Après son premier film, le très barré "Serial lover", James Huth eut droit à son premier succès public en mettant en scène "Brice de Nice", qui propulsa Jean Dujardin sur le devant de la scène cinématographique. Son projet d'adapter au grand écran les aventures de Blake et Mortimer n'ayant pu aboutir, il réalisa ensuite "Hellphone", où un téléphone portable malicieux, tel un mauvais génie, vient bouleverser la vie d'un adolescent et de ceux qui l'entourent (1).
Au succès de "Brice de Nice", succéda l'échec de "Hellphone" qui, je vous rassure (ou pas), fut suivi par le bon accueil public de "Lucky Luke".
Sid, dix-sept ans, est un jeune comme de nombreux autres. Fan d'AC/DC et de skate-bopard, il rêve de sortir avec Angie, la petite amie de Virgile, le tombeur du lycée. Quand Sid entre en possession d'un étrange téléphone baptisé Hellphone, ses voeux les plus fous vont se réaliser. Naturellement, s'il va d'abord utiliser ce nouveau don pour son bien-être, les difficultés vont bientôt se multiplier, comme chaque fois que qu'un grand pouvoir est offert à quelqu'un.
Bourré de clins d’œil et de gags parfois à la limite de la stupidité (et revendiqués comme tels), "Hellphone" est surtout remarquable par sa mise en scène déjantée, multipliant les effets visuels souvent étourdissants. Esthétiquement parlant, le film fait également forte impression, tant les décors et les accessoires lui donnent une identité propre.
Hélas à ce stade, c'en est fini des points positifs à mettre au crédit de ce film. Parce que, si l'on se penche sur le scénario, il n'y a rien de bien nouveau à l'horizon et les scènes franchement drôles une fois expédiées, on se retrouve vite avec une accumulation de séquences foutraques qui laissent une impression de confusion, voire de brouillon.
Le pire défaut de ce film est cependant à mettre au débit de son jeune casting. On pourra s'en prendre au manque d'expérience des comédiens en herbe ou, au choix, à une direction d'acteurs défaillante, mais le fait est que les jeunes interprètes font preuve d'un jeu médiocre, aggravé par une diction qui leur donnerait droit à une visite chez l'orthophoniste. Jean-Baptiste Maunier (échappé des "Choristes") et Jennifer Decker en tête, les acteurs, visiblement en roue libre, semblent bien s'amuser, mais oublient souvent les rôles qu'ils sont sensés incarner.
Doté d'une mise en scène particulièrement inventive, au point parfois de paraître tarabiscotée, ainsi que d'une esthétique hors du commun, "Hellphone" pêche, hélas, au niveau de son scénario et de l'interprétation pas toujours heureuse de sa jeune distribution. La comédie barrée promise par ses premières scènes n'est pas au rendez-vous, il faut bien le reconnapitre.
(1) : Bien entendu, toute allusion à l'addiction téléphonique de nos semblables est fortuite...ou pas.

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