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samedi 8 mars 2014

La maison sur l'océan (2001)


Irwin Winkler a derrière lui une carrière de producteur qui pourrait faire pâlir pas mal de ses confrères d'Hollywood. Du "Point de non-retour" de John Boorman à "Rocky", en passant par "Raging Bull" et "L'étoffe des héros", le bonhomme n'a, en la matière, plus grand chose à prouver. Sa carrière de réalisateur est moins connue, bien qu'elle ait débuté (sur le tard) par "La liste noire" ou il mettait en scène Robert de Niro en proie au Maccarthysme. Son cinquième film, "La maison sur l'océan", lorgnait du côté du mélodrame. Mettant en scène un fort joli casting (Kevin Kline et Kristin Scott-Thomas, pour ne citer que les deux interprètes principaux), ce film a pourtant été un bel échec public et critique.

George Monroe a atteint l'âge du bilan et, pour cet architecte, le moins que l'on puisse dire, c'est que ce bilan n'est pas flatteur. Divorcé de la femme qu'il aime, qui a la garde de son fils, un adolescent causant les plus grandes difficultés à sa mère, George est, du jour au lendemain, licencié et apprend qu'il est gravement malade. Il décide alors d'accomplir le rêve qu'il avait, plus jeune, et va, tout en tentant de reconquérir l'amour de son fils, restaurer la maison que son père lui a légué.


Le titre original de "La maison sur l'océan" était beaucoup plus fin que celui choisi par ses distributeurs français : "Life as a house" a plus de sens et, pour épaisse qu'elle soit, forme une métaphore efficace. En reconstruisant sa maison, George rebâtit son existence à partir des ruines qui restent d'elle. On pourra rechigner devant le genre et la manière, mais s'il faut reconnaître un mérite à ce film méconnu, c'est qu'il "fonctionne", pour peu qu'on soit amateur du genre.

Il faut effectivement être prêt à accepter les clichés que le film charrie et l'absence de surprises dans le scénario (que l'on doit à Mark Andrus, qui avait déjà œuvré sur "Pour le pire et pour le meilleur"). Les ficelles sont grosses et la réalisation parfois pataude, et les détracteurs ne se priveront pas pour accabler Irwin Winkler. Cela dit, malgré ses défauts, le film ne méritait pas, à mes yeux, l'accueil frileux qui fut le sien. 

Une fois de temps en temps, il est louable de se pencher sur les sentiments de personnages pas si éloignés que cela de la réalité, quitte à y aller avec de gros sabots. Il fut un temps, en effet, où les mélodrames les plus extravagants recueillaient des louanges. Sans mériter de trôner au panthéon du Septième Art, "La maison sur l'océan" peut s'enorgueillir d'une certaine efficacité et également d'une belle distribution. Au premier rang de celle-ci, le grand Kevin Kline obtient ici l'un de ses plus jolis rôles, sans cependant faire de l'ombre à la divine Kristin Scott-Thomas et à l'inattendu Hayden Christensen (bien meilleur que dans la prélogie "Star Wars", où il incarne le jeune Anakin Skywalker). On notera aussi la présence de la trop rare Mary Steenburgen et une apparition du grand Scott Bakula. 

Alors, oui, c'est vrai, Irwin Winkler et son scénariste n'y vont pas de main morte et l'on n'est guère surpris par la tournure des événements. Cependant, l'interprétation sans faille ou presque est un des atouts majeurs de "La maison sur l'océan" : pour les amateurs du genre, ce film est à recommander chaleureusement.