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dimanche 19 novembre 2017

Marie-Francine (2017)



Ca ressemble à une longue quête : depuis des années, je cherche désespérément la comédie française qui me fera rire aux éclats, telle celles du temps passé. Suis-je devenu un spectateur exigeant ou le niveau du cinéma français, dans ce domaine, a-t-il chuté à ce point ? Toujours est-il que ça ne me paraît pas simple de sourire, voire de franchement se marrer, dans les salles obscures hexagonales, ces dernières années. On en aurait pourtant besoin. Quand l'amusante Valérie Lemercier a débarqué, il y a peu, avec sa "Marie-Francine", qu'elle mettait en scène, en plus de l'avoir écrit et d'y jouer (en tenant deux rôles, en plus), à en croire nombre de critiques, on pouvait y croire. A tort ou à raison ?


Pas de bol, pour Marie-Francine, la cinquantaine fatiguée. Non seulement son mari la quitte, mais en plus, elle perd son travail de chercheuse en génétique. La voilà obligée de retourner chez ses parents, qui vont devoir l'accueillir et entamer une cohabitation pas toujours évidente.
Quand son père propose à Marie-Francine d'ouvrir une boutique de cigarettes électroniques, elle hésite, puis se lance. Quand elle rencontre Miguel, un cuisinier dans la même situation qu'elle, elle hésite moins...

En visionnant "Marie-Francine", le spectateur peut vite avoir un étrange sentiment : celui de voir un film dont le scénario a été écrit au fur et à mesure du tournage, tant les péripéties de sa principale protagoniste s'enchaînent sans souci de vraisemblance. Sur une idée de base loin d'être originale mais qui aurait pu donner lieu à un traitement comique efficace (le choc des générations, ça reste un ressort, fût-il détendu), Valérie Lemercier arrive rapidement au bout de ses ressources. Alors, pour ne pas tourner à vide et pédaler dans la semoule (ce que se permettent pas mal d'autres films, soit dit en passant), elle embraye sur une autre voie, finit en cul-de-sac, puis repart sur une autre, jusqu'à avoir fait le tour des possibilités et se résoudre à finalement clôturer son film.

Quand se pointe le générique de fin, on est loin, très loin des intentions de départ, parce que le scénario a baguenaudé de ci, de là, sans cependant avoir emmené son spectateur bien loin. De plus, et c'est sans doute le plus embêtant, on n'a pas ri, tout juste souri une fois ou deux. Pour ce qui se voulait une comédie, c'est plutôt embêtant. 

On pourra se consoler avec les prestations des acteurs, comme souvent. Ici, ce sont essentiellement ceux qui interprètent les parents de Marie-Francine qui sont à saluer : Hélène Vincent, se débarrassant enfin de sa panoplie de Madame Le Quesnoy (de "La vie est un long fleuve tranquille"), et surtout Philippe Laudenbach, l'un des grands seconds rôles français, qui se fait visiblement plaisir en incarnant un père maniéré. C'est une piètre consolation, vous en conviendrez. 

Malgré l'immense sympathie qu'on peut avoir pour Valérie Lemercier, il faut se rendre à l'évidence : "Marie-Francine" n'est pas très drôle et, le plus souvent, on s'y ennuie. Tout porte donc à croire que ma quête d'une vraie comédie française n'est pas terminée...


lundi 16 juin 2014

Prêt à tout (2014)



Un seul et même pitch peut donner lieu à maints traitements différents, selon les sensibilités et les cultures. Celui de "Prêt à tout", traité à la façon britannique, aurait sans doute donné une comédie sociale comme on sait les produire de l'autre côté de la Manche. Il aurait pu aussi déboucher sur une comédie romantique à l'américaine (dont certaines figurent parmi les canons du genre), assumant dans ce cas son affiche façon "Pretty Woman". Choisissant une troisième voie, Nicolas Cuche (à qui l'on devait déjà "La chance de ma vie") a, semble-t-il, fait un choix qui n'a pas séduit les spectateurs.


Tombé sous le charme de la belle Alice, Max a échoué, lorsqu'il était à l'Université, dans sa tentative de séduction. Les années se sont écoulées, Max est devenu millionnaire grâce à Internet, mais n'a pu oublier Alice. Alors qu'il aurait pu couler une existence paisible, l'actualité va lui rappeler son amour de jeunesse. Prêt à tout pour la séduire, Max va racheter l'usine où Alice travaille, pour éviter sa fermeture. Et comme il est vraiment prêt à tout, il va aller jusqu'à y travailler comme simple manutentionnaire, sans lui dire ce qu'il est vraiment. 

Ce qu'il y a de bien, avec les comédies romantiques (et je crois l'avoir dit maintes fois dans ces colonnes), c'est que l'on sait pertinemment, dès le début, ce que sera la fin. Seul le chemin pris pour arriver à l'inévitable conclusion peut varier. Dans le cas de "Prêt à tout", ce chemin semble tout tracé, à tel point que le scénario doit multiplier les embûches sur la route du héros, quitte à ce que ces péripéties paraissent too much. C'était déjà le cas sur "La chance de ma vie", scénarisé lui aussi par Laurent Turner. Ce sont sans doute ces rebondissements excessifs qui sont le plus grand défaut de ce film.

Entre la nonchalance souvent agaçante de Max Boublil (qui semble bloqué dans le même personnage quelque soit le film) et le charme de la belle Aïssa Maïga, à qui l'on pardonnera beaucoup, l'interprétation est loin d'être exceptionnelle, hélas, et représente l'autre défaut du film. Cependant, une fois n'est pas coutume, ce sont les rôles secondaires qui sont la bonne surprise du film : Chantal Lauby, Lionnel Astier et Patrick Timsit (pour une fois tout en retenue) donnent à leurs personnages la profondeur qui relève le niveau de certaines scènes. Une mention toute particulière sera attribuée au jeune Idriss Roberson, particulièrement touchant et juste. 

Essentiellement parce qu'il est dénué de cynisme et de vulgarité, "Prêt à tout" porte une fraîcheur salutaire, qui fait passer pas mal de ses défauts. Malgré son histoire qui ressemble parfois à une succession de sketches assemblés tant bien que mal, et l'interprétation agaçante de son acteur principal, ce film a un charme auquel seront sans doute réceptifs les aficionados du genre.