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jeudi 9 novembre 2017

Le grand jeu (2015)



Le film politique est rare, du moins en France. Certes, nous avons eu droit à quelques jolies tentatives, récemment (je songe évidemment à "L'exercice de l'Etat"), mais le fait est qu'elles restent rares, et pas forcément réussies. Il y a pourtant quantité de matériel, proche de nous ou plus lointain (dans le temps ou dans la distance) pour inspirer les cinéastes. Il faut croire que l'exercice n'est pas aussi simple que celui de la comédie (bien que je ne sois pas loin de penser le contraire) et, sans doute, n'ait pas un rendement aussi assuré. Pour "Le grand jeu", malgré des critiques unanimes ou presque, il n'y eut pas foule dans les salles obscures...

Écrivain devenu has-been, Pierre n'a plus guère d'activité et cultive son cynisme, solitaire, puisqu'il a tout perdu, qu'il s'agisse de sa femme, de ses amis et de sa gloire passée. Au mariage de son ex-femme, il est contacté par Joseph Pasklin, homme de l'ombre officiant dans le milieu de la politique, qui lui propose de travailler pour lui.
Sa mission consiste, contre une somme rondelette, à écrire un livre incitant au soulèvement. Alors, renouant avec ses sympathies de jeunesse, Pierre se met à l'oeuvre, sans savoir ce que mijote vraiment son commanditaire.

Pour préparer cet article, comme souvent, j'ai épluché les critiques de la presse de l'époque et y ai trouvé des avis très positifs. Me voilà donc bien embêté, parce que ce "Grand jeu" m'a laissé froid et que je n'y ai trouvé qu'un squelette de film sur lequel j'aurais bien aimé voir un peu de chair. Pourtant, le potentiel est bien là : la manipulation orchestrée par le personnage incarné par André Dussolier (égal à lui-même, c'est déjà ça de pris) pouvait donner lieu à un traitement ambitieux. Ce n'est cependant pas le cas, puisque notre écrivaillon semble se contenter de regarder passer le train de l'intrigue, sans vraiment monter dedans.

Malgré une interprétation intéressante et une mise en scène plutôt élégante, "Le grand jeu" ne décolle  jamais vraiment. Malgré un début intrigant, il se perd dans une deuxième partie où le film semble se regarder lui-même, sans se soucier d'intéresser son spectateur. Traînant en longueur malgré sa courte durée, "Le grand jeu" promet beaucoup, mais tient peu. Oubliant de donner à son spectateur les clefs nécessaires à sa lecture, le scénario le ballade des rues de Paris à la campagne grise et froide où il l'envoie sans lui demander son avis.

Malgré un début emballant, Nicolas Parisier, pour son premier long métrage peine à convaincre sur la distance, faute d'assumer jusqu'au bout le traitement de son sujet. On sent cependant quelque chose de prometteur dans ce film. Gageons que la dite promesse sera tenue sur un prochain opus.



lundi 29 septembre 2014

Pièce montée (2010)


Non content d'être la première cause de divorce, le mariage est aussi prétexte à quantité de films, pas toujours mémorables. On citera, en vrac et sans préférence, des œuvres aussi variées que "Mariages !", "Quatre mariages et un enterrements" ou "Un grand mariage". Cet événement majeur dans la vie de nombreux de nos semblables peut servir de cristallisoir : en y mettant en exergue les participants à ce jour particulier, on peut obtenir une farce cynique, une belle histoire ou une mise en abyme des travers humains, selon le traitement (et la liste n'est pas exhaustive). C'est la dernière option qu'a choisi Denys Granier-Deferre pour "Pièce Montée", nous promettant un mariage explosif. La déflagration attendue n'eut pas lieu, et ce film bouche désormais les grilles horaires de la TNT. 

Le grand jour est arrivé : Bérengère et Vincent vont enfin se dire "oui" devant Monsieur le Curé. En cette belle journée de printemps, leurs familles (issues d'une certaine bourgeoisie) vont se rencontrer et se confronter, toutes générations confondues. Entre un prêtre extrêmement troublé, un beau-frère d'une incroyable muflerie et j'en passe, la journée va forcément être inattendue, parce que vont se révéler nombre de travers des invités à la fête. Ce jour pas comme les autres restera dans les mémoires...


Denys Granier-Deferre, fils du grand Pierre Granier-Deferre, adapte ici le roman éponyme de Blandine Le Callet, avec l'aide de Jérôme Soubeyrand. Le fait est que le duo de scénaristes es à blâmer, au vu du résultat (même si l'on peut se douter que le matériau d'origine n'était pas de celui dont on pouvait tirer un film miraculeux). Le scénario, outrancièrement prévisible et dont chaque acte semble téléphoné et sans la moindre surprise, est le gros défaut de ce film français. Soyons brefs : "Pièce montée", à l'instar du dessert éponyme, ne surprend personne et, persuadé de pouvoir plaire à tout le monde, est assez insipide

On notera également que la photographie est particulièrement pauvre et que le rendu de l'image est souvent plus moche que celui du premier téléfilm venu, sans avoir d'ailleurs plus d'atouts que lui.

Au vu du résultat, on ne peut que se lamenter de voir la distribution king-size de "Pièce montée" tenter de maintenir à flot un navire qui prend l'eau de toutes parts. Malgré la présence du grand Jean-Pierre Marielle et de la merveilleuse Danielle Darrieux (sans doute les deux qui se sortent le mieux du gâchis), on a pitié des acteurs engagés dans cette pénible entreprise, comme souvent dans les productions françaises, ces dernières années.

Les acteurs jouent poliment la partition médiocre qui leur a été confiée, sans cependant se faire quelque illusion que ce soit sur le résultat final. Quel gâchis que cette indigeste pièce montée : pareil casting ne se rencontre pas deux fois, dans la carrière d'un réalisateur.