mercredi 15 juin 2016

Burying the ex (2014)


Joe Dante, réalisateur de quelques films entrés au panthéon du fantastique ("Hurlements" ou "L'aventure intérieure", par exemple), n'a pas eu la carrière qu'il aurait mérité. Accumulant, après "Gremlins" les échecs cinglants (comme"Explorers"), Joe Dante est retombé dans l'oubli pour le grand public, se cantonnant à des films mineurs ou des productions télévisées. Un récent billet de Tina (je ne peux que vous recommander son blog) a attiré mon attention sur "Burying the ex", sorti directement sur le circuit vidéo, ce qui en dit long sur le destin réservé au papa des Gremlins. Allais-je retrouver le ton acerbe de Dante ?

Max aime les monstres, au point de travailler comme vendeur dans une boutique qui est consacrée au fantastique. Sa petite amie, Evelyn, ne comprend pas sa passion et tend à lui imposer une vie qui ne lui convient pas. Quand celle-ci meurt, percutée par un bus, Max, après avoir fait son deuil, envisage une nouvelle vie, surtout quand la belle Olivia entre dans celle-ci. 
C'est compter sans Evelyn, revenue d'outre-tombe, parce qu'elle est persuadée qu'elle et Max, c'est pour toujours.

En visionnant "Burying the ex", il faut vite se rendre à l'évidence : il s'agit d'un film mineur dans la filmographie de Joe Dante, et il ne laissera pas une grande empreinte dans la carrière de son réalisateur. Ce n'est donc pas pour cette fois que nous célébrerons le retour en fanfare d'un grand du cinéma fantastique. Le prétexte initial, celui de faire se percuter la comédie romantique et le fantastique, ne suffit pas à faire de "Burying the ex" un film qui sort du lot. Ponctué d'hommages aux films d'horreur d'un autre siècle, "Burying the ex" ne parvient pas à surprendre son spectateur et le laisse souvent sur sa faim. Hésitant entre la comédie (mais n'étant que rarement drôle) et l'horreur (sans se permettre d'aller suffisamment loin pour faire frémir), Joe Dante finit par livrer un film bancal, ayant plus de défauts que de qualités. 

Sur la forme, sans doute en raison d'un maigre budget, c'est un bilan mitigé. Les effets numériques sont rares (ce qui pourrait passer pour un bon point) et les effets spéciaux sont pour la plupart assurés "à l'ancienne", au risque de nuire à la crédibilité de l'histoire. C'est pourtant de la légèreté de cette dernière que vient la faiblesse du film. Rarement aussi grinçant qu'on aurait pu s'y attendre, le scénario de "Burying the ex" ne ressemble finalement pas à celui d'une histoire que nous aurait conté le Joe Dante de la grande époque. 

Les personnages principaux de cette comédie romantique zombiesque (genre qui semble être à la mode) sont interprétés par des acteurs pleins de bonne volonté. Anton Yelchin, en jeune homme déboussolé par ce qui lui arrive, est convaincant, autant que la très belle Alexandra Daddario (remarquée dans la sublime première saison de "True Detective") et que l'étonnante Ashley Greene, en undead girlfriend. On notera aussi le second rôle marquant tenu par Oliver Cooper, en demi-frère à la limite du psychopathe.

Malgré une interprétation sympathique (à condition de ne pas visionner la version française)  "Burying the ex" souffre essentiellement d'un scénario assez prévisible, ni surprenant, ni transgressif : ceux qui appréciaient Joe Dante pourront mesurer à quel point on est loin de ses territoires de prédilection. Si, rarement, perce l'ironie mordante de son réalisateur, la plupart du temps, "Burying the ex" fait pâle figure dans la filmographie de Joe Dante.








15 commentaires:

  1. Il m'avait accroché l'oeil mais pas au point de le regarder... Je passe mon tour. Pourtant, Joe Dante, c'est toute ma jeunesse! Dommage qu'il ne parvienne pas à se renouveler ou à trouver un nouvel élan

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    1. Je crois effectivement que tu fais bien de passer ton tour, malgré la présence de Joe Dante derrière la caméra.

