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vendredi 6 juin 2014

The Door : la porte du passé (2009)



Un film peut avoir reçu des louanges, avoir été salué par la critique et couronné lors d'un festival (en l'occurrence, celui, pourtant majeur, de Gérardmer), cela ne lui ouvre pas les portes d'une diffusion honorable. Pire encore, le dit film peut fort bien échouer dans le rayon "direct-to-video" et, de ce fait, ne devenir accessible qu'à une poignée de spectateurs, le client lambda des multiplexes n'ayant même pas eu vent de son existence. Le thriller fantastique "The Door : la porte du passé" a eu le malheur de subir ce sort peu enviable. Depuis, seuls quelques initiés connaissent son existence, parce qu'il est évoqué ça et là. N'eut été un billet plutôt enthousiaste sur un des blogs dont je suis friand, je serais passé à côté. 

David, artiste peintre, a tout pour être heureux : une femme magnifique, une petite fille adorable, une grande maison et du succès. Mais, un jour, alors qu'il est censé veiller sur son enfant et trouve plus intéressant d'aller culbuter sa voisine, l'irréparable se produit : sa fille se noie dans la piscine familiale.
Les années s'écoulent : David a tout perdu. Sa femme l'a quitté et refuse de le voir, tandis qu'il ne peut se remettre de la disparition de son enfant. En franchissant un étrange tunnel, il va se retrouver propulsé cinq ans plus tôt, quelques instants avant que n'arrive le tragique accident. Il va alors pouvoir changer le cours des événements et saisir au vol la chance qui lui est offerte. Mais tout n'est pas aussi simple que cela. 


Le thème du voyage dans le temps et des conséquences qu'ont les actes de ceux qui pratiquent cette activité a été maintes fois utilisé au cinéma (on songera notamment aux remarquables "L'effet papillon" ou "The jacket" qui pouvaient donner le vertige, dans ce domaine). Dans le cas de "The door : la porte du passé", le passage d'une époque à une autre est plus un prétexte à des interrogations. David se retrouve face à lui-même, puis forcé de prendre la place de celui qu'il fut autrefois, est un homme en proie au doute, qui bondit sur l'opportunité unique qui lui est offerte. Installant très (trop ?) vite son héros dans la situation critique qui sera la sienne durant tout le film, "The door : la porte du passé" capte rapidement l'attention du spectateur, en grande partie grâce à l'interprétation magnétique de Mads Mikkelsen. Sur un scénario plutôt malin, on suit avec plaisir la progression compliquée de David dans le labyrinthe où il s'est retrouvé.

Dans la dernière partie, celle où, en règle générale, on doit passer par une étape de résolution de l'intrigue, le scénario donne souvent l'impression d'une certaine confusion, voire de se prendre les pieds dans le tapis. Du coup, l'intérêt pour le film baisse notablement, l'empêchant d'être tout à fait réussi, à l'occasion de certaines scènes sans doute dispensables.

Honnêtement réalisé par Anno Saul (dont les œuvres outre-Rhin ne sont pas parvenues jusqu'à nos contrées), "The door : la porte du passé" vaut surtout pour sa magnifique interprétation. Mené par un Mads Mikkelsen prodigieux (bien que ne parlant pas un traître mot d'allemand, langue dans laquelle fut tourné ce film), le casting tout entier convainc sans mal (de la ravissante Jessica Schwarz à l'inquiétant Thomas Thiemeen passant par  la jeune Valeria Eisenbart). Les quelques petits défauts du long métrage paraissent finalement bien mineur, au regard des nombreuses qualités qu'il aligne. Avant qu'il ne fasse l'objet d'un remake du côté d'Hollywood, jetez un œil à ce film au parcours injustifié, il en vaut la peine.