mardi 18 mars 2014

Evelyn (2001)


Il faut souvent se méfier des films affichant le label "tiré d'une histoire vraie". Si la plupart sont sincères, l'écueil de la partialité voisine souvent avec la tentation de romancer la vérité et donc de l'altérer. Cela dit, on compte nombre de films qui, si on les considère uniquement en tant que longs métrages, méritent un intérêt certain. J'ai déjà fait part de mes réserves pour certains longs métrages utilisant des faits réels (notamment avec "L'ordre et la morale", tout récemment). Le film dont il est question maintenant sera lui aussi jugé indépendamment des faits desquels il se réclame. "Evelyn", puisqu'il s'agit de ce long métrage, relate (à l'en croire) le périple judiciaire d'un homme acharné à récupérer la garde de ses enfants après que sa femme ait quitté le domicile conjugal, dans l'Irlande des années 1950.

Au chômage, Desmond Doyle a un fâcheux penchant pour la dive bouteille. Lorsque sa femme l'a quitté, abandonnant du même coup ses enfants, l'Etat irlandais lui a naturellement retiré la garde de ses trois enfants, dont la petite Evelyn, pour les confier à un orphelinat. Décidé à retrouver sa progéniture, Desmond, poussé par Bernadette, une charmante serveuse, va tout faire pour y arriver. Il retrouvera un travail, luttera contre son alcoolisme, et ira jusqu'à engager un avocat revenu des Etats-Unis, dans sa lutte contre la Loi irlandaise. 

On l'aura compris "Evelyn", réalisé par le vétéran Bruce Beresford (on lui doit le grand "Miss Daisy et son chauffeur" mais aussi le plus oubliable "Dernière danse") est plein de bonnes intentions. Traitant d'une noble cause, doté d'une réalisation académique, "Evelyn" avait tout pour être un film "à l'ancienne", de ceux qui séduisent par le fond et la forme. C'était sans doute son intention de départ, louable, après tout.

En visionnant "Evelyn", il faut cependant rapidement se rendre à l'évidence : on a affaire ici à un film bancal, trop hésitant pour réaliser sa mission émotionnelle. Commençant comme un drame social, il vire rapidement à la chronique judiciaire et au mélodrame, sans cependant convaincre tout à fait dans chacun des genres qu'il explore. 

Le casting élégant du film aurait également pu plaider en sa faveur. Là aussi, c'est un constat de gâchis qui s'impose. Pierce Brosnan est, malgré ses efforts, assez peu convaincant dans le rôle du père acharné à retrouver ses enfants. Trop élégant pour être crédible dans la peau de Desmond Doyle, celui qui fut l'interprète de James Bond dans sa période la plus "publicitaire" (avis totalement personnel que j'assume, merci) ne se débarrasse hélas jamais du glamour qui fut sa marque de fabrique. A ses côtés, la jolie Julianna Marguiles, échappée de la série "Urgences", tente comme elle peut de faire vivre son personnage, au rôle pourtant bien maigre. Enfin, on soulignera la présence du revenant Aidan Quinn, l'un des grands espoirs déçus des années 1980.

Alors, certes, le tableau de l'Irlande de ces années-là est joliment dressé, même si l'on a droit à tous les clichés possibles. Certes, "Evelyn" est un long métrage élégant, mais manque cruellement d'âme et surtout d'une direction clairement lisible. Bruce Beresford, en honnête faiseur, livre un film plutôt bien réalisé, mais qui ne sait pas trop sur quel pied danser. Hésitant entre drame social, mélodrame familial et film judiciaire, "Evelyn" perd de son impact, malgré son potentiel d'émotion.


7 commentaires:

  1. Un peu trop guimauve à mon goût. C'est le genre de film tire-larme pour pas grand chose. Un peu dommage car le sujet est quand même intéressant et Pierce Brosnan s'en sort vraiment bien.

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    1. C'est curieux : j'ai lu énormément d'avis positifs (et le tien les rejoint) sur l'interprétation de Pierce Brosnan, mais je ne l'ai pas trouvé très bon, pour le coup...ça doit venir de moi, sans doute.
      Sinon, on est d'accord, trop de mélo tue le potentiel du sujet.

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    2. Après je ne l'ai pas trouvé merveilleux mais je le trouve vraiment bien dans ce film.

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  2. Du cinéma facile, des clichés au tracto-pelle, rien ou pas grand chose à en retirer. :(

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    1. Facile, en effet, et peu mémorable.
      Force est constater que ce genre de cinéma laisse peu de souvenirs.
      Merci de ton passage !

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  3. Tout à fait d'accord. C'est très inconsistant...

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    1. Il manque d'épaisseur pour être convaincant, effectivement.
      Merci de ta fidélité à mon blog, Chonchon !

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