Signe des temps ou opportunisme ? Les films traitant de la fin du monde se multiplient, en même temps que se posent les questions (légitimes) de la survie des espèces et de l'état (navrant) de notre pauvre planète. Netflix, jamais en retard quand il s'agit d'exploiter un filon juteux, a récemment mis en ligne "IO", réalisé par le français Jonathan Helpert. Ce film aura sans doute échappé à pas mal de spectateurs potentiels. Penchons-nous un instant sur ce qu'il nous proposait.

Le pitch du film fait penser à celui des "Survivants", récemment chroniqué dans ces colonnes. Cependant, c'est un tout autre traitement auquel il a le droit. Se concentrant sur ses deux protagonistes principaux et limitant sa part d'effets spéciaux, "IO" cherche à enraciner son intrigue dans un réalisme scientifique et à poser des questions sur le devenir de l'humanité. Pourquoi pas ? Le cinéma (mais Netflix produit-il du cinéma ?) fait partie de ces médias qui peuvent interroger le spectateur en plus de le distraire.
Le problème de "IO", c'est qu'il n'exploite jamais judicieusement le matériau dont il dispose. Évoquant un instant la survie des derniers habitants de la Terre, le scénario se dirige ensuite vers le sauvetage perdu d'avance de l'atmosphère et de la vie sauvage, avant de s'embarquer dans un pseudo-débat sur les choix s'offrant (ou pas, d'ailleurs) à l'héroïne et son compagnon d'infortune. Cela donne à l'ensemble du film un ton artificiel, parfois prétentieux, mais ne le fait jamais quitter le plancher des vaches (encore qu'il ne doive pas en rester beaucoup, des vaches).

Désespérément plat, alors qu'il convoque les étoiles, "IO" ne décolle jamais. On pourrait incriminer un manque d'ambition ou de budget, mais c'est aussi la faute à un scénario qui cloue ses personnages au sol et ne leur permet jamais de s'élever.
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