samedi 8 septembre 2012

Une vie moins ordinaire (1997)


Souvenez-vous, à la fin du XXème siècle, le cinéma britannique accoucha d'un petit génie, révélé par le cynique "Petits meurtres entre amis", puis confirmé par l'excellent "Trainspotting". Danny Boyle, réalisateur de ces deux pépites, céda rapidement aux sirènes d'Hollywood et, entraînant avec lui son acteur-fétiche, Ewan McGregor, prit les commandes de son premier film américain : "Une vie moins ordinaire". La descente fut à la hauteur de son ascension, puisque ce film fut le premier insuccès de son metteur en scène. En le revoyant, il y a peu, sur une des chaînes de la TNT, j'ai pensé qu'il avait toute sa place dans les colonnes de ce blog.

Dernier volet de la "Money Bag Trilogy" de Danny Boyle, "Une vie moins ordinaire" a pour héros Robert Lewis (Ewan MacGregor), technicien de surface de son état, apprenti romancier, dont le quotidien n'est guère enviable.En effet, il perd son emploi le jour où sa petite amie le quitte. Par un enchaînement de circonstances, il va se retrouver dans la peau d'un preneur d'otages, détenant Celine (Cameron Diaz), la fille de son patron (interprété par Ian Holm). Pendant ce temps, deux anges (Holly Hunter et Delroy Lindo) sont envoyés sur Terre avec un ultimatum : si Celine et Robert ne tombent pas amoureux, le ciel leur est désormais interdit.

Plutôt atypique, ce pitch, non ? Mix improbable entre la comédie romantique et le road-movie fantastique, "Une vie moins ordinaire" clôture donc la trilogie "Money bag" de Danny Boyle, consacrée au besoin incessant d'argent, commencée avec "Petits meurtres entre amis" et poursuivie avec "Trainspotting". Cela dit, les films étant totalement indépendants, je vous rassure, il n'est pas nécessaire d'avoir vu les précédents pour visionner "Une vie moins ordinaire" (pas nécessaire, certes, mais conseillé, car il s'agit de films remarquables).

Le présent long-métrage, s'il ne connut pas le triomphe qu'on aurait pu attendre, mérite pourtant qu'on s'y attarde. Certes, il ne s'agit pas d'un "grand" Boyle, mais son rythme, sa fraîcheur en font un film plus qu'intéressant. A défaut d'un ton résolument "rock'n roll" (comme pouvait l'être le superbe "Trainspotting"), nous avons affaire là à une ballade "pop", souvent amrère, parfois sucrée, mais jamais guimauve.
Certes, l'intrigue est sans doute peu surprenante (quoiqu'on sorte déjà pas mal des sentiers battus), et le propos est moins noir qu'on ne pouvait s'y attendre. Mais, s'il s'agit clairement d'un film mineur dans la carrière de son réalisateur (et de celui qui marque le début d'une pente qui n'a que récemment cessé), "Une vie moins ordinaire" reste un film qui se regarde sans déplaisir et a plutôt bien vieilli.

Pour ne rien gâcher, comme souvent avec Danny Boyle, la bande originale vaut son pesant de cacahuètes et vous ramènera quelques années en arrière, au son de R.E.M., de Beck, de The Cardigans et de Prodigy (pour ne citer qu'eux). Rien que pour le plaisir de ré-écouter ces morceaux, le film mérite un revisionnage, à mon humble avis...
Alors, pourquoi "Une vie moins ordinaire" n'a-t-il pas triomphé comme l'avaient fait les précédents opus de Boyle ? En revisionnant ce film sur lequel quelques années ont passé, on est en droit de se poser la question. Certes, on ne retrouve pas ici le punch et l'irrévérence de ses premiers films, mais le talent de mise en scène est toujours là, indéniablement. Les interprètes sont remarquables, comme toujours (même si la version française est plus préjudiciable qu'autre chose)...

L'épisode suivant dans la carrière de Danny Boyle allait être le très raté "La plage" (en pleine Dicapriomania). Il allait falloir attendre le triomphe du très beau "Slumdog millionaire" pour voir ce réalisateur sortir du purgatoire.




2 commentaires:

  1. Perso voilà un film qui m'est passé bien au dessus du cigare. Sans aucun intérêt et particulièrement lourdingue. Je me suis vite ennuyé. Par contre je te rejoins, c'est moins raté que La plage! Si tu veux, il est chroniqué chez moi. Un beau carnage si je puis dire.

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    1. Je l'ai revu récemment et il m'a semblé moins médiocre que lors de son premier visionnage. Cela dit, il reste bien en-deça des films précédents de Boyle (et des suivants)

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