mardi 16 août 2016

Blues Brothers 2000 (1998)



Le légendaire "The Blues brothers", issu du Saturday Night Live, avait marqué son temps. Comédie musicale qui mit en avant bon nombres d'artistes soul jusque là connus des seuls amateurs de musique noire américaine, ce film, porté par un duo fabuleux composé par John Belushi et Dan Aykroyd, est devenu culte pour bien des cinéphiles. Malgré le décès, en 1982, de John Belushi, son comparse Dan Aykroyd collabora, dix-huit après le film original, à l'écriture d'une suite. Les temps avaient changé, et ce qui donna en 1980 un film complètement dingue et très mémorable, ne marqua pas les esprits. "Blues brothers 2000" resta bien en-deçà de son illustre aîné, et est regardé avec un certain mépris par pas mal de cinéphiles.

Dix-huit ans après avoir sauvé l'orphelinat où il grandit, Elwood Blues sort enfin de prison. Nul ne lui appris la mort de son frère, Jake, durant sa captivité. L'orphelinat a finalement été rasé et Elwood  se voit confier par la Mère Supérieure Mary Stygmata la surveillance du jeune Buster. Les membres du groupe ont raccroché les instruments, mais Elwood va les convaincre de reformer la troupe pour participer à un concours de blues.
Poursuivi par la police de l'Illinois et la mafia russe, tout ce petit monde va vivre d'étonnantes aventures...

Les premières scènes laissent augurer d'un hommage subtil au chef d'œuvre que fut le premier volet. Seul, devant la prison où il a purgé sa peine, Elwood attend sans doute Jake, ignorant le décès de ce dernier. Mais nul ne vient. La séquence est poignante, mais les suivantes donnent le ton : on repart dans la comédie. Soit, c'est le moins que l'on puisse attendre de ce film. En reprenant peu ou prou le schéma du premier opus, "Blues brothers 2000" ne surprend guère, cependant. Et c'est au point où l'on se demande pourquoi avoir tourné ce film, en dehors du plaisir coupable de redonner vie à Elwood Blues. 

L'absence du personnage de Jake Blues se fait cruellement sentir, malgré la très honnête interprétation de John Goodman. Mais c'est surtout la folie douce qui manque dans cette séquelle finalement très dispensable. A force de recycler les ingrédients de son auguste aîné (la reformation du groupe, les poursuites automobiles outrancières, les adversaires bêtes et méchants), "Blues Brothers 2000" n'apporte finalement pas grand chose, hormis quelques beaux morceaux musicaux, et laisse une désagréable impression d'échec.

Parmi les causes de cet échec, on peut aussi se dire que les temps ont changé : la musique soul que le premier film avait mis en avant a eu son heure de gloire et n'a plus besoin de cette promotion. Le film, faute de surprendre, se contente d'enchaîner les scènes musicales, les reliant tant bien que mal avec des scènes souvent bien peu inspirées.  

Alors, certes, les morceaux musicaux (dont, évidemment, le bœuf fabuleux qui clôture le film) valent le déplacement, mais c'est à peu près tout. Il y a du blues, mais il manque l'élément de surprise et le (gros) grain de folie du premier opus. Sans doute l'absence de John Belushi est-elle pour beaucoup dans ce constat un peu amer, mais il y a toutes les raisons de se dire que ce film ne se justifiait finalement pas.


4 commentaires:

  1. Pas vu mais je sais que John Landis a déclaré avoir eu beaucoup d'emmerdes avec Universal sur ce film, qui l'aurait poussé à faire un peu tout et n'importe quoi. Puis séquelle trop tardive d'un film qui n'en avait pas besoin.

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    1. C'est bien ce que je pense, Borat...un film pour (presque) rien.

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  2. Je sais que je l'ai vu mais je n'en garde aucun souvenir, à part une séquence bizarre à base de fumée verte. Bref, oublions cette suite et gardons en mémoire le fantastique Blues Brothers (que j'ai pu voir sur grand écran il n'y a pas longtemps dans mon ciné de quartier, c'était génial!!!)

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    1. Comme j'aimerais voir l'original sur grand écran. Quelle fête ce doit être...
      Quant à cet opus, il est très oubliable, je confirme. Merci de ton passage, Mel.

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