lundi 3 avril 2017

Le goût des merveilles (2015)


Il est des actrices qui justifient à elles seules le visionnage d'un film. En ce qui me concerne, la jolie Virginie Efira est de celles-ci, je l'avoue sans vergogne. Souvent abonnée aux comédies romantiques, l'actrice belge se tourne cependant vers des films plus exigeants, comme le récent "Victoria", qui lui valut pas mal d'éloges. Le précédent film d'Eric Besnard, "600 kilos d'or pur" ne m'avait pas convaincu. Qu'en serait-il de son récent "Goût des merveilles", dont le rôle principal était justement tenu par la jolie Belge  ?

Jeune veuve, mère de deux enfants, Louise tente de maintenir son exploitation arboricole, dans la Drôme méridionale. Un jour, à bord de sa voiture, elle percute Pierre, étrange jeune homme visiblement différent, parce qu'atteint du syndrome d'Asperger. Entre eux, une étrange relation va naître. Tandis qu'elle doit se battre pour ne pas tout perdre, elle et ses enfants apprennent à connaître Pierre, perdu parmi les hommes.

Les merveilles du titre sont des petits gâteaux auxquels on aimerait bien goûter. On leur imagine un goût sucré, se mariant bien au soleil qui brille au-dessus de cette histoire, qui convoque la douceur face aux réalités du monde. Ça, c'est ce qu'on aimerait savourer, avec ce film. Hélas, la promesse de douceur n'est pas tenue intégralement et c'est parfois l'excès de sucre qui provoque l'étouffement.

Je vais arrêter là la métaphore pâtissière, de peur de sombrer moi aussi dans la lourdeur. Mais le fait est qu'Eric Besnard, partant d'une jolie histoire, n'y va pas de main morte et alourdit le trait plus qu'il n'était nécessaire. 
Si, par moments, le film atteint un état de grâce, ces instants sont de courte durée et on replonge bien vite dans une intrigue assez convenue. Pire encore, la dernière partie, brouillonne et précipitée, gâche tout, tant le réalisateur semble se hâter de tout conclure de la façon la plus facile qui soit, usant de l'artifice éculé du deus ex machina. 

C'est d'autant plus regrettable qu'un vrai climat de douceur aurait pu émaner de cette fable, et, surtout, qu'elle est remarquablement interprétée. Une fois de plus, c'est chez les acteurs, Virgine Efira et Benjamin Lavernhe en tête, que se trouve le plus bel atout de ce film, avec les décors magnifiques. Cela ne suffit pas à faire un bon film, mais peut consoler ceux qui en attendaient plus. 

Eric Besnard s'emmêle souvent les pinceaux dans cette romance qui ne dit pas son nom, mais sait aussi trouver le ton juste lors de rares mais jolies séquences. Dommage qu'elles soient si rares et que la magie n'opère que peu.



6 commentaires:

  1. Bonjour Laurent, j'avoue que Virginie Efira quoique charmante n'est pas mon actrice préférée. Elle joue toujours le même genre de rôle et sur le même ton. Je n'ai pas vu le film, tant pis. Bonne après-midi.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonsoir Dasola... j'attends également qu'elle fasse ses preuves dans un registre plus varié. J'ai lu beaucoup de bien de sa prestation dans "Victoria", mais n'ai pas vu ce film.
      Bonne soirée !

      Supprimer
  2. La française Virginie Efira (et oui, elle a pris la nationalité française récemment) évolue pas mal du tout ces derniers temps, notamment dans Victoria (je n'ai pas aimé le film mais il n'en reste pas moins qu'elle y joue très bien) et son dernier, Pris de court, où elle interprète un rôle nettement plus dramatique. Si le film n'a pas convaincu tout le monde (je ne l'ai pas vu), son interprétation fait l'unanimité. Pour en revenir à ce goût des merveilles, tu confirmes toutes mes craintes. Je passe donc, sans regret.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci pour ces précisions, Sentinelle (j'ai toujours un métro de retard en matière de "people" ;))... je ne suis pas certain d'aimer "Victoria" : sa bande-annonce m'avait laissé froid.

      Supprimer
  3. J'ai bien aimé ce petit film, tendre et poétique. Et comme vous j'attends Efira dans un grand rôle dramatique, car elle est très prometteuse mais comme le dit Dasola joue pour le moment toujours la même partition.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Me voilà moins indulgent que toi, GirlyMamie. Gageons que Miss Efira saura bientôt trouver un rôle sortant de cette partition.

      Supprimer