Affichage des articles dont le libellé est Jennifer Decker. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Jennifer Decker. Afficher tous les articles

samedi 22 juillet 2017

Erreur de la banque en votre faveur (2008)



Si, lorsqu'il s'agit de scénariser un film, le travail en équipe est fréquent, les réalisateurs œuvrant de pair ne sont pas si nombreux. Il en existe pourtant qui ne conçoivent la mise en scène que si elle est partagé. On songe évidemment aux frères Coen ou Dardenne. A un autre bout du spectre cinématographique, Gérard Bitton et Michel Munz ne sont sans doute connu que dans l'hexagone, pour avoir scénarisé la saga "La vérité si je mens !" et avoir coréalisé "Ah ! Si j'étais riche", leur plus grand succès. Traitant également des effets pervers de l'argent, "Erreur de la banque en votre faveur" n'a guère marqué les mémoires. Cette comédie vaut-elle d'être repêchée ?

Après des années passées à servir les riches dirigeants de la banque Bertin-Schwartz, en tant que majordome, Julien Foucault est remercié, comme on dit.
Qu'à cela ne tienne, il va pouvoir réaliser son rêve : ouvrir un restaurant, avec son meilleur ami Etienne, qui gâche son talent dans une pizzeria. Seulement, malgré ses années de service, la banque lui refuse le prêt qui permettrait de réaliser ce rêve. Julien décide alors d'utiliser ce qu'il a entendu, en servant ses employeurs, afin de s'enrichir en bourse.

Avec "Erreur de la banque en votre faveur" (le titre est mensonger, soit dit en passant, puisqu'il n'y a nulle erreur de banque dans ce film), nous revoilà en territoire connu : celui de la comédie française. Le ressort principal est connu, puisqu'il alimenta maints longs métrages : la différence de statut entre les deux partis qui s'affrontent (on n'ira pas jusqu'à parler de lutte des classes). Portant haut les valeurs de solidarité populaire contre le cynisme des élites, Bitton et Munz revendiquent visiblement le parti de la France d'en bas, mais avec les moyens de celle d'en-haut. On a vu plus cohérent.

On pourra grincer des dents sur l'interprétation, pas toujours heureuse, de Gérard Lanvin, qui ne semble pas toujours convaincu, et se consoler avec celle de son complice Jean-Pierre Darroussin (ils s'étaient déjà donné la réplique dans "Mes meilleurs copains"). Fidèle aux deux réalisateurs, puisqu'il était au casting de leurs précédents films, Darroussin est sans doute le plus convaincant de toute la distribution (même si j'avoue depuis toujours un faible pour ce grand acteur français). Au second plan, on appréciera (ou pas, c'est selon) les prestations de Jennifer Decker, Laurent Gamelon, Barbara Schulz, Martin Lamotte et Philippe Magnan.

Tous les interprètes font le job, comme on dit, mais force est de reconnaître les faiblesses du scénario, à la fois prévisible et plutôt paresseux, qui se contente de dérouler son histoire et remplit les trous dans la raquette sans souci de cimenter un peu plus un édifice pas très solide. 

Mais ce qui me heurte le plus reste finalement la morale qui transpire de ce film, pas si éloignée de celle de "Ah si j'étais riche" du même duo de réalisateurs : l'argent est la solution à tous les problèmes, ou presque, et le reste n'est qu'en second plan. Ou alors, je n'ai rien compris et suis passé à côté d'une fable cynique.

Si vous souhaitez vous faire votre propre opinion, libre à vous de vérifier si "Erreur de la banque en votre faveur" mérite le détour. J'ai bien peur que ce ne soit pas le cas.




samedi 12 avril 2014

Hellphone (2007)



Après son premier film, le très barré "Serial lover", James Huth eut droit à son premier succès public en mettant en scène "Brice de Nice", qui propulsa Jean Dujardin sur le devant de la scène cinématographique. Son projet d'adapter au grand écran les aventures de Blake et Mortimer n'ayant pu aboutir, il réalisa ensuite "Hellphone", où un téléphone portable malicieux, tel un mauvais génie, vient bouleverser la vie d'un adolescent et de ceux qui l'entourent (1)
Au succès de "Brice de Nice", succéda l'échec de "Hellphone" qui, je vous rassure (ou pas), fut suivi par le bon accueil public de "Lucky Luke". 
Sid, dix-sept ans, est un jeune comme de nombreux autres. Fan d'AC/DC et de skate-bopard, il rêve de sortir avec Angie, la petite amie de Virgile, le tombeur du lycée. Quand Sid entre en possession d'un étrange téléphone baptisé Hellphone, ses voeux les plus fous vont se réaliser. Naturellement, s'il va d'abord utiliser ce nouveau don pour son bien-être, les difficultés vont bientôt se multiplier, comme chaque fois que qu'un grand pouvoir est offert à quelqu'un. 


