2013 : l'apocalypse a eu lieu et a laissé une Terre ravagée où quelques communautés tentent de survivre. Un homme, seul, tente de survivre en traversant ce qui fut autrefois les Etats-Unis. Bien qu'il évite le contact des communautés qui se sont développées, il va être enrôlé malgré lui dans l'armée des Hollnistes, s'évader et, presque par hasard, parce qu'il a trouvé refuge près de la dépouille d'un postier, devenir celui qui recrée le lien entre les survivants.Couronné d'un paquet de Razzie Awards, "Postman" paracheva la chute de Kevin Costner, en tant que réalisateur, pourtant oscarisé et célébré pour "Danse avec les loups". En adaptant le roman de David Brin, l'interprète d'Elliot Ness et de Robin des Bois, échoua et commença une longue traversée du désert. Si aujourd'hui, on savoure son retour dans des rôles parfois secondaires, la fin du siècle précédent le vit aux commandes de films à gros budget, bâtis uniquement sur son nom.
Pendant terrestre de "Waterworld", auquel il ressemble beaucoup (à moins que ce ne soit l'inverse) dans sa première partie, "Postman" suit une fois encore la trajectoire d'un héros solitaire, devenant presque malgré lui un héros (oui, encore, c'était une manie chez Costner, à l'époque).
Curieux film que ce "Postman", qui concentre ses références sur l'histoire américaine (et se prive à l'occasion du public hors Etats-Unis). Long (trois heures) et souvent contemplatif, il contient plusieurs chapitres inégaux, dont certains auraient pu être raccourcis, parce qu'ils n'apportent pas grand chose au film. En enlevant des scènes inutiles, qui n'ont finalement pas grand chose à voir avec le propos du film, "Postman" aurait sans doute gagné en rythme. Cela n'aurait pas aidé cette histoire à gagner en profondeur, tant Costner s'entête à s'égarer dans des intrigues secondaires sans intérêt (la pseudo-romance du héros, par exemple). Sabordant son film, le réalisateur-interprète principal livre au public un produit bancal, malgré quelques bonnes idées.
En jugeant aujourd'hui de la performance des acteurs, on peut trouver la sanction des Razzie Awards bien cruelle (ce ne serait pas la première fois, cela dit). Costner, certes plus inspiré dans son rôle de réalisateur que dans celui du personnage principal, porte en lui une vraie sincérité, frôlant même parfois la naïveté. Face à lui, Will Patton, en méchant de service, ne s'en sort pas si mal : on a vu des bad guys plus caricaturaux, surtout à l'époque.
En jugeant aujourd'hui de la performance des acteurs, on peut trouver la sanction des Razzie Awards bien cruelle (ce ne serait pas la première fois, cela dit). Costner, certes plus inspiré dans son rôle de réalisateur que dans celui du personnage principal, porte en lui une vraie sincérité, frôlant même parfois la naïveté. Face à lui, Will Patton, en méchant de service, ne s'en sort pas si mal : on a vu des bad guys plus caricaturaux, surtout à l'époque.
Malgré quelques scènes intéressantes, c'est surtout la déception et l'ennui qui l'emportent. Ennui, parce que le film est trop long et accumule les moments inutiles. Déception, parce qu'en plus de rater cette adaptation, Kevin Costner causa sans doute lui-même sa chute. La rédemption vint plus tard, nous le savons maintenant.
