mardi 5 septembre 2017

L'oncle Charles (2012)


Près de vingt ans avant "L'oncle Charles", Etienne Chatiliez (encore auréolé du triomphe de "La vie est un long fleuve tranquille") avait donné à Eddy Mitchell l'un de ses rôles les plus savoureux, avec "Le bonheur est dans le pré". Leurs retrouvailles pouvaient laisser augurer d'une comédie prometteuse, qui marquerait un renouveau dans la carrière de ce réalisateur, en panne depuis plusieurs films. Hélas, après "Agathe Cléry" et "La confiance règne", ce fut à nouveau l'échec : "L'oncle Charles", son dernier film, reste son moins bon score au box-office.

En Nouvelle-Zélande, le riche Charles Doumeng apprend qu'il n'a plus beaucoup de temps à vivre et met tout en oeuvre pour retrouver sa sœur perdue de vue depuis cinquante ans, en France. Flairant le pactole, Corinne, clerc de notaire peu portée sur l'honnêteté, incite sa sœur adoptive, Louise, à se faire passer pour la nièce de Charles et lui compose une famille parfaite. Malheureusement pour les deux complices, l'oncle découvre rapidement qu'il a été victime d'une erreur de diagnostic et qu'il va bien. Ravi de se découvrir une famille, il débarque en France pour rendre visite à ceux de son sang. Les choses se compliquent...

A lire le résumé que je viens de vous faire, on pourrait penser qu'on va avoir affaire à une comédie avec des quiproquos, des malentendus et des portes qui claquent. Ce fut sans doute l'intention initiale qui présida à l'écriture de l'histoire (scénarisée par Florence Quentin, la complice de toujours d'Etienne Chatiliez). Comme souvent, lorsque ce tandem est aux commandes d'un film, est ajoutée une dose de mensonge, pierre fondatrice de plusieurs des films de Chatiliez. L'échange d'enfants de "La vie est un long fleuve tranquille" ou l'imposture du "Bonheur est dans le pré" est ici celle de deux "sœurs" dépassées par leur mensonge. On pouvait donc espérer un peu de cynisme et de mordant, on est - hélas ! - dans la comédie pataude. 

Rarement drôle, "L'oncle Charles" se contente d'aligner les séquences, au film d'un scénario plutôt idiot, où ne transparaît jamais la patte "Chatiliez". Après un démarrage laborieux qui peine à mettre en place l'intrigue et les personnages, sans qu'on s'attache à eux, la résolution est toute aussi poussive, voire téléphonée. L'acidité qu'on aurait pu espérer est vite délayée dans une histoire sans aucun intérêt. 
Et ce n'est pas du côté des interprètes que viendra le salut : qu'il s'agisse d'Eddy Mitchell, visiblement peu convaincu, d'Alexandra Lamy (dont on cherche désespérément pourquoi elle squatte le cinéma français) ou de Valérie Bonneton, absolument pas crédible dans son rôle, le casting fait le minimum syndical, jouant souvent faux une partition qui sonne creux. 

Si vous avez aimé le Chatiliez des premiers films (ceux cités plus haut, mais également "Tanguy" ou "Tatie Danielle"), vous risquez fort d'être déçu(e)s avec cet opus, ne nous leurrons pas. C'est à se demander où est passé le mordant de ce réalisateur. 





2 commentaires:

  1. J'ai zappé dessus quelques minutes il y a quelques temps, ce que ça jouait mal. Sauf Eddy Mitchell. Même si ce n'est pas un Eddy fortement en forme, il était plus correct que ses camarades.

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    1. Il est peut-être un cran au-dessus de ses co-interprètes, mais j'ai vraiment trouvé qu'il était en deça de ce qu'il sait faire.
      C'est dire le niveau.
      Merci de ton passage, Borat.

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