Bourré de clins d’œil et de gags parfois à la limite de la stupidité (et revendiqués comme tels), "Hellphone" est surtout remarquable par sa mise en scène déjantée, multipliant les effets visuels souvent étourdissants. Esthétiquement parlant, le film fait également forte impression, tant les décors et les accessoires lui donnent une identité propre. 
Hélas à ce stade, c'en est fini des points positifs à mettre au crédit de ce film. Parce que, si l'on se penche sur le scénario, il n'y a rien de bien nouveau à l'horizon et les scènes franchement drôles une fois expédiées, on se retrouve vite avec une accumulation de séquences foutraques qui laissent une impression de confusion, voire de brouillon. 

Le pire défaut de ce film est cependant à mettre au débit de son jeune casting. On pourra s'en prendre au manque d'expérience des comédiens en herbe ou, au choix, à une direction d'acteurs défaillante, mais le fait est que les jeunes interprètes font preuve d'un jeu médiocre, aggravé par une diction qui leur donnerait droit à une visite chez l'orthophoniste. Jean-Baptiste Maunier (échappé des "Choristes") et Jennifer Decker en tête, les acteurs, visiblement en roue libre, semblent bien s'amuser, mais oublient souvent les rôles qu'ils sont sensés incarner.

Doté d'une mise en scène particulièrement inventive, au point parfois de paraître tarabiscotée, ainsi que d'une esthétique hors du commun, "Hellphone" pêche, hélas, au niveau de son scénario et de l'interprétation pas toujours heureuse de sa jeune distribution. La comédie barrée promise par ses premières scènes n'est pas au rendez-vous, il faut bien le reconnapitre. 





(1) : Bien entendu, toute allusion à l'addiction téléphonique de nos semblables est fortuite...ou pas.

jeudi 28 juin 2012

Flyboys (2006)

Comme promis, les articles de "Deuxième Séance" (ancienne version) sont rapatriés sur ce blog. De nouveaux viendront bientôt.
Merci de votre attention.




Sur un créneau pourtant assez peu exploité (à savoir le film de guerre, et plus exactement d'aviation, utilisant le cadre de la Première Guerre Mondiale), « Flyboys » n'a pas connu le succès que ses producteurs attendaient. Et si on lui donnait une seconde chance, DVD à l'appui ?
N'écoutant que mon courage et mon abnégation, c'est ce que j'ai décidé de faire.


Réalisé par Tony Bill, réalisateur ayant jusque là essentiellement œuvré pour le petit écran, et produit par Dean Devlin, le comparse habituel de Roland Emmerich, à qui l'on doit le catastrophique « Independance Day » (vous savez, le film où les extra-terrestres attaquent la Terre le jour de la fête nationale américaine et prennent un grosse déculottée parce qu'ils ont choisi le mauvais jour), ce film, produit en 2006, n'a pas eu l'honneur d'une sortie sur les écrans de l'hexagone. Pour être précis, il n'eut pas l'heur de franchir les barrières du marché du film de Cannes. Et, en dehors de considération purement hexagonales, ce long métrage fut un vrai bide commercial, puisqu'ayant coûté 60 millions de dollars, il ne rapporta, au final, qu'un quart de la mise de départ. Il est des traders qui furent mis à la porte pour moins que cela.


Alors, y a-t-il de vraies raisons à ce sort peu enviable ? Ou n'est-ce finalement que justice ?
Après visionnage du film, j'avoue être resté mitigé. Si vous comptiez obtenir un avis tranché grâce à ce billet, vous voilà donc bien avancés.

