mercredi 8 janvier 2014

Week-end royal (2013)




Franklin Delano Roosevelt a laissé dans les mémoires l'image d'un Président américain cloué à son fauteuil roulant, souriant tant bien que mal aux côtés de Churchill et Staline, lors de la célèbre conférence de Yalta. Alors qu'il fut celui qui conduisit les Etats-Unis lors de la Seconde Guerre Mondiale, on connait beaucoup moins l'homme intime. Sorti tout récemment, le film "Week-end royal" relate les jours où le couple royal britannique (le Roi George VI et Elizabeth, parents de l'actuelle reine Elizabeth II) rendit visite à Roosevelt, dans l'espoir de convaincre ce dernier d'intervenir dans la guerre qui se préparait contre l'Allemagne
.
Mais, lors de l'été 1939, le Président Roosevelt, déjà fort mis à mal par la poliomyélite a autre chose en tête. Ce bon vivant, amateur de femmes, est tombé sous le charme de Daisy, qui n'est autre que sa cousine. Entre les appétits charnels du Président et les différences culturels entre les deux pays, les souverains britanniques vont avoir fort à faire pour convaincre Roosevelt d'intervenir dans le conflit qui se prépare. A l'occasion d'un étonnant week-end et d'un pique-nique assez peu protocolaire, vont se prendre de grandes décisions.

On pourrait croire, à la lecture du synopsis, que "Week-end royal" aborderait de façon détournée une page majeure de l'Histoire. Il faut reconnaître d'emblée qu'il n'en est rien. Roger Michell, le réalisateur (son film le plus connu est "Coup de foudre à Notting Hill") choisit délibérément de positionner son regard au niveau humain, quitte à laisser de côté les perspectives historiques de son film.

C'est là le défaut majeur du film. A trop vouloir regarder par le trou de la serrure, Roger Michell n'a finalement qu'un angle de vue fort limité et n'est pas aidé par un scénario imparfait qui ne fait qu'évoquer de loin des thèmes qui auraient pu faire mouche.

Le film dispose pourtant de quelques réussites. Son élégance et le soin apporté à la reconstitution de cet été américain sont notables, de même que la fraîcheur de l'ensemble (que d'auucuns taxeront de légereté).

Ce petit film donne à voir des jours critiques pour l'équilibre du monde, vus du petit côté de la lorgnette. Point de grands conseils, de décisions pesantes, mais des hommes et des femmes, incarnés par des acteurs particulièrement inspirés. On notera notamment la performance de Samuel West (l'ombre de Colin Firth plane pourtant sur le personnage de George VI, qu'il incarne) et celle de Bill Murray, toujours délicieux, même s'il lui manque un brin de solennité pour le rôle qu'il endosse.  

Sans être tout à fait raté, "Week-end royal" n'est pas non plus complètement réussi. Ponctué de jolis moments, il est pris au piège de son parti-pris de départ. Trop léger pour être marquant, ce film, sans être mineur, ne marquera pas pour autant les mémoires. 


2 commentaires:

  1. Bill Murray avait attiré mon regard vers ce film, mais je l'ai manqué quand il était au cinéma. Peut-être que j'aurai une occasion de le voir à la télé.

    Ta chronique réveille mon envie. Merci pour ce "retour".

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    1. Ce n'est pas un film "majeur", mais il le mérite de faire passer un bon moment et de sortir un peu des sentiers battus. Rien que pour cela, il mérite un petit coup d'oeil. Je serais ravi de lire ton avis si tu le décortiques sur ton blog.
      Au plaisir de te relire !

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