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dimanche 22 novembre 2020

Mariage mixte (2004)

Depuis longtemps, le cinéma s'est penché sur la cohabitation des communautés. Des "Aventures de Rabbi Jacob" à "Devine qui vient dîner", c'est souvent par le biais de la comédie et en engendrant le meilleur comme le pire, que les réalisateurs ont évoqué les frictions entre les hommes, au nom de leurs croyances ou de leurs origines. Alexandre Arcady, depuis toujours attaché à évoquer la judaïcité, y est allé du thriller (avec "Le grand pardon") comme de la comédie. Avec "Mariage mixte", il retrouvait Gérard Darmon, pour la cinquième fois (et la dernière, d'ailleurs).

Depuis toujours, le richissime Max Zagury a prévu de marier sa fille Lisa à Sidney, fils de son meilleur (et défunt) ami. Seulement, la belle est amoureuse d'un goy et compte bien suivre son cœur plutôt que son père. 
Pour Max, qui contrôlait tout dans sa vie et celle de sa fille, jusque là, c'en est trop. Il va tout faire pour que Lisa change d'avis et revienne dans ce qu'il considère comme le droit chemin. 
Max réussira-t-il à reconquérir le cœur de sa fille, qu'il ne comprend plus ? L'a-t-il vraiment perdu, d'ailleurs ? L'amour triomphera-t-il de ce qu'il croit être la raison ?

A lire le pitch ci-dessus, on comprend que "Mariage mixte" exploite une thématique maintes fois utilisé. Mais, pourquoi pas, après tout ? Ce n'est pas parce qu'on est dans des figures imposées que la performance est hors d'atteinte. Hélas, après quelques minutes, au cours desquelles on se demande si on n'est pas tombé sur un vieux téléfilm destiné à remplir une case de la grille, le couperet tombe. "Mariage mixte" est un film raté, tout simplement. 

On pourra implorer l'indulgence, au vu d'une production qui a visiblement manqué de moyens, mais s'est efforcée de filmer l'opulence. Mais ce serait sans doute faire preuve de trop de mansuétude face à un film brouillon et qui, surtout, cherche à faire rire sans jamais y parvenir. Entre des personnages caricaturaux et des scènes maladroites (pour ne pas dire pire), "Mariage mixte", non content de mépriser son sujet et ses personnages, traite de fort méchante façon les rares spectateurs qui se risquent à le visionner. 

Et ce n'est pas dans le jeu des interprètes qu'on peut se consoler. Qu'il s'agisse des premiers rôles ou de ceux qui sont en arrière-plan, les comédiens au service de cette poussive comédie de mœurs peinent à convaincre et ne prennent visiblement que peu de plaisir à jouer cette farce. 

Caricatural et finalement contre-productif, ce film qui vire au vaudeville du plus mauvais goût montre ce qu'est devenu l'ambitieux réalisateur du "Grand pardon". Jamais drôle et souvent gênant, "Mariage mixte", en gâchant un matériau pourtant valide, est sans doute l'un des plus mauvais films d'Alexandre Arcady. 



samedi 25 mai 2019

Venise sous la neige (2015)


Maintes fois, le septième art a choisi d'adapter le sixième, à savoir le théâtre. Ce fut parfois une grande réussite  (je songe notamment à "Cyrano de Bergerac" ou au "Limier", pour ne choisir que deux exemples très différents) et à un beau succès populaire. D'autres fois, ça marche moins bien et le film qui naît de l'adaptation passe sans susciter l'attention des spectateurs. Dans le cas de "Venise sous la neige", réalisé en 2015 par Elliott Covrigaru, ils sont rares, ceux qui se déplacèrent en salle. Alors, sommes-nous passés à côté d'une jolie adaptation ?


Dramaturge incompris, Christophe cherche à faire financer sa prochaine création, dont le rôle principal est promis à Patricia, sa compagne. Pour ce faire, il va rendre visite à un de ses amis, sur le point de se marier et disposant des moyens nécessaires. Seulement, Patricia, fâchée envers Christophe a décidé de ne plus décrocher un mot. Les ennuis commencent. 

Premier long-métrage d'Elliott Covrigaru, "Venise sous la neige" ne cache pas son ascendance : ce film affiche clairement son statut, au point qu'on songe souvent à du théâtre filmé. C'est embêtant, car on se demande rapidement où et la plus-value du passage au grand écran.

