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lundi 22 février 2021

Tout schuss (2016)

Pour tout vous dire, en regardant l'affiche de "Tout schuss", je me suis demandé si l'équipe derrière "A fond" ne remettait pas le couvert : des titres proches, le même acteur principal et la volonté affichée d'un rire franc. En réalité, derrière "Tout schuss", on retrouve deux réalisateurs : François Prévôt-Leygonie et Stephan Archinard, déjà repérés pour le peu convaincant "Amitiés sincères". En ces temps moroses où tout éclat de rire, voire le moindre sourire, est bon à prendre, pourquoi ne pas donner sa chance à ce duo ?

Romancier à succès et père défaillant, Max Salinger fait peu de cas de sa fille et, lorsque celle-ci doit suivre sa mère loin de Paris (à Vierzon, autant dire le bout du monde), refuse de l'héberger. Quand il découvre que sa fille est partie en vacances de neige en emportant la clé USB sur laquelle est stocké son dernier roman. Max s'improvise donc accompagnateur lors de ce séjour au ski, mais il est loin d'avoir les compétences requises. 

Au pitch énoncé ci-dessus, on devine sans mal le chemin que va prendre "Tout schuss" : la relation père-fille, totalement délabrée, doit être rétablie, fût-ce au prix de situations improbables et souvent comiques. Le problème avec "Tout schuss", c'est que les gags en question sont rarement efficaces et qu'ils volent souvent bas, très bas et se permettent des outrances qui ne font plus rire grand-monde (je suis prêt à parier que certains spectateurs auraient pu crier à la grossophobie, par exemple). En toute honnêteté, je crois que les moments les plus drôles du film sont tous dans la bande-annonce. Ce n'est hélas pas la première fois (ni sans doute la dernière) que ce symptôme frappe un film (souvent comique). 

Un acteur en roue libre, aussi créatif soit-il, ça ne remplacera jamais un scénario consistant, même pour une comédie. Dans le cas présent, le verdict est sans appel : les gesticulations de José Garcia ne suffisent pas à faire rire. Et, en voulant aller tout schuss, le film oublie en chemin d'avoir un scénario digne de ce nom, qui pourrait faire office d'ossature à l'ouvrage. Le registre de la comédie n'autorise pas de produire simplement des séquences vaguement reliées entre elles. Il demande aussi une histoire avec un minimum de solidité et des personnages auxquels on peut s'attacher, ne serait-ce qu'un peu. Dans le cas de "Tout schuss", aucun de ces composants vitaux n'est présent. 

Une fois visionné, "Tout schuss", malgré la présence de José Garcia, laisse un goût désagréable à son spectateur : pas drôle, souvent gênant, cette comédie qui semble en vouloir à ses personnages et joue à les maltraiter sans raison, dans le seul but de produire des gags qui tombent à plat, est à oublier, si possible. 





vendredi 3 octobre 2014

Hôtel Normandy (2013)


Ce n'est pas la première fois qu'une comédie romantique, hexagonale ou venue d'outre-Atlantique, fait l'objet d'un billet dans ces colonnes. Je ne vous ferai pas l'injure de récapituler une fois de plus les composantes classiques et indispensables à tel exercice de style. Toujours est-il que le film "Hôtel Normandy", parce que j'en avais lu du bien dans un blog ami et aussi parce que son action me "parlait", régionalement parlant, a attiré mon attention. Malgré le peu de succès qui fut le sien lors de sa sortie, qui sait ? Peut-être que ce film serait celui qui me réconcilierait avec les productions hexagonales. 

La belle Alice, dynamique et passionnée d'art, est malheureusement veuve depuis plusieurs années. Ses deux meilleures amies et collègues, Pénélope et Isabelle, décident de lui offrir, pour son anniversaire, un séjour à Deauville, durant la biennale d'art contemporain. Alice est bien évidemment ravie. Ce qu'elle ignore, c'est que ses deux copines ont engagé pour l'occasion un homme qui devra séduire la jeune femme...et ainsi la convaincre qu'elle a le droit à une nouvelle chance.

N'importe qui aura décelé dans le pitch les ingrédients incontournables de la comédie romantique, genre où l'élément de surprise est en général aussi rare qu'un livre chez Ribéry. Cela dit, il est parfois rassurant et confortable de s'installer confortablement devant une bonne vieille romcom. Par contre, quand le cinéma français se frotte au genre, il est rare qu'on sorte ravi de la projection.

Charles Némès, le réalisateur, est hélas déjà connu de nos services, puisqu'il a réalisé "Le séminaire" de sinistre mémoire, ainsi que le mémorable "La tour Montparnasse infernale". Aucun de ses longs métrages n'a, il faut bien l'avouer, marqué l'histoire du septième Art. Et ce n'est pas "Hôtel Normandy" qui changera la donne, il faut être clair.

La faute à qui, à quoi ? Les coupables sont nombreux, à commencer par un scénario tenant plus du bricolage que d'une véritable histoire bien construite. A force de jouer sur les clichés tirés du vaudeville, "Hôel Normandy" donne vite l'impression, jamais démentie, de tenir à peine debout. Ce n'est pas la réalisation, somme toute banale, qui bouleversera le spectateur.


Enfin, du côté de l'interprétation, nul miracle à l'horizon, hélas. Héléna Noguerra est bien mignonne, mais ne joue pas très bien, tandis que ses deux partenaires masculins ne sont guère convaincants. Eric Elmosnino s'en sort mieux qu'Ary Abittan, visiblement condamné à jouer la caricature. On notera, dans les rôles des bonnes copines de l'héroïne, la présence des étonnantes Anne Girouard (à mille lieues de son personnage de Guenièvre dans "Kaamelott") en nymphomane et de Frédérique Bel (l'animatrice de "La minute blonde"). Toutes deux réalisent sans doute la meilleure performance du film...

Souvent, par bienveillance, j'incite les lecteurs de ce blog à donner une nouvelle chance à tel ou tel film. Dans le cas du présent long métrage, l'envie me manque. Ce n'est certainement pas avec "Hôtel Normandy" que je me réconcilierai avec la comédie romantique française, qui n'a décidément pas les moyens de faire de l'ombre à ses rivales anglo-saxonnes.