Malgré de bonnes, voire excellentes critiques, "La bonne épouse" fut percuté de plein fouet par la crise sanitaire et peina à rembourser son budget. Mais ne doit-on incriminer que ce satané virus ? Le film de Martin Provost (déjà remarqué pour "Sage femme" et "Séraphine", entre autres) disposait d'un beau casting et empoignait à bras-le-corps un pan d'histoire qui pouvait faire réfléchir. En ces temps où la femme entrevoit enfin le moment où ses droits seront reconnus, "La bonne épouse" aurait sans doute pu résonner plus fort. Jetons un coup d'oeil dans le rétroviseur, si vous le voulez bien.
On pourra, avec un rien de mauvais esprit, soupçonner Martin Provost d'avoir voulu surfer sur la vague (légitime et bien tardive) féministe actuelle. En effet, au visionnage de "La bonne épouse", on se rend vite compte que le film est basé sur une bonne idée (l'existence avérée et encore toute récente de ces écoles), mais qu'il ne l'exploite qu'en tant que décor. Ayant tiré toutes ses cartouches dans les scènes d'exposition, le réalisateur (également scénariste) doit injecter dans son film des intrigues secondaires, pas forcément réussies et souvent contre-productives. Virant parfois au vaudeville, "La bonne épouse" oublie son intention initiale et compromet son message.
Les comédiennes en tête d'affiche ne sont pas celles qui honorent le plus le film. Leurs rôles les poussant à la caricature, elles peinent à donner de la consistance à leurs personnages et à les rendre totalement crédibles. Ce sont finalement les jeunes comédiennes qui incarnent les pensionnaires de l'école Van der Beck qui s'avèrent les plus convaincantes. Gageons que nous reverrons bientôt certaines d'entre elles au grand écran (quand ceux-ci s'offriront de nouveau à nous).
Partant avec les meilleures intentions "La bonne épouse" fait figure de pétard mouillé. En confondant propos et décor, Martin Provost nous offre une comédie dramatique là où l'on pouvait attendre un film portant un message. Malgré une reconstitution solide et une jolie distribution, le rendez-vous est manqué.