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  2. Pas vu encore mais je l'ai téléchargé pour une éventuelle rétro dans la Cave de Borat. Pas entendu grand chose de positif et ce n'est pas le concurrent Life after Beth qui va aider non plus. Déjà que The hole n'était pas brillant... Pauvre Joe Dante, contraint de cachetonner pour survivre dans des productions qui ne sont pas à sa hauteur.

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    1. Oui, triste carrière que celle de Dante...j'ai hâte de lire la rétro que tu lui consacreras, l'ami !

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    2. Un réalisateur qui n'a jamais de chance. Sur Gremlins il a été soutenu par Spielberg ce qui lui a permis de faire ce qu'il veut, mais dès Explorers ça s'est gâté. La Paramount a voulu accélérer la production, le film a un deuxième voire troisième acte raté. L'aventure intérieure a été mal vendu par la warner. Si la Warner l'a rappelé pour Gremlins 2 c'est parce qu'ils ne savaient pas quoi faire. Small soldiers a été parasité par Burger king et Universal qui ne savait pas s'il devait faire un film à la Gremlins ou un film pour gosses. Sur Les looney tunes passent à l'action il était emmerdé à chaque réunion avec le studio. A cela on peut rajouter les projets pas faits...

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    3. En effet, la carrière de Dante est un bel exemple de gâchis, en grande partie créé par les studios, alors qu'il a une vraie "patte" indé.
      Je devrais évoquer d'autres films de ce réalisateur, je crois.

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    4. Je ne sais pas si tu l'as vu mais Anton Yelchin nous a quitté hier... RIP
      Pour en revenir à notre discussion, la plupart de ses problèmes sont venus par les studios, qui ne l'ont jamais compris ou ont fait n'importe quoi avec ses films. Preuve en est The hole a été tourné en 3D, quasiment personne ne l'a vu dans ce format même aux USA.

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    5. J'ai vu l'info ce matin..Sale clin d'oeil que fait ici la Faucheuse.

      Quant aux studios, une chose est sûre : ces gens-là n'aiment pas le cinéma.

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    6. Cela me fait toujours penser au parcours de créateur d'affiche Drew Struzan. Dans son livre, il évoquait qu'au cours des 2000's il perdait beaucoup de commandes, les costards cravate préfèrant le photoshop. Cela se voit d'autant plus quand on voit ses traitements pour le film Sahara et que l'on regarde les affiches retenues. Exactement la même chose mais en photoshop. Idem pour La revanche des sith où on l'a obligé à mixer différents traitements juste pour montrer la tête de Dark Vador.

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  3. On sent dans cette chronique le fan transi qui attendait mieux. Je respecte ça et te souhaite une meilleure chance la prochaine fois, Laurent. Tu peux toujours te consoler en revoyant les classiques pour la énième fois.

    Et si tu ne l'as pas vu, du même Joe Dante, je te recommande plus que vivement "Panic sur Florida Beach" !

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    1. Transi, je ne sais pas, mais déçu, certainement. La prochaine fois sera la bonne...ou pas !

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  4. Bon, Tina m'avait moitié convaincue, mais je crois que je vais m'abstenir finalement.

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    1. Ah, mais je ne demande qu'à lire des avis contradictoires...et donc enrichissants. Si tu as l'occasion (et l'envie) de le voir, je serai très preneur de ton retour, Chonchon.

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  5. Oooh merci pour le lien :)
    Je vois que tu es assez déçu. Après peut-être que j'ai réussi à le trouver plus sympathique parce que je m'attendais à rien, je sais pas trop ^^

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    1. C'est exactement cela, Tina. J'ai placé la barre trop haut.
      En tout cas, merci d'avoir mis un coup de projecteur sur ce petit film...

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