dimanche 21 février 2016

Monique (2002)


Albert Dupontel, après une remarquable carrière de comique, passa avec le succès et le talent que l'on sait au grand écran. Qu'il soit d'un côté ou de l'autre de la caméra, ses prestations cinématographiques furent souvent mémorables, quoique pas toujours couronnées de succès. Il est un film, parmi ceux où il apparut, qui témoigne de l'étendue de ses intentions. A mille lieues d'un "Convoyeur" ou de "Bernie", la première réalisation de Valérie Guignabodet était doté d'une certaine audace, puisqu'il confrontait son héros à une poupée moulée (je laisse les curieux procéder aux recherches sur ces jouets pour adultes), voilà presque quinze ans. "Monique" n'attira cependant pas les foules.

Dans la vie d'un couple, il y a des hauts et des bas. Entre Alex et Claire, c'est le creux de la vague. Il s'ennuie, ne parle plus, au point que Claire décide de faire une pause, du côté de chez son professeur d'arts plastiques. 
Par erreur, le vin aidant, Alex passe une commande et reçoit un étrange colis : Monique, une poupée moulée, toute en sensualité (certes artificielle), avec qui le dialogue est superflu. Étonnamment, Alex va renaître, tandis qu'autour de lui, tout son entourage subit les conséquences de l'arrivée de Monique.

Un élément perturbateur qui vient bouleverser un équilibre plus ou moins précaire, c'est un procédé classique au cinéma (et dans d'autres médias, d'ailleurs). L'arrivée de la sensuelle autant qu'artificielle Monique dans la vie d'Alex et de son entourage se pose là, en matière de perturbation. Avec son physique de rêve, cette compagne choisie sur catalogue va changer le mutique et triste Alex en homme épanoui, au grand désarroi de ses proches. C'est là le postulat de base de "Monique" : pour aller mieux, son héros n'a besoin que de la compagnie physique d'une femme, et surtout pas de ses incessants bavardages et de ses envahissants questionnements.

On peut s'étonner du point de vue adopté par Valérie Guignabodet pour ce long métrage. Il y a fort à parier que pareil sujet, traité par un homme, aurait déclenché l'ire des féministes et de bon nombre d'autres bien-pensants. Mais, malgré sa promesse de transgression, force est de reconnaître que, très vite, "Monique" tourne en rond. Ce qu'elle a à dire est vite exposé et elle doit user de stratagèmes pour faire durer le plaisir. N'eut été la belle interprétation d'Albert Dupontel (mais c'est un euphémisme, tant cet acteur démontre chaque fois son immense talent), le film aurait été fort dispensable.

Finalement pas très subversif, "Monique" ne laissera pas un grand souvenir aux cinéphiles. Valérie Guignabodet, depuis "Monique", a de nouveau sévi avec "Mariages !" et "Danse avec lui", mais cette "Monique" est passée très vite aux oubliettes, faute d'une vraie épaisseur. Voulant traiter de la panne des sens et du couple en péril, elle reste souvent au bord de la route, faute d'essence. En regardant "Monique" avec ses yeux d'aujourd'hui, le spectateur devra bien constater qu'elle a mal vieilli. Le plastique, même sous ses plus charmants atours, ce n'est pas fantastique.

8 commentaires:

  1. Poupée en plastique, film en carton ? Soit. Je passerai mon tour. Avec d'autant moins de scrupules que, comme tu l'as dit, les occasions de voir Albert Dupontel dans un rôle intéressant ne manquent pas...

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    1. Très jolie formule que celle que tu as choisie : "Poupée en plastique, film en carton", c'est tout à fait cela.
      Merci, Martin.

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  2. Tout à fait d'accord. Si un homme avait fait ça, il aurait déclenché une polémique sans fin ! J'ai trouvé ce film extrêmement réducteur, voire malsain, et hommes et femmes en général n'en sortent pas grandis !

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    1. Ravi de trouver un écho féminin. Ce film ne grandit personne, c'est vrai, et c'est bien dommage.

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  3. Désolé de casser l'ambiance mais il semblerait que la réalisatrice vient de nous quitter... rip

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    1. Je viens effectivement de lire la triste nouvelle...
      Toutes mes condoléances à ses proches.

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  4. Coucou,
    "Monique"...j'ai tenté, mais je ne l'ai pas terminé. Je me suis ennuyée devant pour être honnête. J'ai vraiment eu du mal à accrocher aux personnages et à dire vrai je ne me suis pas sentie très à l'aise. J'en garde peu de souvenirs, si ce n'est "Mais...c'est nul !!". Après hein, peut-être que le film s'améliore après la première demi-heure, ça je ne peux pas dire.
    Bon, en tout cas RIP à Mme Guignabodet et les condoléances à ses proches :(

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    1. On est d'accord : ce n'est pas ce qu'on gardera de Valérie Guignabodet.
      La publication de cet article (plutôt négatif) tombe "mal" (bien qu'ayant été programmée). J'en suis navré.

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