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mardi 17 décembre 2019

Le nouveau (2015)



Il m'arrive souvent de visionner un film sans aucun a priori, sans avoir consulté les critiques venues de la presse ni avoir pris connaissance des prix éventuellement reçu par ce film. Souvent, en lisant a posteriori ce qu'en ont dit les professionnels de la profession, force est d'avouer que je suis (au moins en partie) en accord avec eux. Plus rarement, c'est l'incompréhension : comment tel ou tel film a-t-il pu être aussi encensé alors que je ne lui trouve que des défauts ? Pourquoi tel autre a-t-il essuyé pareille rafale de critiques ? Dans laquelle de ces configurations allons-nous placer "Le nouveau", petite comédie collégienne, qui ne fit pas trop de bruit lors de sa sortie en salles ?

Ce n'est pas facile, pour Benoît, de se faire des amis dans le collège où il est le nouveau, suite au déménagement de ses parents. Les clans sont déjà formés et la plupart des autres garçons le regardent de haut, voire s'en prennent à lui. Et seuls les moins populaires tendent la main au jeune garçon. Alors, sur les conseils de son oncle, Benoît va tout faire pour s'intégrer, et tenter de séduire la jolie Johanna, qui semble s'intéresser à lui.

Alors qu'on pourrait penser qu'il s'agit d'une comédie à la français (ce n'est pas un bon présage), "Le nouveau", au visionnage, a tout d' un prequel des "Beaux gosses". Cette plongée en milieu collégien, filmée de façon quasi-documentaire, ressemble en effet au long métrage de Riad Sattouf dans son approche de ses jeunes héros, forçant souvent le trait sur leurs défauts. Repéré en tant qu'acteur (souvent au petit écran), Rudi Rosenberg, le réalisateur, laisse souvent sa caméra tourner tandis que ses comédiens (souvent amateurs) évoluent, improvisant parfois. Le résultat est assez inégal, puisqu'en équilibre entre le documentaire et la comédie. Oscillant sans cesse entre ces deux pôles, "Le nouveau" souffre d'un vrai déséquilibre et de la confusion qu'il affiche.

Malgré une vraie fraîcheur, notamment due à l'interprétation des jeunes héros de cette vraie-fausse comédie, "Le nouveau" donne plutôt l'impression de tourner en rond et d'user sans cesse des mêmes procédés pour amuser le spectateur ou l'interpeller. Côté humour, on repassera, car les gags, si tant est qu'on puisse utiliser ce terme, tombent souvent à l'haut et sont contrebalancés par des moments ne prêtant pas à rire, ce qui torpille l'effet initialement voulu. La présence du personnage incarné par Max Boublil (qui ferait bien de changer de registre ou d'arrêter ses tentatives au cinéma), uniquement là pour la partie comique du film, s'avère artificielle et inutile. Rudi Rosenberg aurait sans doute mieux fait de ne considérer que la partie réaliste de son film, si vous voulez mon avis.

En relisant après visionnage les avis de la presse, et en particulier ceux des critiques souvent les moins tendres, j'ai eu l'impression d'être passé à côté d'un bon film, ne voyant dans "Le nouveau" qu'une comédie brouillonne et hasardeuse, rarement amusante. Sans doute me faudrait-il une deuxième séance pour en avoir le cœur net : l'envie n'est pas au rendez-vous, cependant...




vendredi 27 novembre 2015

Robin des bois, la véritable histoire (2015)





Je ne sais pas ce qui m'a pris. Cela fait des mois, voire des années, que je me lamente sur le sort de la comédie française. Et puis, là, sous le coup d'un moment d'égarement, j'ai voulu visionner "Robin des bois, la véritable histoire". Le truc sentait à des lieues la parodie potache, l'humour pas très fin, bref : ça n'augurait rien de bon. Mais j'y suis allé quand même. Je ne comprends pas pourquoi, j'ai appuyé sur le bouton "play". 

Robin dit "des bois", parce qu'il habite dans les bois, justement, trouve que voler les pauvres, c'est un bon moyen de gagner sa vie. Et, comme il aimerait bien racheter la maison close où il passe le plus clair de son temps, parce que c'est trop cool de boire des coups entouré de femmes de petite vertu, Robin, avec son acolyte Tuck, décide de monter un gros coup.

