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mardi 26 mai 2020

Pop Redemption (2012)


La musique metal, si elle a gagné en visibilité auprès du grand public, n'est pas encore très connue. C'est pourtant cette culture qui sert de prétexte à la comédie "Pop redemption" (on peut s'interroger sur la pertinence et la signification réelle du titre, au passage), réalisée par Martin Le Gall. Ce premier long métrage n'a cependant pas reçu le succès attendu. Alors, cette contre-performance, comme on dit pudiquement, était-elle à prévoir ?

Depuis qu'ils sont adolescents, les Dead MaKabés font de la musique ensemble, et plus exactement du black metal, consacrant chaque été à leur tournée annuelle (des passages dans de petits festivals). Mais, avec l'âge, certains des membres du groupe aimeraient reposer les instruments et passer à une vie "normale". Alex, le chanteur (et le plus acharné à continuer) réussit cependant à convaincre ses amis de donner un dernier concert au Hellfest. Le voyage qui s'annonce ne sera pas de tout repos...

Le procédé est classique, en comédie : prendre un groupe de personnages contrastés et les confronter à l'inattendu, pour révéler leurs différences et points de contradictions, afin de mieux mettre en évidence ce qui les unit. Martin Le Gall a bien révisé ses classiques et choisit, dans "Pop redemption", de pousser les curseurs au maximum. En plus d'avoir une attitude "hors normes", nos héros se retrouvent poursuivis par la police et contraints de se faire passer pour un groupe de flower pop (leur exact opposé, musicalement parlant). 

Ce qui, sur le papier, pouvait fonctionner (et fonctionna d'ailleurs bien des fois) ne se concrétise pas à l'écran, hélas. On peut imputer ce ratage à plusieurs facteurs : des personnages, finalement peu attachants, alors qu'il est souhaitable que les spectateurs puissent éprouver un minimum d'empathie pour ceux qui vont faire vivre le film, un univers plutôt mal exploité et tenant plus de la caricature que d'une description fondée et, surtout, un scénario ni consistant ni drôle. Pour ce qui se voulait un road-trip comique, c'est plutôt fâcheux, mais les faits sont là : on ne rit presque jamais aux péripéties que subissent les quatre Dead MaKabés. 

Au contraire, c'est souvent un sentiment de gêne vis-à-vis des acteurs qu'on ressent : Grégory Gadebois, d'ordinaire si convaincant, semble sans arrêt se demander ce qu'il fait là, tandis que Julien Doré, surjouant en permanence, prouve qu'il n'est décidément pas fait pour jouer la comédie. A leurs côtés, Jonathan Cohen et Yacine Belhousse font ce qu'ils peuvent mais sans vraiment convaincre. Et ce n'est pas la présence de guests comme Alexandre Astier ou Audrey Fleurot qui peut sauver le film.

Allier musique et comédie est possible : le vénérable "The Blues Brothers" l'a fait de fort belle manière et semble rester un indétrônable standard, en la matière. Quant au black metal, ce n'est pas encore pour cette fois qu'il sera mis à l'honneur sur grand écran.



mardi 26 mars 2019

Ensemble, nous allons vivre une très, très grande histoire d'amour...(2010)


Pascal Thomas tient une place à part dans le paysage cinématographique français. Ses films, souvent marqués d'une certaine fantaisie, touchent parfois du doigt les sentiments profonds de leurs personnages, l'air de rien. Avec leur titre parfois étonnants ("Pleure pas la bouche pleine" ou "Les maris les femmes les amants"), ils sont difficilement classables. En matière de titre, "Ensemble, nous allons vivre une très, très grande histoire d'amour..." se pose là. En mettant en vedette Julien Doré, le chanteur préféré de nombre de ces dames, cette comédie n'a pas drainé autant de public qu'espéré. 

Quand regard de Nicolas a croisé celui de Dorothée, ça a été le coup de foudre. Qu'importe  si la vie fait tout pour les séparer et empêcher leur amour : ils sont faits l'un pour l'autre et le savent. Alors, malgré les malentendus, les disputes, les errements, ils savent que, tôt ou tard, ils pourront vivre leur amour. D'un festival de danses locales à la vie parisienne, Dorothée et Nicolas vont vivre une très, très grande histoire d'amour...



C'est un drôle de film que celui que nous propose Pascal Thomas. On hésite, au visionnage, à y voir une comédie romantique ou une parodie de ce type de film. Les protagonistes y sont en effet engagés dans une intrigue souvent naïve, parfois digne du théâtre de boulevard, et l'envie vient souvent de les secouer un peu pour les sortir de leur candeur.

Tout semble kitsch, dans "Ensemble, nous allons vivre une très, très grande histoire d'amour..." (qui gagne au passage le prix du plus long titre depuis longtemps). Des décors aux costumes, en passant par l'intrigue (et c'est là le plus embêtant, finalement). Pascal Thomas, qu'on a connu plus à l'aise, semble avoir bien du mal à faire tenir ce drôle d'assemblage en place. 

Adapté d'un film de Dino Risi de 1969 ("Straziami, ma di baci saziami"), "Ensemble, nous allons vivre une très, très grande histoire d'amour..." louche en direction de la comédie italienne, mais sans cependant réussir à obtenir l'alchimie qui donna tant de succès de l'autre côté des Alpes. Dans des décors souvent surannés, les acteurs forcent trop souvent le trait pour qu'on continue à croire en ce qu'ils nous proposent. Julien Doré, assez peu convaincant dans le premier rôle, ainsi que Marina Hands, peu crédible, n'arrivent pas à emporter l'adhésion. Quant aux seconds rôles, leur prestation est assez inégale, mais j'avoue avoir peu goûté celle de Guillaume Gallienne (dans le rôle d'un couturier muet) et encore moins celle de Noémie Lvovski, agaçante au possible dans un rôle qui ne sert à rien dans le scénario.

On choisira de trouver ce film assez mignon ou totalement kitsch. Le pas de côté qu'impose sa vision me fait, hélas pour lui, pencher pour la deuxième hypothèse. En forçant le trait, Pascal Thomas délivre ici une caricature qui n'a rien de drôle. Pour une comédie, c'est fâcheux.