dimanche 8 avril 2018

Zombillénium (2017)


Elles sont rares, les incursions hexagonales dans le territoire de l'animation, et plus rares encore celles qui réussissent à faire de l'ombre aux géants du secteur. Alors, quand une bande dessinée à succès est adaptée au grand écran, on peut se prendre à croire au miracle. Quand le film d'animation tiré de "Zombillénium" sortit, on aurait pu penser qu'il allait entraîner nombre de ses adeptes dans les salles obscures. Il n'en fut rien, ou presque et le dessin animé tiré des albums d'Arthur de Pins disparut rapidement de l'affiche. Caramba, encore raté, comme disait l'autre. 


Hector n'est pas le père idéal pour la petite Lucie, qu'il confie chaque semaine aux bons soins d'une pension où elle s'ennuie ferme. Ce qu'elle aimerait, c'est que son papa s'occupe plus d'elle et l'emmène, par exemple, au parc d'attraction Zombillénium. Arrivé dans ce fameux parc pour y contrôler que toutes les normes y sont bien respectées, Hector y découvre que les monstres y sont bien réels...et c'est loin d'être fini, pour lui.

Arthur de Pins, avec sa série "Zombillénium", parue dans Spirou (et comptant à ce jour trois tomes), s'est fait un nom avec son graphisme très particulier et ses albums "Péchés mignons" (qui visent un tout autre public, cela dit). Aux manettes (avec Alexis Ducord) de l'adaptation à l'écran de cette série plutôt savoureuse, il nous livre une histoire indépendante de ce qui a été publié jusque là. C'est sans doute une bonne idée, en plus d'être nécessaire, afin de pouvoir, en un seul film, présenter l'univers et développer une intrigue complète. Mais, en procédant ainsi, il lisse le ton si caractéristique de ses albums, qui hésitent moins à utiliser le concept de base (pourtant novateur) pour traiter de thèmes sociaux. 

L'humour n'est finalement pas si sinistre qu'on aurait pu l'espérer, sans totalement tomber dans le mièvre. C'est le plus grand défaut de ce film d'animation, finalement : "Zombillénium", à force de viser trop large, loupe sa cible. Trop sombre pour les plus jeunes, pas assez noir pour les plus grands, il reste entre deux chaises et ne séduit finalement personne.


On pourra déplorer les trop nombreux morceaux musicaux, certes de grande qualité, mais cassant le rythme de l'histoire et ses enjeux, puisqu'on a parfois l'impression d'être tombé dans une comédie musicale (ce qui n'enlève rien à l'excellence des morceaux de Skip the Use, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit).  

L'impression générale reste donc très mitigée et bien en-deçà des espoirs qu'on pouvait avoir au regard du matériau originel. En gommant les aspérités de l'oeuvre originale, Arthur de Pins et son comparse livrent un film bien trop lisse. A vouloir ne choquer personne pour séduire tout le monde, "Zombillénium" n'emballera que peu de spectateurs. 


Ce film a été vu dans le cadre du Movie Challenge 2018, pour la catégorie 
"Un film d'animation"

5 commentaires:

  1. J'ai trouvé le film plutôt réussi, bien mis en scène et assez entraînant pour passer un excellent moment. Puis j'aime bien quand un film d'animation parle à tous les publics et pas seulement aux enfants comme c'est trop souvent le cas.

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    1. Il est vrai que c'est un jeu d'équilibre subtil que de vouloir plaire à tous les publics. Pour le coup, j'ai moins marché que toi, mais suis ravi que "Zombillénium" t'ait plu, Borat !

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    2. Disons aussi que cela change un peu de ce qu'on voit habituellement, y compris dans l'animation française. Je préfère qu'un projet d'adaptation de bd comme Zombillénium se fasse qu'un Gaston Lagaffe. :)

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    3. Mmmm... il y a des BD auxquelles il ne faut pas toucher et "Gaston Lagaffe" en fait partie. Je souhaite que le film se plante.

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    4. Je n'y crois pas trop, surtout venant du mec qui a fait deux cartons avec Les profs (près de 9 millions de spectateurs l'air de rien). On verra d'ici mercredi combien il a fait cette semaine.

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