mardi 27 février 2018

L'un dans l'autre (2017)


La substitution des personnages (qui peut aller jusqu'au body swap), voilà un sujet classique en comédie. Qu'il s'agisse de "Un fauteuil pour deux" ou "Echange standard", le septième art a déjà maintes fois utilisé ce ressort pour faire rire son public, avec des réussites souvent variables. En reprenant le canevas de "Dans la peau d'une blonde" (de Blake Edwards), Bruno Chiche nous a proposé l'an dernier "L'un dans l'autre", où Louise Bourgoin et Stéphane De Groodt subissaient un échange de corps. Il faut croire que le public n'a pas été intéressé. Alors, sommes-nous passés à côté d'une bonne comédie française ?

Pierre, Aimée, Eric et Pénélope sont deux couples d'amis, très proches, trop proches peut-être. Alors que Pierre emploie Eric dans son entreprise, il est aussi l'amant de Pénélope. Mais le couple illégitime décide de cesser sa relation adultère : Pénélope et Eric comptent adopter bientôt, et passer également par la case "mariage".
Après une dernière étreinte, les deux amants se réveillent avec une drôle de surprise. Pierre se retrouve dans le corps de Pénélope et vice-versa. En voilà une histoire...

L'inconvénient, avec un postulat de base aussi gros, c'est qu'il faut, derrière, un scénario en béton armé, capable de mener jusqu'au bout l'histoire et, si possible, de retomber sur ses pattes. Pour le coup, c'est raté. Le traitement de "L'un dans l'autre" est surtout prétexte à une accumulation de clichés qui ne sont pas vraiment à son honneur : "possédé" par Pénélope, Pierre se met à être vegan et à faire le ménage, ce qu'il ne pratiquer nullement jusque là. De l'autre côté, Pénélope fume, boit et ce n'est pas tout. C'est fâcheux : en permutant les personnages, qui plus est de sexe opposé, il y avait tant à dire, ne serait-ce qu'au sujet de la féminité et de la masculinité.

A visionner "L'un dans l'autre", on a souvent l'impression d'être tombé sur le premier téléfilm venu, tant son traitement est pauvre et sans ambition : Partant d'une situation de départ qui avait quelques atouts dans sa manche, Bruno Chiche, qui avait fait parler de lui avec son premier long métrage, "Barnie et ses petites contrariétés" échoue complètement à l'exploiter et ne fait jamais rire. Ses comédiens, visiblement mal dirigés, sont entraînés avec lui dans le naufrage. Le défi de jouer "à la manière de" était pourtant un sacré challenge, dans lequel Louise Bourgoin et Stéphane De Groodt échouent. A l'arrière-garde, Pierre-François Martin-Laval et Aure Atika sont condamnés à assister au désastre sans rien n'y pouvoir faire. 

Accumulant les clichés et les situations outrancières, "L'un dans l'autre" n'est finalement jamais drôle et est souvent embarrassant. Voilà encore une comédie française à ranger au rayon des ratages, une de plus.


2 commentaires:

  1. Bonjour Laurent, rien que le sujet et la bande-annonce, ça m'a fait fuir. D'ailleurs, le film a été un "flop". Bonne soirée.

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    1. Bonjour Dasola..tu as bien fait de fuir, pour le coup.
      Merci de ton passage !

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