lundi 28 janvier 2013

L'autre monde (2010)


Régulièrement, on peste contre la frilosité du cinéma français, désespérant par son manque d'audace et d'inventivité. Il y a cependant, de temps à autre, quelques tentatives audacieuses de s'écarter des sentiers battus (et rebattus), pour s'aventurer dans le territoire du film de genre, voire du fantastique, avec plus ou moins de bonheur. Ce n'est pas pour autant que ces essais sont couronnés de succès. "L'autre monde", réalisé par Gilles Marchand est une de ces incursions. Bien qu'ayant été projeté au Festival de Cannes en 2010, en séance spéciale mais hors compétition, ce film n'a pas déplacé les foules (malgré une affiche des plus aguicheuses, vous en conviendrez).

Durant les vacances d'été, Gaspard, une jeune garçon comme de nombreux autres, partage son temps entre ses amies et sa copine, Marion. Lorsqu'il rencontre la belle et ténébreuse Audrey, sa vie va basculer. La jeune femme, adepte d'un univers virtuel nommé "Black hole", ne semble chercher que la mort. Attiré par Audrey, Gaspard va la retrouver, de l'autre côté du miroir, dans cet univers virtuel.

Pour son second long métrage après "Qui a tué Bambi", Gilles Marchand, comparse habituel de Dominik Moll (à qui l'on doit le troublant "Harry, un ami qui vous veut du bien"), prend cette fois le rôle de réalisateur et entraîne le spectateur dans ce qui se veut un thriller sulfureux. Et, pour rehausser un peu plus la barre, le choix de traiter d'un jeu sur réseau comme du siège d'une partie de l'intrigue est diablement ambitieux.

A l'arrivée, il faut cependant reconnaître que le résultat n'est pas à la hauteur des espérances générées par le pitch. Le scénario de "L'autre monde" tourne vite à vide et nombreuses sont les séquences destinées à faire du remplissage. Doté d'une bonne idée de départ, Gilles Marchand n'arrive à aucun moment à nourrir son film avec un scénario suffisamment épais. C'est dommage, car ce film a pourtant quelques qualités. 

En premier lieu, les séquences se déroulant dans l'univers virtuel de "Black Hole", sorte de "Second Life", sont absolument remarquables, d'un point de vue esthétique et c'est le plus bel atout du film, à mes yeux. Bien qu'utilisant des décors minimalistes, le monde de "Black Hole" est doté d'une identité propre qu'on ne fait hélas qu'entrevoir. 

Les interprètes font de leur mieux et il faut leur reconnaître un certain talent. Louise Bourgoin, fraîchement échappée de son rôle de miss météo de Canal+, endosse parfaitement celui d'Audrey, ajoutant à sa remarquable plastique un charme  vénéneux. Melvil Poupaud et Grégoire Leprince-Ringuet s'acquittent eux aussi de leur tâche avec talent.

Mais, comme je le disais plus haut, il est regrettable que ces interprètes soient au service d'une histoire relativement plate, où l'on attend souvent qu'il se passe quelque chose, que survienne un évènement capable de pimenter l'intrigue. Faute de cela, il faut se contenter de l'esthétique du film. C'est peu, vous en conviendrez.

Encore une fois, et il faut croire que c'est symptomatique du cinéma français, malgré une idée de base intéressante, c'est la déception qui est au rendez-vous.


4 commentaires:

  1. Bon, bah, je note ça sur les tablettes...

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    1. Je crois qu'il est très dispensable, ce film... à ne voir que si tu as deux heures devant toi et rien d'autre à visionner.
      Merci de ton passage.

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  2. Oui je voulais le voir a l'époque, mais je n'ai jamais pris le temps, j'ai bien fait apparemment

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    1. Tu n'as rien raté, sur ce coup là. Merci d'être passé !

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