Sur le papier, ce film disposait de certains atouts qui auraient mérité d'être mieux exploités.
Tout d'abord, il aborde un thème assez peu transposé à l'écran : la Grande Guerre, vue du ciel, qui plus est sous l'angle de vue des volontaires américains de l'escadrille Lafayette. A priori, il y avait de quoi marier aventure et réalisme, grande et petite histoire. Il faut croire que, sur ce coup là, la mayonnaise n'a pas pris. 
Une bonne histoire n'est rien sans un beau casting. Les producteurs avaient misé surs deux têtes d'affiche connues du grand public : James Franco (le vrai-faux copain de Peter « Spiderman » Parker dans la trilogie de Sam Raimi) et Jean Reno, ami de notre Président bien-aimé, qui accumule les rôles, sans toujours grand bonheur. Le choix ne s'est finalement pas avéré très heureux. James Franco, qui porte une bonne partie du film sur ses épaules, semble avoir parié qu'il serait l'acteur le moins expressif du monde (tentant à l'occasion de détrôner Keanu Reeves).

Quant à Jean Reno, il assure mollement le minimum syndical, peu aidé par un rôle truffé de clichés sur ces sacrés « frenchies » : il ne lui manque qu'un béret et une baguette.


Le reste du casting, assuré par d'illustres inconnus, fait de son mieux pour sauver le navire, mais les personnages accumulent les poncifs et les clichés : le noir bien décidé à prouver sa valeur sur la terre des Droits de l'Homme, le nobliau souhaitant démontrer que ce n'est pas la particule qui fait l'homme, le calotin qui donne la caution morale à tout cela, etc.


Je sais (et les hypothétiques lecteurs de ce blog ne manqueront pas de l'objecter) que ce film est « inspiré » de l'histoire vraie de l'escadrille Lafayette, mais il ne relate pas forcément pour autant l'exacte vérité historique. Examinant cette valeureuse troupe au travers du filtre cinématographique, les scénaristes ont oublié la crédibilité en chemin...
A mon sens, l'ultime argument « Inspiré d'une histoire vraie », c'est-à-dire celle de l'escadrille Lafayette, dont l'histoire a déjà donné lieu à un long métrage en 1958 (« Lafayette Escadrille », réalisé par William Wellman) ne suffit pas à rendre l'histoire réaliste. Pour peu qu'on se documente sur la dite escadrille, il est aisé de se rendre compte que les actes (fussent-ils héroiques) de ces chevaliers du ciel avant l'heure ont subi un sacré lifting avant passage à l'écran


La pire scène du film est sans doute celle où le héros se pose (tranquillement) en plein no man's land, à portée de feu des balles allemandes, pour sauver l'un de ses camarades, resté coincé sous l'épave de son Nieuport. Après que deux poilus français, galvanisés par le comportement héroïque du pilote yankee, soient venus prendre chacun une balle dans la peau (ah, le sort cruel du figurant !), notre héros finit par réaliser qu'il n'arrivera pas à soulever un avion seul et se résout, pour libérer son frère d'armes, à lui trancher le bras (avec une pelle, s'il vous plaît). Tous deux finiront par se tirer de là, je vous rassure.
Néanmoins, cette scène est assez symptomatique du film dans son ensemble. Le peu de crédibilité que lui donne le réalisateur (et les scénaristes, aussi, n'allez pas croire que je les oublie) la rend ridicule.

Pour faire passer la pilule, ou plus probablement, ne pas résumer le film à une succession de batailles aériennes (fussent-elles bien filmées), les scénaristes ont cru bon d'incorporer une histoire d'amour entre le héros et une pauvre française, Lucienne, jouée par Jennifer Decker (que les plus perspicaces auront déjà aperçu dans « Hellphone » du redoutable James Huth)...
Mon Dieu, mon Dieu, comme disait l'autre.



Il ne faut cependant pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Il y a quand même quelques scènes qui font que, bon gré mal gré, on regarde le film jusqu'au bout. Les séquences de combats aériens, notamment, sont suffisamment bien foutues pour qu'on y adhère. Même si on peut (désolé, c'est plus fort que moi) détecter quelques jolis anachronismes (les modèles des aéroplanes, notamment), les images sont plutôt agréables à contempler. Tout cela, vous en conviendrez, ne suffit pas à faire un grand film et, encore moins, à rencontrer le succès...