dans un certain sens un blockbuster!

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    3. Un échec totalement incompréhensible, comme tu le dis. C'est à désespérer du public US.

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    4. C'est comme pour Pacific Rim. S'il ne fait pas un score à la Transformers je ne comprends pas.

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    5. Absolument : la sortie de ce film sera un bon test de ce qu'attend le public, dans un blockbuster. Pour ma part, mon choix est fait depuis longtemps.

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  2. Etrange objet ludique, parfois un peu lourdingue, mais finalement très jouissif. La forme très différente des teen movies ordinaires aura sans doute trop perturbé le public. Trop en avance peut-être.

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    1. J'ai pris un réel plaisir devant les aventures de Scott et de sa bande, même si j'ai dépassé depuis longtemps l'âge du public ciblé. Sans être exempt de défaut, cet objet filmique (ou ludique, c'est selon ;-)) pourrait effectivement en remontrer à certains.

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  3. Ce film c'est comme un bon plat, il explose en bouche et toute les saveurs se révelent !!!
    Un film vraiment réussis et en avance sur son temps

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    1. J'aime beaucoup la comparaison que tu fais avec la gastronomie. Il y a effectivement beaucoup de saveur dans ce film.
      Merci de ta fidélité à ce blog.

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  4. Le public Américain n'aurait-il pas justement boudé le film parce que le Comic-Book est Canadien ?

    Quoiqu'il en soit, en voyant le film cet hiver par "hasard", j'ai adoré. J'ai trouvé l'idée excellente, l'acteur principal plutôt bon dans son rôle et, du coup, la curiosité serait presque à lire le Comics ... :)

    Je n'étais pas au courant de sa sortie mais ... Oui, le film a eu un succès. Mais bien après sa sortie et, cela dit, surtout aux yeux des spectateurs. Qu'en est-il de la Presse ? ...

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    1. La nationalité du film est peut-être pour quelque chose dans son échec aux Etats-unis (et dans l'hexagone, d'ailleurs), échec surtout commercial (budgeté à plus de 60 millions de dollars, il n'en rapporta qu'une trentaine). Je pense que la raison principale de l'insuccès de "Scott Pilgrim" reste son thème et sa forme, assez atypique et sans doute "inconfortable" pour le public "standard".
      Du côté de la presse, les retours étaient plutôt bons (si l'on excepte quelques critiques traditionnellement hérmétiques à la pop-culture...je ne citerai pas de nom !)
      Merci d'être passé.

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