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dimanche 25 septembre 2016

Mondwest (1973)


Parce que le manque de créativité des productions cinématographiques actuelles (qui n'empêche pas leur succès, d'ailleurs) me lasse un peu, c'est dans les archives du septième art que je suis allé puiser de la matière. Le cas de "Mondwest", réalisé en 1973 par Michael Crichton (plus connu pour ses romans qui furent transposés avec le succès que l'on sait au grand écran : "Jurassic Park", par exemple), est intéressant, d'autant plus que son adaptation en série ne saurait tarder à arriver dans nos lucarnes. Avec une réputation mitigée, ce film de science-fiction mérite sans doute qu'on se penche sur son sort.

1983 : l'industrie du loisir propose aux vacanciers des séjours inoubliables au centre de Delos. Là, les hôtes peuvent choisir de se plonger dans trois univers différents, plus vrais que nature : le Moyen-Âge et ses chevaliers, gentes dames et autres damoiseaux, la Rome Antique, ses délices et ses excès, et le Far-West, avec ses bandits, ses saloons et ses chevauchées. 
Peter et John, deux amis, ont opté pour ce dernier monde afin de passer des vacances de rêve. Ils comptent bien faire tout ce dont ils ont envie. D'ailleurs, hormis les touristes, les habitants de cet univers sont des androïdes, programmés pour que tout se passe pour le mieux. Naturellement, rien ne va se dérouler comme prévu.

On ne pourra reprocher à Michael Crichton de manquer d'imagination : le concept du parc d'attractions révolutionnaire, qui finit pourtant par se détraquer, était une belle idée. D'ailleurs, il la recyclera habilement dans "Jurassic Park", adapté avec le talent que l'on sait par Steven Spielberg une vingtaine d'années plus tard. En 1973, "Mondwest" (ou "Westworld" dans sa version originale) avait un immense potentiel. Il pouvait y traiter de l'humanité des androïdes (ceux-là auraient pu rêver de cow-boys électriques), du désir de toute-puissance des scientifiques à la tête de ce centre de loisirs hors-normes, pour n'évoquer que ces thèmes. 

Hélas, Michael Crichton, scénariste et réalisateur du film, se contente d'effleurer ces sujets et déroule tant bien que mal une histoire sans grand relief ni surprise, ne posant guère de questions et se contentant d'un premier degré. Autant il fût un créateur d'histoires et d'univers souvent novatrices, autant sa mise en scène est d'une platitude qui nuit grandement au film. Si l'on ajoute à cela des effets spéciaux qui paraissent aujourd'hui bien datés (mais à qui il faut accorder l'indulgence due à leur grand âge) et une bande originale totalement inadaptée (qui donne souvent envie de couper le son), "Mondwest", avec sa réalisation pas toujours sérieuse, donne l'impression d'une histoire à laquelle celui qui la narre ne croit pas. C'est fâcheux, vous en conviendrez. 

Au chapitre des points positifs, on notera l'interprétation malicieuse du grand Yul Brynner, en Terminator du Far-West, se réjouissant visiblement de reprendre peu ou prou son personnage des "Sept mercenaires". C'est sans doute le meilleur interprète du film, Richard Benjamin s'avérant totalement dépourvu de charisme dans la peau du héros, tandis que son complice James Brolin parait bien peu concerné par tout ce qui lui arrive. 

On peut avoir de belles histoires dans la tête et cependant ne rien savoir de l'art qui consiste à les transposer à l'écran. Dans le cas de "Mondwest", surtout si on le compare à certaines adaptations de ses romans, Michael Crichton prouve qu'il n'était pas fait pour passer derrière la caméra (son implication dans la production du "Treizième guerrier" fut pour beaucoup dans l'échec de celui-ci d'ailleurs). Gageons que l'adaptation prochaine de "Mondwest" au petit écran (sur qui de nombreuses bonnes fées se sont penchées) exploitera mieux le riche potentiel de cet univers.




jeudi 14 mars 2013

Love, Wedding, Marriage (2010)




On a connu par le passé le cas de téléfilms si bien réalisés qu'ils eurent droit à une deuxième carrière dans les salles obscures. Je citerais, à titre d'exemple, "Duel" de Steven Spielberg, réalisé pour la télévision américaine et finalement projeté dans les salles européennes avec le succès que l'on sait. Il existe aussi des cas d'école où le film fit le trajet inverse : "Amour, mariage et petits tracas" (dont le titre original était "Love, Weddding, Marriage"), après une sortie calamiteuse aux Etats-Unis (quelques milliers de dollars de recette seulement) est devenu un simple téléfilm pour le marché européen. Dans l'hexagone, c'est M6 qui a hérité du bébé : il a été diffusé en novembre dernier et, si vous n'êtes pas sages, sera probablement rediffusé entre deux émissions de télé-poubelle (mais je m'égare)...

Conseillère conjugale, Ava vient d'être demandée en mariage par son petit ami. C'est le moment que choisit sa mère pour demander le divorce. Ses certitudes volant en éclats, Ava découvre que la vie n'est pas aussi simple que cela et qu'elle ne vit pas dans un conte de fées.

Ce film est l'unique réalisation à ce jour de Dermot Mulroney, plus connu pour ses prestations d'acteur (par exemple dans "Le mariage de mon meilleur ami", où il interprétait le meilleur ami du titre, ou dans le très bon "Territoire des loups"). Gageons qu'elle restera sans lendemain, l'échec de ce film ayant été parmi les plus cuisants qui soient.

Je n'irais pas par quatre chemins : ce bide monumental était mérité. Il n'y a pas grand-chose à sauver de ce (télé)film, hormis peut-être l'interprétation (et encore, Kellan Lutz, qui interprète le futur marié, est d'une extrême fadeur et aurait mieux fait de se contenter de son rôle dans la saga "Twilight") : les vétérans Jane Seymour (le Docteur Quinn du petit écran) et James Brolin prouvent leur talent, même s'il est sous-exploité, tandis que Mandy Moore et Jessica Szohr sont l'atout charme du film. On notera au passage l'apparition brève mais marquante de Christopher Lloyd, l'inoubliable Doc Brown de "Retour vers le futur".

Le scénario, qui ne surprendra absolument personne, enfile les clichés les plus éhontés sur le mariage et le célibat, et sur les femmes et les hommes en général. Pour les habitués des comédies romantiques (genre extrêmement codifié), il ne récèle donc aucune nouveauté. Quant aux autres, il ne présente pour eux aucun intérêt.
La réalisation est d'une platitude extrême et confirme la sanction : les salles obscures méritent mieux que cela.

Prévisible de bout en bout, à peine amusant, et laborieusement réalisé, "Amour, mariage et petits tracas" mérite l'oubli, tout simplement. 
En ce qui me concerne, j'aimerais beaucoup que Dermot Mulroney me rende les 90 minutes de ma vie qu'il a volé.