mardi 22 décembre 2020

Nevada (2019)

Le cheval, plus noble conquête de l'homme, a très tôt fait partie du cinéma, relégué au rang d'accessoire, voire de second rôle. Quand certains films en firent leur élément central (je songe évidemment à "L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux", par exemple), témoignant de la place à part de cet animal. Laure de Clermont-Tonnerre avec "The mustang", renommé "Nevada" pour sa sortie française, a mis le cheval au centre de son film. Malgré un joli succès critique et quelques récompenses (notamment du côté du festival de Sundance), ce film n'a pas eu un succès immense dans l'hexagone. 

Incarcéré au Nevada, Roman s'est enfermé dans le mutisme et la violence. Même les visites de sa fille ne peuvent le sortir de son enfermement. Quand il intègre un programme de réhabilitation, où il devra dompter les plus sauvages des mustangs, Roman va devoir avant tout apprendre à communiquer et à contrôler sa rage.
Le cheval qui lui est confié est, lui aussi, emprisonné là, et indomptable.
Lequel des deux apprivoisera l'autre ?

Il y a quelque chose du western dans ce film où l'homme et le cheval cherchent à s'apprivoiser, et à retrouver leur liberté. Pour son premier long métrage, Laure de Clermont-Tonnerre, la réalisatrice, choisit pour raconter ce parcours, un mix inattendu. Le choix s'avère payant, le résultat donnant un film qui accroche son spectateur et ne le lâche plus ou presque. Un scénario simple, mais pas simpliste, qui aurait même sans doute gagné à être épuré (l'amorce d'intrigue secondaire relative au compagnon de cellule du héros n'apporte rien), et surtout de très belles images, alimentant une belle histoire humaine, voilà les composantes de "Nevada". 

Mathias Schoenaerts, tout en silences et en violence rentrée, donne ici la démonstration de son talent, dans un rôle qui aurait facilement pu sombrer dans la caricature. Le film repose presque exclusivement sur ses épaules, mais il n'écrase pas de sa présence les seconds rôles. On soulignera au passage les prestations toutes en équilibre de Bruce Dern, en éleveur bourru et de Jason Mitchell en compagnon de réclusion du héros. Dans l'ensemble, le casting est une réussite et apporte au film la dose d'humanité nécessaire. 

Loin d'être un énième film sur l'univers carcéral, "Nevada" raconte une rédemption, un morceau de vie. On pourra le taxer de naïveté, voire de candeur, mais c'est avant tout d'humanité qu'il traite. Le procédé est simple, qui met l'homme face à l'animal pour exprimer ses tourments, mais il fonctionne, n'étant utilisé ni avec lourdeur ni avec complexité. 

Voilà une belle surprise que ce film sur la rédemption et la liberté. Avec "Nevada", Laure de Clermont-Tonnerre livre un long métrage réussi dans un décor qu'elle avait déjà exploré dans "Rabbit", court-métrage remarqué au Sundance Festival. Sous le parrainage de Robert Redford (entre autres), la réalisatrice réussit son galop d'essai. Gageons qu'elle ne s'arrêtera pas en si bon chemin...



2 commentaires:

  1. Bonjour Laurent, je confirme, un bon film passé trop inaperçu. Et le thème est plutôt original. Bonne journée.

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    1. Bonjour Dasola...je ne suis pas mécontent de l'avoir déniché, celui-là. Belle journée et bon Noël !

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