Je vais être franc avec vous, amis lecteurs. Je suis bien incapable d'aller plus loin dans le résumé de "Robin des bois, la véritable histoire", de et avec Max Boublil, tout simplement parce que j'ai arrêté le visionnage, que dis-je, le massacre, après dix minutes (qui me parurent une éternité). Et pourtant, j'étais en demande : en ces temps troublés où la peur rôde dans chaque coin de notre esprit, où l'on cherche désespérément un prétexte au rire, fût-il facile, je pense que même une comédie de Fabien Onteniente m'aurait fait sourire. 

Mais là, non, ce qui aurait pu être un remède fut pire que le mal. Comment peut-on monter un film basé sur autant de bêtise et de vulgarité crasse ? Est-il possible que des professionnels du septième art se disent que l'accumulation de scènes pipi-caca, de clichés machistes puisse donner un film digne de ce nom ? En visionnant le début de "Robin des bois, la véritable histoire", j'ai eu le sentiment d'avoir marché dans un truc sale qui aurait du rester dans le caniveau.

Sans doute n'ai-je pas compris qu'il fallait prendre tout cela avec un deuxième, voire un troisième ou un quatrième degré, me rétorqueront ceux qui ont goûté l'humour de ce film (ils ne sont pas si nombreux, au vu des faibles audiences de ce film). J'ai tendance à douter de la présence même de ces degrés et de leur maîtrise par ceux qui commirent cet accident cinématographique. Visiblement bricolé à la va-vite par Max Boublil et sa bande de potes, cette innommable bouse ne mérite qu'une destination : l'oubli.




lundi 16 juin 2014

Prêt à tout (2014)



Un seul et même pitch peut donner lieu à maints traitements différents, selon les sensibilités et les cultures. Celui de "Prêt à tout", traité à la façon britannique, aurait sans doute donné une comédie sociale comme on sait les produire de l'autre côté de la Manche. Il aurait pu aussi déboucher sur une comédie romantique à l'américaine (dont certaines figurent parmi les canons du genre), assumant dans ce cas son affiche façon "Pretty Woman". Choisissant une troisième voie, Nicolas Cuche (à qui l'on devait déjà "La chance de ma vie") a, semble-t-il, fait un choix qui n'a pas séduit les spectateurs.


Tombé sous le charme de la belle Alice, Max a échoué, lorsqu'il était à l'Université, dans sa tentative de séduction. Les années se sont écoulées, Max est devenu millionnaire grâce à Internet, mais n'a pu oublier Alice. Alors qu'il aurait pu couler une existence paisible, l'actualité va lui rappeler son amour de jeunesse. Prêt à tout pour la séduire, Max va racheter l'usine où Alice travaille, pour éviter sa fermeture. Et comme il est vraiment prêt à tout, il va aller jusqu'à y travailler comme simple manutentionnaire, sans lui dire ce qu'il est vraiment. 

Ce qu'il y a de bien, avec les comédies romantiques (et je crois l'avoir dit maintes fois dans ces colonnes), c'est que l'on sait pertinemment, dès le début, ce que sera la fin. Seul le chemin pris pour arriver à l'inévitable conclusion peut varier. Dans le cas de "Prêt à tout", ce chemin semble tout tracé, à tel point que le scénario doit multiplier les embûches sur la route du héros, quitte à ce que ces péripéties paraissent too much. C'était déjà le cas sur "La chance de ma vie", scénarisé lui aussi par Laurent Turner. Ce sont sans doute ces rebondissements excessifs qui sont le plus grand défaut de ce film.

Entre la nonchalance souvent agaçante de Max Boublil (qui semble bloqué dans le même personnage quelque soit le film) et le charme de la belle Aïssa Maïga, à qui l'on pardonnera beaucoup, l'interprétation est loin d'être exceptionnelle, hélas, et représente l'autre défaut du film. Cependant, une fois n'est pas coutume, ce sont les rôles secondaires qui sont la bonne surprise du film : Chantal Lauby, Lionnel Astier et Patrick Timsit (pour une fois tout en retenue) donnent à leurs personnages la profondeur qui relève le niveau de certaines scènes. Une mention toute particulière sera attribuée au jeune Idriss Roberson, particulièrement touchant et juste. 

Essentiellement parce qu'il est dénué de cynisme et de vulgarité, "Prêt à tout" porte une fraîcheur salutaire, qui fait passer pas mal de ses défauts. Malgré son histoire qui ressemble parfois à une succession de sketches assemblés tant bien que mal, et l'interprétation agaçante de son acteur principal, ce film a un charme auquel seront sans doute réceptifs les aficionados du genre.