Déjà maintes fois tenté (et souvent réussi), l'exercice avait quelque attrait. Mais, pour qu'il soit réussi, il aurait fallu qu'il innove et apporte un petit plus qui donne le sentiment d'être face à un film et non devant une pièce somme toute assez médiocre. 

Car, ne nous ne le cachons pas, "Venise sous la neige" n'est pas très drôle et est même parfois franchement gênant. Les gags sont usés et tombent le plus souvent à plat, les répliques ne font que rarement mouche et les acteurs en font des tonnes, en vain.

Particulièrement caricatural et souvent poussif, "Venise sous la neige" n'a pas grand chose pour lui. Bien souvent, je me suis réfugié, lorsqu'un film me paraissait peu intéressant, dans la contemplation de ses interprètes. Dans le cas de "Venise sous le neige", point de consolation à trouver de ce côté-là. Dans des rôles caricaturaux, les acteurs en font des tonnes. Ce qui aurait pu passer sur les planches (et encore !) ne passe définitivement pas au grand écran, ni même au petit. Seule Juliette Arnaud semble tirer son épingle du jeu, mais on sent qu'elle s'ennuie profondément, tout comme le spectateur.

Quitte à voir une pièce de théâtre, autant se rendre au théâtre, justement et, si c'est possible, on choisira une pièce digne d'intérêt. Ce "Venise sous la neige" ne mérite pas sa deuxième séance (ni sa première, d'ailleurs).


vendredi 10 mai 2019

Irène (2002)


Une fois de temps en temps, on a le droit d'avoir un moment de faiblesse : il m'arrive de visionner des films très prévisibles, dont la fin ne fait aucun doute, juste parce que leur réalisateur est dans mes bonnes grâces ou parce que les acteurs et actrices qui y jouent font partie de mes préférés, par exemple. Dans le cas de "Irène", c'est essentiellement la présente souriante de Cécile de France qui m'a fait pencher sur ce film, le premier réalisé par Ivan Calbérac (essentiellement connu pour "L'étudiante et Monsieur Henry"). 

Irène a trente ans, un métier intéressant à Paris, des parents qui l'aiment en province. Mais Irène a un problème : elle est toujours célibataire et, selon elle, il est temps que ça change. Alors qu'elle s'installe dans son nouvel appartement et acquiert enfin sa liberté, elle se lance dans sa quête de l'homme idéal. Terminées, pour elle, les histoires qui ne durent pas... Alors qu'elle engage François pour repeindre son logement, elle se lance dans cette quête, cherchant partout, s'y prenant souvent mal. Et si l'amour était pourtant sous ses yeux ?

Vous l'aurez aisément deviné : nous sommes, avec "Irène", sur le terrain très balisé et rarement surprenant de la comédie romantique, qui plus est dans sa catégorie "française" (celle qui peut rarement se targuer d'audace). Les protagonistes, mis en scène dès les premières séquences, doivent franchir quelques obstacles pour parvenir à la conclusion imposée. En l’occurrence, les obstacles qui se présentent aux deux tourtereaux sont surtout le fait même de l'héroïne : le caractère d'Irène, pas franchement facile, ses aspirations et exigences, tout conspire à la faire échouer dans sa recherche du prince charmant. Cela dit, rien de neuf sous le soleil de la romcom. Tant pis, ou tant mieux, c'est selon les attentes du spectateur. 

C'est surtout la divine Cécile de France qui est le plus bel atout de "Irène", comédie romantique à la française, très prévisible. Tour à tour boudeuse ou enthousiaste, l'héroïne de ce petit film entraîne dans son sillage le spectateur (qui, de son côté, est tour à tour agacé ou attendri par elle). Face à elle, les seconds rôles, essentiellement masculins, s'en tirent avec les honneurs, leurs rôles fussent-ils parfois caricaturaux. Qu'il s'agisse de Bruno Putzulu, en faux naïf, d'Olivier Sitruk, en amant mystificateur, ou de Patrick Chesnais, dans le rôle d'un boss dépassé, pour ne citer qu'eux, font "le job", comme on dit, et servent un scénario parfois à la limite du minimalisme, oscillant entre charme et légèreté. 

Bref, "Irène", petit film léger et souvent sucré, est de ceux qui se regardent sans peine et s'oublient rapidement. N'eut été le charme de ses interprètes, il serait fort dispensable.