Le regretté Artus de Penguern, disparu prématurément il y a quelques mois, a laissé dans les mémoires le souvenir d'un acteur discret, souvent abonné aux seconds rôles. Il était de ceux dont le visage était connu des spectateurs sans que ceux-ci n'y associent forcément son nom. Bien peu nombreux sont ceux qui connaissent également les films qu'il réalisa : ses deux longs métrages ne rencontrèrent pas, loin de là, le succès qu'ils auraient mérité. J'ai déjà évoqué en ces colonnes le sort funeste de "Grégoire Moulin contre l'humanité", jolie comédie gentiment barrée, voici aujourd'hui le tour du second opus d'Artus de Penguern : "La clinique de l'amour !".
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Alors que leur père, le fondateur de la clinique Marchal est à l'agonie, ses deux fils se voient obligés de prendre les rênes de l'établissement. Si John est un chirurgien consciencieux, son frère Michael, séducteur invétéré, ne rêve que de vendre la clinique au plus offrant. Manipulé par la troublante Samantha Bitch, Michael va donc tenter de ruiner les efforts que fait John pour que l'établissement échappe à la faillite.
A en croire la promotion faite lors de la sortie du film, "La clinique de l'amour !" est aux feuilletons hospitaliers ce que "Y a-t-il un pilote dans l'avion ?" est aux films consacrés aux catastrophes aériennes. Il ne faut tout de même pas exagérer. Nous ne sommes pas ici dans le cadre d'une parodie jouant la carte du pastiche à fond la caisse, mais d'une gentille caricature, parce qu'au fond, Artus de Penguern aimait ses personnages, au moins autant qu'il aimait ses acteurs. Certes il y a quelques "méchants" dans cette intrigue, mais ceux-là n'ont rien de bien inquiétant.
La bande-annonce est, elle aussi, assez trompeuse, puisqu'elle met l'accent sur les gags les plus visuels du film et ne saurait rendre compte de son esprit bon enfant et burlesque. Porté par des comédiens visiblement heureux d'être là, "La clinique de l'amour !" est le décor de gags souvent inattendus, mis en scène avec talent par Artus de Penguern. Ce dernier, visiblement très attaché à ses personnages et à leurs interprètes, réussit à mettre chacun en valeur. On appréciera les prestations des trop rares Bruno Salomone, Héléna Noguerra, Michel Aumont, Ged Marlon, Dominique Lavanant, Natacha Lidinger (et j'en oublie), dont le plaisir d'être là est communicatif.
Alors, certes, "La clinique de l'amour !" est une petite comédie qui n'a d'autre prétention que de détendre les zygomatiques de ses spectateurs. Mais ce film réussit parfaitement sa mission : faire passer un bon moment à ceux qui le visionnent.
Comédie gentille, jamais vulgaire ni méchante, "La clinique de l'humanité" s'avère une bulle d'oxygène nécessaire à tous ceux que les comédies actuelles, qu'elles soient cyniques ou lourdingues, ne satisfont plus. Cette bouffée d'air frais et léger peut s’avérer salutaire pour bien des spectateurs. Dommage qu'ils ne se soient pas déplacés lors de la sortie de ce film.
