samedi 12 octobre 2013

Nicolas Eymerich, inquisiteur


Valerio Evangelisti, romancier italien, est l'auteur (entre autres) d'un cycle qui comporte 10 tomes (les deux derniers ne sont pas encore traduits en français). Cette série de romans met en scène Nicolas Eymerich, terrible inquisiteur. Inspiré d'un personnage homonyme qui exista et écrivit le manuel de référence de l'Inquisition, ce héros (terme à prendre avec d'énormes pincettes, on le verra plus tard) doit affronter des manifestations étranges, voire surnaturelles, dans lesquelles œuvre forcément le Malin. 

Imaginez Bernardo Gui, le sinistre inquisiteur qui affronte Guillaume de Baskerville dans "Le nom de la rose" (le roman ou le film) et faites-en le personnage central de romans mêlant science-fiction et histoire, et vous aurez un aperçu de ce qui vous attend. Au centre de ces récits, un fin limier dont la compagnie est à la fois appréciable et détestable, s'en prend à tous ceux qui cherchent à s'en prendà l'Eglise.

Le rayon consacré aux romans soi-disant historiques est pour le moins saturé, dans toutes les librairies de France et de Navarre. Prenant plus ou moins de liberté avec la vérité historique, les auteurs nous ont livré, dans ce registre, le meilleur et le pire (je ne donnerai pas de noms, par charité). Dans le cas présent, c'est dans la première catégorie qu'on se trouve. A cela, deux raisons principales : tout d'abord, le personnage central des romans, sorte de Sherlock Holmes monacal obsédé par la pureté et hanté par sa mission, dusse-t-elle le conduire à faire périr tous ceux qui ont le malheur de faire ombrage à l'Eglise. Ensuite, la richesse des intrigues, navigant sur plusieurs époques souvent fort éloignées, qui, loin de rendre le tout illisible, justifie et explique l'ensemble de l'édifice. La prouesse est d'autant plus belle que Valerio Evangelisti ne se contente pas, d'un tome à l'autre, de reprendre la même recette, comme on pu le faire certains auteurs. Chaque aventure de l'inquisiteur est un nouveau voyage à travers les époques, ébouriffant de richesse et de surprises.

Enfin, cerise sur le gâteau, la traduction de l'italien est remarquable. Moi qui peste régulièrement sur des traductions désastreuses, je dois reconnaître le bel ouvrage réalisé par les éditions La Volte et le traducteur, Serge Quadruppani. Une fois terminée la première enquête de Nicolas Eymerich, et en dépit de l'antipathie que le bonhomme peut susciter, on a une seule envie : découvrir la suite de ses pérégrinations en des âges sombres, où sa foi sera mise à rude épreuve, mais où le plaisir du lecteur (pour peu qu'il soit amateur d'exercices de style inédits) sera comblé.

On me chuchote dans l'oreillette que ces romans ont inspiré une série de bandes dessinées. Etant client du neuvième Art, je vais me mettre en quête de ces ouvrages, évidemment, et vous en reparlerai.

2 commentaires:

  1. ah ça m'intéresse je vais prendre des notes! le seul truc qui me retient c'est la quantité. Je n'aime pas trop quand un héros est trainé sur plusieurs tomes, à quelques exceptions près. 10 tomes, ça fait un peu peur! mais le sujet a l'air passionnant, et je suis fan du film Le nom de la rose (pas eu le courage de lire le livre) donc à retenir

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    1. Venant de terminer le troisième tome, je ne peux que t'inciter à t'y plonger. L'antipathique personnage d'Eymerich est assez addictif ! Cependant, rassure-toi, point n'est besoin de lire tous les romans, indépendants les uns des autres.

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