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lundi 18 novembre 2013

Un grand mariage (2013)



Evénement majeur dans la vie de bon nombre d'êtres humains, le mariage a donné lieu à quantité de films, souvent à classer dans le rayon "comédie romantique", ou parfois (je songe notamment au très moyen "Mariages !") dans celui de l'humour sarcastique. Le film "Un grand mariage", sorti au printemps dernier, n'a pas, c'est le moins que l'on puisse dire, drainé les foules. Il avançait pourtant de prestigieux noms en haut de son affiche, mais rien n'y fit. Malgré la présence de Robert de Niro, Diane Keaton, Susan Sarandon, Robin Williams, Katherine Heigl et j'en passe, "Un grand mariage" ne séduisit guère le public. 

Alors qu'ils ont divorcé depuis longtemps, Ellie et Don (qui vit, depuis, avec la meilleure amie d'Ellie) vont devoir faire semblant de former un couple uni, à l'occasion du mariage d'Alejandro, leur fils adoptif. En effet, la mère biologique de ce dernier, qui assistera aux noces, est très à cheval sur les traditions et ne comprendrait pas pareille situation. Du côté de la famille de la future mariée, les exigences se multiplient également et, lorsque tous les invités au mariage finissent par être réunis, la situation promet d'être explosive....

L'originalité de "Un grand mariage" est qu'il s'agit du remake d'un film franco-suisse, "Mon frère se marie", qui traitait déjà de certains des thèmes repris ici : les secrets inavouables de chacun des protagonistes, les concessions que tout un chacun est prêt (ou pas) à faire et, surtout, les différences entre individus, qu'elles soient culturelles ou religieuses. Autant dire qu'il y avait (et qu'il y a toujours) matière à obtenir là un film riche de sens, qui aurait porté un regard critique sur la société. Que personne ne s'emballe : à aucun moment, "Un grand mariage" n'a cette portée, sa seule prétention restant celle d'amuser son public, mission dans laquelle (hélas) ce film échoue.

Justin Zackham, le réalisateur, s'était fait remarquer en signant le scénario de "Sans plus attendre" (qui mettait en scène Jack Nicholson et Morgan Freeman, à l'aube de l'existence). En s'attaquant ici au registre de la comédie romantique, il faut avouer qu'il pédale bien souvent dans le vide, quand il ne s'embourbe pas dans les travers gras et vulgaires qui sont le lot de bien des comédies américaines de ces dernières années. Scène représentative de tout le film, celle qui introduit le personnage de Diane Keaton dans le foyer de son ex-mari et de sa compagne est particulièrement et inutilement lourde (je vous épargne les détails). Zackham, déjà peu gâté par un scénario lourdingue, filme l'ensemble comme s'il s'agissait d'un téléfilm de bas étage. La plongée dans la petite bourgeoisie américaine dépeinte ici tourne vite au périple en eaux troubles. 

Du côté du casting, là aussi, le constat est désarmant : le casting est haut-de-gamme, mais dramatiquement mal employé. Qu'il s'agisse de Robert de Niro (décidément, Bob, que t'arrive-t-il ?), de Diane Keaton, de Susan Sarandon, de Robin Williams ou de Katherine Heigl, tous semblent à peine concernés par l'aventure dans laquelle ils sont embarqués, et parfois gênés d'avoir échoué là. Si, à l'occasion de quelques scènes, certains d'entre eux réussissent à tirer leur épingle du jeu, ces moments lumineux sont si fugaces qu'ils engendrent la frustration.

Certains mariages partent mal, et l'on devine qu'ils finiront dans le mur, à peine la cérémonie terminée. Dans le cas de ce film, dès les premières scènes, on sait que la fête sera pénible, malgré la présence d'invités de choix. Si vous avez la possibilité de ne pas honorer cette invitation, n'ayez donc aucun scrupule. 


dimanche 22 juillet 2012

Prince Valiant (1997)



Ayant revu récemment « Prince Valiant » (la version de 1997, à ne pas confondre avec celle d'Henry Hathaway, datant de 1954) et en grand amateur de films d'heroïc-fantasy avec des morceaux de chevalerie dedans, je ne sais que penser de ce film. 

Et là, vous devez vous dire, chers lecteurs, que ce billet commence mal. 

C'est pas faux, comme disait l'autre. 

Mettons les choses au point tout de suite : « Prince Valiant » est un film que j'ai désespérément envie d'aimer, mais qui fait tout pour qu'on le déteste. Je vais commencer par ce que j'ai sincèrement aimé dans ce film. Parce que, malgré tous ses défauts, sur lesquels je reviendrai, « Prince Valiant » a moult qualités. 

Tout d'abord, il règne sur ce film un véritable esprit d'aventure et de légèreté. « Prince Valiant », tout chevaleresque qu'il soit, ne se prend pas au sérieux...enfin, pas trop. Ce n'est pas pour autant que ce film est mal réalisé, bien au contraire. Anthony Hickox (dont la réalisation la plus connue reste « Piège en eaux profondes », avec Steven Seagal), aux manettes, s'acquitte fort bien de sa tâche. S'il n'a pas le brio d'un grand réalisateur, son savoir-faire permet à l'ensemble d'être fluide : enfin une mise en scène qui ne nuit pas à l'histoire, c'est suffisamment rare pour être signalé. 

De même, les amateurs de comics appréciera les transitions entre les différents chapitres de l'histoire (cette histoire fût-elle tarabiscotée), utilisant des dessins qu'on croirait tout droit sortis de la bande dessinée originale. 

Enfin, le casting, sans être exceptionnel, regroupe quelques jolis seconds tôles: Edward Fox (« Le chacal », « Ghandi », « Un pont trop loin »), Ron Perlman (« La Guerre du feu », « Hellboy »), Warwick Davis (« Willow »)...et une petite débutante (à l'époque) : la jolie Katherine Heigl. 


Néanmoins, les défauts de « Prince Valiant » sont légion, à tel point qu'ils ne sont pas compensés par les quelques points positifs, précédemment listés. 

Pour commencer, l'histoire est truffée d'incohérences, au point qu'elle en perd tout crédit. A titre d'exemple, il paraît difficile de croire que le Roi Arthur délaisse sa fidèle épée Excalibur (qui est tout de même LE symbole ultime de son rang), qui plus est pour assister à un tournoi. Figurez vous que c'est pourtant le point de départ de ce film, Excalibur étant dérobée à cette occasion... 

Du à un scénariste visiblement en proie au délire, le script donne souvent l'impression de dérailler, et de s'égarer sur des chemins inattendus. Le combat final, pour ne citer que lui, est un grand moment d'anthologie, qui mêle sans vergogne crocodiles cuirassés, décors indiens et feux d'artifice. 

Au final, je ne sais s'il est possible d'aimer ce film, à la fois sincère et kitsch. Le mieux reste encore de se faire une opinion, au détour d'une diffusion télévisée, ou d'une location de DVD.