vendredi 9 décembre 2016

Sahara (2005)


Souvent cité parmi les films ayant enregistré les plus grosses pertes (pas mal de ceux-ci ont eu droit à leur billet sur ce blog), "Sahara", film d'aventure ambitieux, reste un modèle du genre. Malgré de fortes ambitions, affichées dès le générique, la chasse au trésor annoncée sur l'affiche comme la plus grande de tous les temps (carrément) n'a pas su drainer les foules. Ils sont peu nombreux, ceux qui se déplacèrent pour aller voir ce film à sa sortie, et encore moins nombreux ceux qui s'en souviennent. 

Dirk Pitt, aventurier et chercheur de trésors, est depuis toujours à la recherche d'un navire américain qui aurait mystérieusement disparu en Afrique, au XIXème siècle. Accompagné de son complice Al Giordino et de la jolie docteur Eva Rojas, qui enquête sur une épidémie frappant les habitants de la région. Le trio devra affronter de nombreuses péripéties lors de cette chasse au trésor. 


Adapté d'un roman de Clive Cussler, et dont l'adaptation nécessita le travail de quatre scénaristes, "Sahara" avait sans doute pour ambition de ravir les amateurs d'aventure, de beaux décors, d'action et de sémillants interprètes. Le moins que l'on puisse dire est que le cahier des charges n'est pas satisfait. Si les images sont souvent très belles et si ses acteurs sont ravissants (surtout Pénélope Cruz, si vous voulez mon avis), force est hélas de constater que ce n'est pas encore pour cette fois qu'on sentira le vent de l'aventure souffler sur le septième Art.

La faute à qui ? Aux scénaristes, tout d'abord. A la vision du film, tout porte à croire que le script sur lequel se base le film ne fut pas l'objet d'un travail d'équipe. "Sahara" est, ne nous mentons pas, extrêmement confus, perdant souvent son spectateur, à force d'invraisemblances et de raccourcis. Tout porte à croire que chacun a travaillé dans son coin et que le réalisateur a du travailler avec une matière brute assez hétérogène.

La réalisation, puisqu'on en parle, n'est pas non plus exempte de reproches. Indigne de l'ambition affichée du projet, elle n'est jamais à la hauteur de son sujet. Pour son premier long métrage au cinéma, Breck Eisner se révèle dépassé par les événements et se contente d'aligner les séquences, sans grand souci de cohérence. Espérant sans doute emporter l'adhésion du spectateur par l’esbroufe, la surenchère d'action et de magnifiques paysages, Eisner oublie qu'il a une histoire à raconter à son public et que cet objectif devrait primer sur tout le reste. 

Les interprètes de ce méli-mélo de luxe semblent livrés à eux-mêmes et deviennent vite agaçants plus qu'ils n'attirent la sympathie du spectateur. Là aussi, c'est d'autant plus dommage que leur talent n'est plus à prouver. Je songe notamment à l'exceptionnelle performance de Matthew Mc Conaughey dans la série "True Detective" : sa prestation dans "Sahara" laisse pantois (ou alors, il a beaucoup progressé en quelques années).  Ses deux compères, qu'il s'agisse de Steve Zahn, en comique de service, ou de Pénélope Cruz, en atout charme (voire en récompense du héros) font ce qu'ils peuvent mais ont bien du mal à trouver leur place dans ce périple chaotique et cahoteux. 

Aussi beau soit-il, "Sahara" n'est tout simplement pas bon. Amateurs d'aventure, passez votre chemin pour cette fois.






5 commentaires:

  1. Tomber encore dessus en zappant, aucun intérêt. Même les travaux de Drew Struzan dessus n'était pas fameux, quoique les shootings dégueux qu'ils ont fait sont quasiment identiques à ses dessins! :D

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    1. Donc, rien à sauver, dans ce "Sahara" là...on est bien d'accord.

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  2. Je l'ai vu quand j'étais plus jeune (y'a au moins 8 ans !) et j'avais passé un bon moment devant ^^ J'avais 15 ans à l'époque. Je ne m'en souviens plus vraiment, peut-être que mon avis sera différent si je dois le revoir un jour.

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    1. J'avoue n'avoir pas eu d'indulgence en le voyant.
      Merci de ton passage, Avel

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  3. Visiblement un film doté d'un budget substantiel qui pourtant m'est totalement passé à côté. A la lecture de cette chronique, je n'ai pas forcément envie de prendre le train de l'aventure pour le rattraper.

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