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dimanche 19 mars 2017

Paris Manhattan (2012)


Je dois être accro au cinéma français. Ca n'est pas possible autrement. Sinon, comment expliquer qu'après tant de désillusions (vous n'avez qu'à parcourir les colonnes de ce blog pour avoir une idée du compte) je continue à retourner vers lui ? Dans ce qu'on appellera un moment de faiblesse, j'ai visionné "Paris Manhattan", premier (et à ce jour, unique) film de Sophie Lellouche, comédie romantique revendiquée qui, malgré un duo de charme à l'affiche (Alice Taglioni et Patrick Bruel) ne séduisit que peu de spectateurs.

Alice est belle, sa carrière est une réussite, mais elle est toujours célibataire, ce qui navre sa famille. Cette jeune pharmacienne, admiratrice de l'oeuvre de Woody Allen, se trouve très bien dans sa petite vie bien organisée et pense n'avoir pas besoin d'un homme dans sa vie. Mais, un jour, à l'instigation de son père, elle croise le chemin de Victor, venu installer une alarme dans sa pharmacie.


Sophie Lellouche semble, pour son premier film, avoir voulu remplir consciencieusement le cahier des charges de la romcom. Les deux protagonistes principaux évoluent dans un milieu confortable, ont une certaine culture, ont des lieux de vie plutôt classieux, et sont suffisamment différents pour que l'alchimie fonctionne. Sur tous les points, check, donc. Mais ce n'est pas pour autant qu'un peu d'inattendu et de grâce ne sont pas les bienvenus. C'est là qu'est l'os, comme disait l'autre.

Dans le cas de "Paris Manhattan", la surprise est aux abonnés absents, hélas. Le scénario déroule son lot de convenances, quitte à se répéter régulièrement pour remplir les passages à vide. L'élégance qu'affichent ses personnages passe vite pour de la superficialité, tant ils manquent d'épaisseur et de personnalité, à l'image d'un film finalement dénué de passion et d'âme.

Remplir toutes les cases de la checklist ne suffit pas. Il faut aussi un scénario qui tienne debout, des dialogues où la répartie fait mouche et des interprètes au diapason. Dans le cas de "Paris Manhattan", si les acteurs font de leur mieux pour donner vie à leurs personnages (encore que c'est surtout du côté des seconds rôles, Michel Aumont en tête, que vient la réussite), c'est surtout l'apparition du grand Woody Allen à la toute fin de "Paris Manhattan" qui en est l'attraction principale. 

Au final, on a l'impression que Sophie Lellouche peine à faire un film d'une idée de base qui aurait gagné à être enrichie. N'étant sans doute pas passée très loin d'un honnête long métrage, elle livre un premier film sans grand intérêt, hormis celui de voir ses personnages évoluer dans des décors dignes du genre, et de croiser Woody Allen.
C'est peu, mais c'est déjà ça. 

Ce film a été vu dans le cadre du Movie Challenge 2017, catégorie "Premier film".


samedi 17 août 2013

La clinique de l'amour ! (2012)




Le regretté Artus de Penguern, disparu prématurément il y a quelques mois, a laissé dans les mémoires le souvenir d'un acteur discret, souvent abonné aux seconds rôles. Il était de ceux dont le visage était connu des spectateurs sans que ceux-ci n'y associent forcément son nom. Bien peu nombreux sont ceux qui connaissent également les films qu'il réalisa : ses deux longs métrages ne rencontrèrent pas, loin de là, le succès qu'ils auraient mérité. J'ai déjà évoqué en ces colonnes le sort funeste de "Grégoire Moulin contre l'humanité", jolie comédie gentiment barrée, voici aujourd'hui le tour du second opus d'Artus de Penguern : "La clinique de l'amour !".


Alors que leur père, le fondateur de la clinique Marchal est à l'agonie, ses deux fils se voient obligés de prendre les rênes de l'établissement. Si John est un chirurgien consciencieux, son frère Michael, séducteur invétéré, ne rêve que de vendre la clinique au plus offrant. Manipulé par la troublante Samantha Bitch, Michael va donc tenter de ruiner les efforts que fait John pour que l'établissement échappe à la faillite. 

A en croire la promotion faite lors de la sortie du film, "La clinique de l'amour !" est aux feuilletons hospitaliers ce que "Y a-t-il un pilote dans l'avion ?" est aux films consacrés aux catastrophes aériennes. Il ne faut tout de même pas exagérer. Nous ne sommes pas ici dans le cadre d'une parodie jouant la carte du pastiche à fond la caisse, mais d'une gentille caricature, parce qu'au fond, Artus de Penguern aimait ses personnages, au moins autant qu'il aimait ses acteurs. Certes il y a quelques "méchants"  dans cette intrigue, mais ceux-là n'ont rien de bien inquiétant. 

La bande-annonce est, elle aussi, assez trompeuse, puisqu'elle met l'accent sur les gags les plus visuels du film et ne saurait rendre compte de son esprit bon enfant et burlesque. Porté par des comédiens visiblement heureux d'être là, "La clinique de l'amour !" est le décor de gags souvent inattendus, mis en scène avec talent par Artus de Penguern. Ce dernier, visiblement très attaché à ses personnages et à leurs interprètes, réussit à mettre chacun en valeur. On appréciera les prestations des trop rares Bruno Salomone, Héléna Noguerra, Michel Aumont, Ged Marlon, Dominique Lavanant, Natacha Lidinger (et j'en oublie), dont le plaisir d'être là est communicatif.

Alors, certes, "La clinique de l'amour !" est une petite comédie qui n'a d'autre prétention que de détendre les zygomatiques de ses spectateurs. Mais ce film réussit parfaitement sa mission : faire passer un bon moment à ceux qui le visionnent. 

Comédie gentille, jamais vulgaire ni méchante, "La clinique de l'humanité" s'avère une bulle d'oxygène nécessaire à tous ceux que les comédies actuelles, qu'elles soient cyniques ou lourdingues, ne satisfont plus. Cette bouffée d'air frais et léger peut s’avérer salutaire pour bien des spectateurs. Dommage qu'ils ne se soient pas déplacés lors de la sortie de ce film.