A la mort de son père, Arnaud apporte son aide à son frère aîné dans l'entreprise familiale de menuiserie. Mais en réalité, Arnaud ne sait pas trop quoi faire de sa vie. Cet été là, entre le travail, ses amis, la plage, il se laisse porter par le courant. Et il croise la troublante Madeleine, une fille toute en muscles et toujours en défense, persuadée que la fin est proche.
Quand elle s'engage dans l'Armée de Terre pour un stage de survie, Arnaud suit ce drôle de bout de femme.
Voilà un film qui laisse difficilement indifférent et en surprendra plus d'un. On y suit, souvent étonné, le parcours de deux jeunes gens sur le point de basculer dans le monde adulte et qui décident de l'affronter chacun à leur façon. Inattendu et souvent dérangeant, "Les combattants" brosse sur un ton parfois documentaire, le portrait d'une jeunesse à qui le monde fait peur et qui ne sait trop par quel bout le prendre. Devant les épreuves qui s'annoncent, seront-ils suffisamment prêts ?
Pour un premier long métrage, "Les combattants" est d'une impressionnante maîtrise, du début à la fin. Les deux enfants perdus au centre de cette histoire de survie parleront à de nombreux spectateurs. Nous sommes dans une époque de lutte larvée, et ceux qui entrent dans l'âge adulte, comme Arnaud et Madeleine, basculent d'un seul coup dans un univers qui peut en effrayer plus d'un. Même s'il n'est sans doute pas le chef d'oeuvre annoncé par quelques critiques enthousiastes, ce portrait d'une génération au bord du gouffre aurait pu être l'étendard d'une jeunesse inquiète.
Les personnages sont bien trempés, loin d'un manichéisme dont le cinéma abuse parfois, tout simplement humains. Et, pour les incarner, Thomas Cailley a choisi de magnifiques acteurs : Kevin Anaïs et Adèle Haenel, qui portent le film à bout de bras et méritent à eux seuls le déplacement. Toute en tension, que ce soit physiquement ou verbalement, Adèle Haenel campe ici un personnage féminin qui fera date, tandis que Kevin Anaïs livre une interprétation toute en nuances. D'ailleurs, l'un et l'autre reçurent un César en début d'année, pour leur performance dans ce film. A mon sens, cette récompense fut des plus méritées.Sans doute trop inattendu pour séduire un large public, "Les combattants" aurait cependant mérité d'être vu par plus de monde. Si, pour une fois, la reconnaissance du public avait été à la hauteur des critiques, c'eût été justice.
