Le coup du triangle amoureux est plus qu'un classique : usé jusqu'à la corde, ce ressort a alimenté tant d’œuvres (cinématographiques ou non) qu'on peine à croire qu'il puisse encore être utilisé. Pourtant, c'est dans ce registre que Catherine Castel, pour son deuxième film après "48 heures par jour", a réalisé "Belle comme la femme d'un autre". Mal reçu par la critique, échec commercial, ce film qui mettait pourtant en scène un joli trio d'acteurs méritait-il la volée de bois vert qui l'accueillit ?

Avec "Belle comme la femme d'un autre", on pourrait, au décor près (quoique), se croire au théâtre de boulevard. Les protagonistes se mentent, se croisent, s'évitent et font de leur mieux (quoique) pour gérer des situations qui leur échappent. Malgré son décor somptueux, ce film reste un vaudeville poussif et souvent pataud, auquel il ne manque finalement que les portes qui claquent et les "Ciel ! Mon mari !".

On pourra se réfugier dans l'interprétation et tenter de partager le plaisir des acteurs à incarner ces personnages. Je ne suis pas perdu qu'il y ait là matière à consolation. Olivier Marchal, en ours empêtré dans ses affaires de cœur et son business, semble bien mal à l'aise. Zabou Breitman, en épouse suspicieuse, n'est pas crédible du tout et j'ai tendance à incriminer une direction d'acteurs absente ou presque. Heureusement, il y a la sublime Audrey Fleurot (oui, je suis faible), qui magnétise l'écran dans chacune de ses scènes et fait oublier la faiblesse du film.
Ce n'est certes pas suffisant pour sauver "Belle comme la femme d'un autre", dont l'insuccès s'explique dès les premières scènes visionnées. Certains échecs sont parfois justifiés.
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