samedi 10 septembre 2016

Good luck Algeria (2016)


En se contentant de regarder l'affiche, on pourrait trouver à "Good luck Algeria" de faux airs de "Rasta Rockett". On pourrait croire qu'il s'agit d'un film narrant les (més)aventures d'un sportif portant les couleurs de son pays dans un sport où l'on ne l'attend pas, d’après des faits réels (puisqu'il s'agit, peu ou prou, de ce que vécut le frère du réalisateur en 2006). J'ai tendance à penser que cette affiche a fait plus de bien que de mal à ce film : ce ne fut pas la cohue lorsqu'il sortit en salles en ce début d'année. 

Samir, qui préfère qu'on l'appelle Sam et se voit plus français qu'algérien, a monté avec son ami Stéphane une entreprise qui conçoit, à l'ancienne, des skis de haute qualité. Quand le contrat qui devait assurer la pérennité de cette société capote, tous deux ne trouvent qu'une solution : inscrire Samir aux Jeux Olympiques d'hiver, en ski de fond, sous le drapeau de l'Algérie.
Entre la préparation physique, les ennuis financiers, les doutes de ses proches, Samir va devoir se dépasser, à tous les sens du terme.


Malgré ce que promet son affiche, "Good luck Algeria" n'est pas vraiment une comédie, son visionnage le confirme. On frôle même le drame social, à de nombreuses reprises, au point de parfois sentir la "patte" des frères Dardenne, présents à la production de ce film. Certes, on a quelques sourires durant ce film, mais c'est surtout l'émotion qui prédomine. Il est ici question du dépassement de soi et de la force qui réside en chaque individu, surtout quand il est porté par les siens, ses amis et sa famille. A ce titre, "Good luck Algeria" est une belle célébration de cette dernière, surtout lorsqu'elle franchit la Méditerranée.

Pour donner vie aux protagonistes de cette belle aventure à échelle humaine, Farid Bentoumi (frère de Nourredine Maurice Bentoumi, fondeur algérien aux Jeux Olympiques de 2006) a parfaitement choisi ses acteurs. Sami Bouajila, tout en énergie, solidement épaulé par le surprenant Franck Gastambide (ex-Kaïra), tient le rôle principal avec solidité et talent. Malgré l'étonnant postulat de départ, la crédibilité est là, du début à la fin. Au second plan, mais dotés de rôles tout aussi importants, il faut saluer l'interprétation de Chiara Mastroianni, d'Hélène Vincent et (surtout) de Bouchakor Chakor Djaltia, émouvant en patriarche compréhensif et humain.

Alors, certes, "Good luck Algeria" n'est pas la comédie qu'on pouvait attendre, surtout au regard de l'affiche, qui mettait en avant le télescopage de deux univers bien différents. Il s'agit d'une aventure humaine, d'une chronique sociale, (bien) filmée à hauteur d'homme et de femme. Cette approche a pu décourager des spectateurs. Ces derniers se sont, dans ce cas, privés d'un joli petit film qui aurait mérité mieux. 

Joliment filmé et parfaitement interprété (Sami Bouajila est remarquable, je me répète), "Godd luck Algeria" est porteur d'un beau message. Ce n'est pas tous les jours que le cinéma nous tire vers le haut...





4 commentaires:

  1. Sami Bouajila est un excellent acteur. Je ne suis pas surpris qu'il soit très bon dans ce rôle.

    Merci pour ta chronique, Laurent ! J'étais passé à côté du film, pensant effectivement qu'il s'agissait d'une comédie à la "Rasta Rocket". Je tâcherai de le rattraper si l'occasion se présente.

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    1. Je pense que bon nombre de spectateurs sont passés à côté de ce film, pour les raisons évoquées dans l'article et dans ton commentaire. J'espère qu'il aura droit à une séance de rattrapage.
      Merci de ta fidélité à ces colonnes, ami cinéphile.

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  2. Je suis totalement passée à côté également, pour les mêmes raisons que Martin. Je vais également tâcher de le rattraper, d'autant plus que c'est l'occasion ou jamais de voir Sami Bouajila, que je connais finalement assez mal.

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    1. Je suis ravi de l'écho qu'obtient mon article : s'il peut donner l'occasion à ce film d'être (re)découvert, j'en serai heureux.

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