lundi 12 février 2018

Sept jours pas plus (2017)



Avec son affiche annonçant clairement le feel-good movie et son casting qui, en temps normal, m'aurait fait fuir à toutes jambes (mes lecteurs les plus fidèles comprendront), "7 jours pas plus" aurait du, comme on dit, passer sous mon radar. Mais il y avait un je ne sais quoi qui m'intriguait, surtout dans son arrière-plan : ça sentait le cinéma social et c'est un genre auquel j'accroche en général plutôt bien. Comme ce film d'Héctor Cabello Reyes (son premier en tant que réalisateur, après un lourd passif de scénariste) avait connu un succès des plus mitigés, il n'était donc que justice de le retrouver ici.


Tout seul dans son magasin et dans sa maison, Pierre est quincaillier, mais surtout grincheux. Ce vieux garçon dit beaucoup "non" et il est hors de question pour lui de toucher à ses petites manies. Même Jeanne, amoureuse de lui depuis toujours, n'a jamais réussi à toucher son cœur. Il va falloir que le destin mette sur la route de Ajit, un Indien ne parlant pas un mot de français
Ah oui, il y a aussi cette vache, tombée du ciel. Tout ça arrive-t-il par hasard ?


A lire le pitch de "Sept jours pas plus", on peut se demander si l'on n'a pas affaire à un de ces films plus ou moins choraux, où des événements sans rapport apparent finissent par prendre sens à la lumière de leur conclusion. Ce n'est pas tout à fait dans cette catégorie qu'il faut ranger ce long métrage, en réalité. Parce qu'il y a aussi des gros morceaux de comédie romantique et de cinéma social dans "Sept jours pas plus". Jusque là surtout connu pour ses scénarios (dont certains ne sont pas forcément à son honneur...citons "Low Cost" ou "Barbecue"), Héctor Cabello Reyes semble adepte d'autre chose, pour ses débuts derrière la caméra. Alors que certains de ses scripts avaient donné lieu à des films plutôt lourdingues et poussant le détecteur de clichés dans la zone rouge, "Sept jours pas plus" fait le choix de la sensibilité et, surtout, évite de maltraiter ses personnages. Les héros, si on peut utiliser ce nom, du film, prennent peu de risques, tant le scénario les ménage, sans doute parce qu'il aime immodérément ses personnages. Je n'ai pas vu "El Chino", le film argentino-espagnol dont "Sept jours pas plus" est le remake, mais on peut penser que le matériau d'origine a fortement influencé le ton du film.

Si le film tourne essentiellement autour de son personnage principal, tour à tour énervant et émouvant, son humanité transpire à l'écran, parce qu'il est bien écrit et remarquablement interprété par Benoît Poelvoorde. Celui qu'on a connu parfois excessif prouve, une fois de plus, qu'il peut jouer sur une autre partition que celle de l'outrance (il est loin, le temps de "C'est arrivé près de chez vous"). Face à lui, Pitobash, sans utiliser un mot français (ou presque) sert de révélateur à cet humain qui s'ignore et réussit à imposer son personnage improbable. Enfin, aussi étonnant que cela puisse paraître, Alexandra Lamy n'est presque pas agaçante : oui, c'est surprenant, comme quoi il ne faut pas désespérer. 

Jouant des zones grises des personnages, et ne sombrant jamais dans le manichéisme; ce petit film a plus d'atouts que de handicaps dans sa main. Parfois surprenant, parfois émouvant, sans être inoubliable, "Sept jours pas plus" est souvent touchant, parce qu'il donne la part belle à ses personnages, parfois au détriment de son scénario, c'est vrai. 


Ce film a été vu dans le cadre du Movie Challenge 2018, pour la catégorie 
"Un film dont le titre contient un numéro"

4 commentaires:

  1. Bonjour Laurent, j'avais aimé El Chino et j'ai aimé ce "remake". Le scénario est bien écrit. Poelvoorde est génial. Bonne après-midi.

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    1. Bonsoir Dasola : je confirme, Benoît Poelvoorde est très bon, dans ce film. Merci de ton passage !

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  2. Je suis sur la même longueur d'ondes. Un bon p'tit film pour se ressourcer entre deux longs-métrages un peu plus exigeants.

    Pas de faute de goût, ni pour le scénario, ni pour les acteurs. Ce n'est pas mon préféré de Poelvoorde et "El Chino" est vraiment suivi de très près, mais cela reste un spectacle très honorable. Une comédie toute douce comme on les aime parfois.

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    1. Sans prétention, mais finalement bien agréable : cela fait du bien, parfois.
      Merci de ta fidélité, Martin.

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