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mardi 1 juillet 2014

The day (2011)


Les films post-apocalyptiques ont le vent en poupe. Entre "La route", "Le livre d'Eli", le récent "Snowpiercer" et le prochain retour de Mad Max, pour ne prendre que ces deux exemples, la période de crise que nous traversons est propice à ce mode d'expression. Les craintes les plus terrifiantes de l'humanité peuvent y être exposées, de la même manière qu'elles le sont dans les films (ou séries) de zombies. Remarqué au festival de Gérardmer, le film "The day" n'a pourtant pas eu l'heur d'une sortie en salles digne de ce nom (à l'instar du récemment chroniqué "The door : la porte du passé") dans les salles françaises, et c'est donc au rayon "direct-vidéo" qu'on peut trouver cette petite oeuvre au parfum d'apocalypse et de déliquescence de l'humanité. 

Qu'importe la raison : l'humanité est terrassée et le monde n'est plus qu'un champ de ruines à l'abandon. Ça et là, vagabondent des bandes de survivants, prêts à tout pour survivre, alors que seule la loi du plus fort et du moins humain règne désormais. Cinq de ces survivants, affamés, trouvent refuge dans une maison loin de tout. Alors qu'ils pensaient pouvoir y trouver quelque repos, le terrible piège se referme sur eux : il va leur falloir affronter un gang d'anthropophages...

Dissipons vite le malentendu : "The day" est avant tout un suvival, qui ne fait qu'utiliser un contexte post-apocalyptique pour poser son intrigue et les motivations des protagonistes. Co-produit par Dominic Monaghan (le Merry du "Seigneur des Anneaux", remarqué dans la série "Lost") qui interprète l'un des cinq "héros", ce film peut laisser sur leur faim ceux qui seraient venus pour y admirer la fin du monde. En effet, passées les premières séquences, le cadre de l'action devient vite très limité et, faute d'explication quant à ce qui a pu se produire, il faut se faire une raison : le contexte invoqué n'est qu'un prétexte. 

Ce qui frappe, au visionnage de "The day", c'est avant tout son esthétique, presque en monochrome, comme si les couleurs avaient été gommées du paysage en même temps que l'humanité. La forme adoptée par Douglas Aarniokoski, l'un des poulains de Robert Rodriguez (il lui servit d'assistant sur "Un nuit en enfer", par exemple), est sans doute le plus grand atout du film, avec son interprétation masculine : Shawn Ashmore et Dominic Monaghan, en particulier, tirent remarquablement leur épingle du jeu, malgré une intrigue, il faut le dire, assez maigre. 
Le scénario, une fois les personnages pris au piège, est en effet, assez pauvre et ne surprendra guère. L'affrontement entre les survivants et leurs chasseurs manque souvent de surprise et la forme séduisante ne suffit pas à compenser le peu de fond. 

C'est du côté de l'interprétation féminine qu'il faut également jeter l'opprobre. Ashley Bell, qui avait pourtant été saluée pour son interprétation dans "Le dernier exorcisme", en fait des tonnes dans son rôle de fighting-girl mutique, tandis Shannyn Sossamon, aussi mignonne soit-elle, est complètement à côté de la plaque. 

Passé les oppressantes premières séquences, à force de répétitions et de longueurs, "The day" a du mal à masquer le manque de consistance de son scénario et perd vite de son intérêt. Il ne pourra donc captiver que les amateurs de survival.



mercredi 27 février 2013

Waterworld (1995)



Alors qu'il vient de recevoir un César d'honneur pour l'ensemble de sa carrière, il peut être intéressant de jeter un coup d'oeil dans le rétroviseur et de se pencher sur la carrière de Kevin Costner. Propulsé au rang de superstar en quelques films, l'acteur a expérimenté douloureusement l'adage qui veut que "la roche tarpéienne est proche du Capitole" (je sais, ça en jette un maximum, ce genre de citations). Ce discrédit coïncida grandement avec la sortie de "Waterworld", monstrueux bide financier en son temps, au budget explosé (175 millions de dollars) et à l'acueil désastreux (en partie causé par la médiatisation de son tournage délirant).
La suite de l'histoire est connue : les deux Kevin (Reynolds et Costner) se brouillèrent à mort à l'occasion du tournage cataclysmique de "Waterworld". Résultat, l'acteur enchaîna avec "Postman" (qu'il réalisa) qui fut également un bide, avant de perdre définitivement son statut de star des années 90. Quant au réalisateur, il enchaîna avec "187 code meurtre", puis "La vengeance de Monte-Cristo", avant de réaliser le très moyen "Tristan et Iseult" (dont j'ai déjà parlé ici).

Nous sommes au XXVème siécle. A force de réchauffement climatique, la catastrophe a eu lieu : la glace des pôles a fondu et l'eau a recouvert la quasi-intégralité de la planète. Les survivants se sont organisés en tribus, et certains sont en quête de Dryland, dernier bout de terre épargné. C'est à ce moment que surgit un individu étrange, seul sur son bateau...

Le genre post-apocalyptique a ses références et il est difficile de s'y frotter sans subir la comparaison. En l'occurrence, "Waterworld" peut être qualifié de "Mad Max aquatique". C'est plus précisément au deuxième volet de la trilogie australienne qu'il faut comparer ce film. Force est de reconnaître qu'il y a bien des similitudes entre les deux films, mais que "Waterworld" n'a pas l'efficacité brutale de "Mad Max 2". Et c'est là que se situe le problème. Vendu comme le blockbuster ultime (la tag-line était d'ailleurs "Rien de ce que vous avez vécu ne nous a préparé à...Waterworld"), ce film n'a finalement rien d'exceptionnel, hormis son budget démesuré. 

Réalisé par Kevin Reynolds, qui avait contribué à la gloire de Costner avec un Robin des Bois pourtant poussif, "Waterworld" est à bien des égards une simple copie de "Mad Max 2", et l'on pourrait s'amuser à faire moult parallèles entre les deux films. C'est ludique, certes, mais en aucun cas mémorable.

Les acteurs en font des tonnes, chacun dans leur registre. Entre un Costner souvent mutique, un Hopper outrancier et une Jeanne Tripplehorn décidée qui connait son plus grand rôle, tous accomplissent leur tâche avec excès, mais dans pareil cas, on est prêt à leur accorder le bénéfice du doute.
Le scénario de "Waterworld" (auquel avait tout de même collaboré un certain David Twohy, qui fit sensation avec "Le fugitif" quelques années plus tôt) est sans doute son plus gros défaut. Jamais surprenant, rarement audacieux, le script se contente de dérouler une histoire prévisible, utilisant sans vergogne tous les clichés imaginables. 

C'est assez mal réalisé, certes, mais ça vaut bien n'importe quel Michael Bay (ou Roland Emmerich) et ça ne vieillit finalement pas trop mal. Sans être le naufrage et le cauchemar décrit par la presse de l'époque, "Waterworld" est finalement un film d'action comme nombre d'autres. Comme quoi, un budget pharaonique n'assure en rien d'entrer dans les mémoires des cinéphiles.