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jeudi 19 décembre 2013

R.I.P.D. Brigade fantôme (2013)



L'été 2013 aura été meurtrier pour bon nombre de blockbusters. Ayons (ou pas) une pensée émue pour ceux qui tombèrent, à l'image de "Lone Ranger" ou de "After Earth" (qui seront prochainement chroniqués dans ces colonnes). Adapté d'un comic édité chez Dark Horse (à qui l'on doit déjà la série "Hellboy"), "R.I.P.D. brigade fantôme" (la deuxième partie du titre est un ajout spécifique au marché français, sans doute à fin d'aider nos compatriotes à comprendre le postulat de base) fait partie des bides de l'année. 

Décédé lors d'une opération de police qui a mal tourné, Nick Walker découvre vite que l'au-delà n'est pas ce qu'il pensait. On lui y propose en effet d'oeuvrer au sein du R.I.P.D., organisme chargé depuis la nuit des temps de chasser les morts-vivants qui menacent notre monde. Il va devenir le coéquipier de Roy Pulsifer, un ancien marshall, vétéran de cette brigade fantôme.
Cherchant à se venger de celui qui l'a tué (et n'est autre que son partenaire), Nick va aussi devoir affronter de terribles forces, son nouveau job lui réservant bien des surprises. 

Je serai bref : de surprises, il n'est ici pas question pour le spectateur. Si vous cherchez à être étonné par un film, passez votre chemin. Le plus épatant dans ce film reste le fait qu'on ait dépensé 130 millions de dollars pour obtenir pareil résultat.

A la réalisation de cette purge, on retrouve Robert Shwentke, pourtant précédemment remarqué avec "RED" ou "Flight Plan". Pratiquant ici une énième déclinaison du buddy movie, cette fois dans un cadre fantastique, le metteur en scène tente de donner vie avec moult effets à une histoire à laquelle il semble à peine croire. Sabordé par une réalisation extrêmement démonstrative (pour ne pas dire tape-à-l'oeil, surtout dans son utilisation outrancière de la 3D), un scénario poussif osant les plus grosses ficelles et les gags les plus lourds, "R.I.P.D. brigade fantôme" devient rapidement une corvée pour son spectateur.

Du côté des acteurs, ça n'est guère mieux : Jeff Bridges (cabotin comme jamais) décline ad nauseam les mêmes tics, histoire de bien faire comprendre que son marshall de personnage est l'incarnation du cool, tandis que Ryan Reynolds, toujours aussi fade, fait le minimum syndical (ou tout du moins en donne l'impression). Dans un énième rôle de méchant, Kevin Bacon livre une prestation sans grand intérêt, la seule à tirer son épingle du jeu étant Mary-Louise Parker. 

Louchant fortement du côté de "Hellboy", mais sans en avoir la folie graphique et la mise en scène remarquable (admiration de Guillermo del Toro totalement assumée, je vous rassure), "R.I.P.D. brigade fantôme" torpille rapidement ses quelques promesses initiales et devient vite lassant, un comble pour un film de ce genre. Virant rapidement à l'ennui, "R.I.P.D. brigade fantôme" ne présente que très peu d'intérêt.


lundi 19 novembre 2012

Echange standard (2011)


Depuis quelques années, la comédie américaine a pris un tournant assez étonnant. Sous l'influence de certains scénaristes (pour beaucoup issus de l'école de la télévision) comme Judd Apatow, elle a voulu aborder des thèmes plus graves, mais en utilisant des moyens particulièrement au ras des pâquerettes. Dans cette mouvance, certains films ont connu un réel succès (justifié ou non), qu'il soit critique ou public (ou les deux). On citera, dans ce nombre, "40 ans, toujours puceau", "En cloque mode d'emploi" ou "Funny people". D'autres longs métrages sont allés droit dans le mur. "Echange standard", sorti l'an dernier, fait partie de ce lot.

Depuis qu'ils sont enfants, Mitch et Dave sont amis. Mais leurs vies respectives ont suivi un chemin très différent. Dave est devenu un avocat brillant, est un bon mari et un père aimant, tandis que Mitch est devenu un acteur de seconde zone, irresponsable et célibataire. Mais, au fond, chacun envie la vie de l'autre. Après une soirée particulièrement arrosée, ils vont s'éveiller dans la peau de l'autre. De surprises en déconvenues, il va leur falloir apprendre à vivre une autre vie.

Sur le papier, le pitch peut séduire. Après tout, une comédie mâtinée d'un brin de fantastique peut donner de brillants résultats (je songe notamment à "Un jour sans fin" qui bouclait l'exercice avec le brio que l'on sait). Mais, dans le cas de cet "Echange standard", force est de reconnaître (et ce, dès le début du film) que la tentative est vouée à l'échec. 

Il y a plusieurs raisons à ce constat. La première, majeure (tout au moins à mes yeux) est le ton employé. "Echange standard" vole bas, très bas, même et multiplie les gags sous la ceinture. La scène où Dave, devenu Mitch doit tourner une scène de film pornographique, en est l'exemple même : on a droit à cette occasion à quantité de détails (uniquement verbaux, je vous rassure) censés faire rire, mais n'engendrant finalement que la gêne. En voulant exploiter le ton potache qui fait le succès du surestimé (à mon goût, une fois encore) Apatow, le réalisateur David Dobkin (révélé au grand public avec le très épais "Serial Noceurs") englue très vite son film dans un registre que seules les pires séries Z de Max Pecas ont osé exploiter (pour leur trouver un équivalent dans le cinéma hexagonal). 

Une autre raison au ratage de ce film réside dans l'interprétation. L'idée de base du scénario imposait aux deux interprètes principaux, Jason Bateman et Ryan Reynolds, de briller particulièrement, afin de nous faire adhérer à cette histoire d'échange entre leurs existences respectives.
Il n'en est rien, hélas. 
Fade du début à la fin, Ryan Reynolds traverse le film avec l'impassibilité d'un meuble, tandis que Jason Bateman en fait des tonnes, jouant à la fois sur l'agitation physique et la triviliaté du langage. Ni l'un ni l'autre ne sont particulièrement bons, au final. Si l'on ajoute à cela une version française médiocre, la catastrophe est totale. Face aux deux rôles principaux, les interprètes féminines, Leslie Mann et Olivia Wilde semblent être réduites au rôle de faire-valoir esthétique.

Englué dès les premières minutes dans une ornière boueuse, "Echange standard" ne parvient à aucun moment à reprendre la route de la réussite. Son échec sans appel fut mérité, inutile de lui offrir une séance de rattrappage.