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vendredi 3 octobre 2014

Hôtel Normandy (2013)


Ce n'est pas la première fois qu'une comédie romantique, hexagonale ou venue d'outre-Atlantique, fait l'objet d'un billet dans ces colonnes. Je ne vous ferai pas l'injure de récapituler une fois de plus les composantes classiques et indispensables à tel exercice de style. Toujours est-il que le film "Hôtel Normandy", parce que j'en avais lu du bien dans un blog ami et aussi parce que son action me "parlait", régionalement parlant, a attiré mon attention. Malgré le peu de succès qui fut le sien lors de sa sortie, qui sait ? Peut-être que ce film serait celui qui me réconcilierait avec les productions hexagonales. 

La belle Alice, dynamique et passionnée d'art, est malheureusement veuve depuis plusieurs années. Ses deux meilleures amies et collègues, Pénélope et Isabelle, décident de lui offrir, pour son anniversaire, un séjour à Deauville, durant la biennale d'art contemporain. Alice est bien évidemment ravie. Ce qu'elle ignore, c'est que ses deux copines ont engagé pour l'occasion un homme qui devra séduire la jeune femme...et ainsi la convaincre qu'elle a le droit à une nouvelle chance.

N'importe qui aura décelé dans le pitch les ingrédients incontournables de la comédie romantique, genre où l'élément de surprise est en général aussi rare qu'un livre chez Ribéry. Cela dit, il est parfois rassurant et confortable de s'installer confortablement devant une bonne vieille romcom. Par contre, quand le cinéma français se frotte au genre, il est rare qu'on sorte ravi de la projection.

Charles Némès, le réalisateur, est hélas déjà connu de nos services, puisqu'il a réalisé "Le séminaire" de sinistre mémoire, ainsi que le mémorable "La tour Montparnasse infernale". Aucun de ses longs métrages n'a, il faut bien l'avouer, marqué l'histoire du septième Art. Et ce n'est pas "Hôtel Normandy" qui changera la donne, il faut être clair.

La faute à qui, à quoi ? Les coupables sont nombreux, à commencer par un scénario tenant plus du bricolage que d'une véritable histoire bien construite. A force de jouer sur les clichés tirés du vaudeville, "Hôel Normandy" donne vite l'impression, jamais démentie, de tenir à peine debout. Ce n'est pas la réalisation, somme toute banale, qui bouleversera le spectateur.


Enfin, du côté de l'interprétation, nul miracle à l'horizon, hélas. Héléna Noguerra est bien mignonne, mais ne joue pas très bien, tandis que ses deux partenaires masculins ne sont guère convaincants. Eric Elmosnino s'en sort mieux qu'Ary Abittan, visiblement condamné à jouer la caricature. On notera, dans les rôles des bonnes copines de l'héroïne, la présence des étonnantes Anne Girouard (à mille lieues de son personnage de Guenièvre dans "Kaamelott") en nymphomane et de Frédérique Bel (l'animatrice de "La minute blonde"). Toutes deux réalisent sans doute la meilleure performance du film...

Souvent, par bienveillance, j'incite les lecteurs de ce blog à donner une nouvelle chance à tel ou tel film. Dans le cas du présent long métrage, l'envie me manque. Ce n'est certainement pas avec "Hôtel Normandy" que je me réconcilierai avec la comédie romantique française, qui n'a décidément pas les moyens de faire de l'ombre à ses rivales anglo-saxonnes. 





mercredi 15 août 2012

Le séminaire (2009)



En 2001 débarquait sur nos petits écrans (et, pour être précis, sur la chaîne M6) une sorte d'OVNI télévisuel, au format court (7 minutes par épisode quotidien) : "Caméra café". Cette micro-série, en peu de temps, cassa la baraque, notamment auprès des amateurs d'humour et de dialogues percutants. Aux manettes se trouvaient le talentueux duo Bruno Solo/Yvan Le Bolloc'h. 
Très vite, "Caméra café" s'impose comme un succès, tant et si bien que la série restera au programme pendant cinq saisons, avant d'être remplacée, sur le même créneau (20h30) par la non moins redoutable "Kaamelott", puis "Scènes de ménage". Un genre était donc né et le public se familiarisa vite avec Hervé Dumont, Jean-Claude Convenant, Maeva, personnages caricaturaux, certes, mais dans lesquels tous pouvaient projeter une part de leur vécu.

Dans la foulée de leur succès, les deux compères tentèrent l'aventure du grand écran, une première fois en 2005, avec "Espace détente", réalisé par Charles Némès. Si l'on avait, dans cette adaptation de la série, l'occasion de retrouver....force est d'avouer que la comédie perdait à passer au format "long". Moins percutante, plus délayée, la version longue de "Caméra café", si elle réservait quelques bons moments, était souvent ennuyeuse, et donc à mille lieues de la série originale (qui était loin d'engendrer la mélancolie).
 
Le premier film, sans être un triomphe, réussit tout de même à trouver son public... Quelques années, plus tard, Solo et Le Bolloc'h décidèrent de renouveler l'expérience et concoctèrent "Le séminaire", réalisé une nouvelle fois par Charles Némès. De l'eau avait coulé sous les ponts, les temps avaient changé. Cette fois, les employés de la compagnie Geugène partent tous en séminaire de remotivation, à Paris.
Alors, signe des temps ? Fin d'une époque ?

Toujours est-il que la machine à café ne fonctionne plus et qu'on assiste à une comédie laborieuse, voire poussive d'où émergent à peine quelques gags. Nombreux sont les symptômes, mais le diagnostic est clair : ce "Séminaire" est un échec, tout simplement. 
D'aucuns pourraient se demander pourquoi, par exemple, le personnage de Sylvain a disparu du scénario, ayant été malencontreusement tué...En réalité, Bruno Solo s'étant brouillé avec Alexandre Pesle, son interprète, a décidé purement et simplement de tuer son personnage. Au dernières nouvelles, tous deux ne se sont pas rabibochés. Ce  genre de querelle en dit long. 

On pourrait aussi s'interroger sur l'intérêt d'insister lourdement sur les travers des personnages, au lieu de consacrer du temps à donner une véritable ossature, c'est-à-dire une histoire solide. A ce titre, "Le séminaire" est exemplaire, puisque son scénario n'est finalement qu'un accessoire au service de personnages devenus caricaturaux et, de fait, sans aucune crédibilité. En inversant ce curieux rapport de forces, nul doute que la recette eût donné un film plus équilibré et donc moins raté. 

Servi par une réalisation minimale, le casting fait ce qu'il peut pour aller jusqu'au bout du voyage, sans donner l'impression de croire en son histoire (fût-ce une comédie burlesque). L'ennui étant communicatif, le spectateur est maintes fois tenté de déserter devant ce qui s'avère être une comédie pas drôle (un comble !). J'avoue avoir craqué avant la fin, en toute honnêteté.

"Le séminaire" est donc un constat amer (comme le café) du naufrage d'une bonne idée de base, exploitée malgré elle sur un support qui ne lui convient pas. Alors que "Kaamelott" devrait, prochainement subir le même traitement, on est en droit de craindre le pire, soit dit en pasant.

Donc, pour résumer, si vous avez l'occasion de ne pas voir "Le séminaire", faites-le.