Affichage des articles dont le libellé est Samuel L. Jackson. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Samuel L. Jackson. Afficher tous les articles

dimanche 13 mai 2018

Big Game (2014)


Il est des jours où l'on a envie de mettre son cerveau de côté et de regarder un film qui ne nous usera pas les neurones. Il y  a des tas de films qui peuvent répondre à ce besoin et certains le font même très bien, sans donner l'impression d'avoir abêti leur spectateur. D'autres, non. L'autre soir, au vu du pitch de "Big Game", j'ai flairé le Die-Hard-like et ai eu un moment de faiblesse. Allais-je le regretter ?

Quels idiots, ces terroristes ! En voilà un qui a décidé de faire s'écraser Air Force One en pleine Laponie (le pays du Père Noël, autant vous dire qu'il y fait frisquet), pour s'emparer du Président des Etats-Unis. S'il avait su que le jeune Oskari, pour célébrer ses treize ans et respecter un vieux rite de passage de son village, devait faire ses preuves en passant une nuit et une journée dans cette même forêt, il aurait changé son plan. Mais non, le terroriste étant un peu crétin, il s'entête et va au-devant de gros ennuis. Tant pis pour lui, ça va barder.

Si le cadre de l'action nous change des décors habituellement utilisés pour ce genre de film (en général, c'est souvent dans une grande métropole que les terroristes font des leurs), il ne faut que quelques scènes pour se rendre compte que "Big Game" n'a pas grand chose de grand, ni de mémorable. Ecrit et réalisé par Jalmari Helander (qui n'a plus sévi depuis), ce film dispose pourtant d'un casting intéressant : pour épauler le jeune Onni Tommila, on retrouve rien moins que Samuel L. Jackson (capable du meilleur comme du pire dans ses choix de rôles), Ray Stevenson, Ted Levine, Jim Broadbent, Felicity Huffman et Victor Garber. On part donc avec un décor original (à défaut du pitch) et un casting qui a du potentiel. Il manque juste un scénario qui tienne debout. Entre péripéties peu crédibles et punchlines improbables, "Big Game" accumule ce qui se voudrait être des morceaux de bravoure : entre une chute dans un congélateur (c'est le bazar, cette forêt, on vous dit) et une séquence improbable dans un lac finlandais visiblement bien chauffé, on peut se demander si le film se prend lui-même au sérieux. 

Le pire est sans doute que tout ce petit monde donne l'air de se prendre au sérieux, entre le méchant impeccablement coiffé mais vraiment très méchant et le président des Etats-Unis baguenaudant dans la forêt finlandaise, avec une chaussure en moins. Quand ce genre de film est bien fait et qu'il ne prend pas son spectateur pour une andouille, ça peut donner de très bonnes choses : hélas, n'est pas John McTiernan qui veut. En l'occurrence, Jalmari Helander, remarqué auparavant pour "Père Noël Origines" (rien que le titre me fait peur), livre un action-movie qui n'arrive jamais à faire vibrer son public : un comble !

Ce film est soit un nanar, soit un plaisir coupable : tout dépend du recul qu'on prend en le visionnant. J'avoue pencher pour la première hypothèse.


samedi 1 novembre 2014

The Spirit (2008)



Si je vous dis "Frank Miller", "film en noir et blanc (avec quelques touches de rouge)", vous allez probablement songer à "Sin City", et vous pourriez vous demander ce que cet article fait ici, au vu du succès de cette franchise. Ce serait oublier que, dans la foulée du succès du film réalisé par Robert Rodriguez (où il avait un petit rôle et qu'il coréalisa) et de "300" (tiré d'un de ses romans graphiques), Frank Miller prit goût au cinéma et mit en scène (tout seul, cette fois) "The Spirit", d'après la bande dessinée éponyme de Will Eisner. Mal lui en prit, puisque le public bouda cette adaptation. 

The Spirit fait régner l'ordre sur Central City, ou plutôt essaie. Parce que cet ancien policier, revenu de chez les morts, doit lutter contre l'Octopus, un super-vilain qui cherche à s'emparer d'une amphore de sang venue d'une autre époque. Mais il semble que l'Octopus ne soit pas le seul à rechercher ce mystérieux objet. Une certaine Sand Saref convoite elle aussi cet artefact et semble prête à tout pour que l'Octopus et ses sbires ne l'emportent pas. 

Dessinateur remarquable par son talent, Frank Miller ferait sans doute bien de se cantonner à ce qu'il maîtrise le mieux. Parce que si, à une planche à dessin, le bonhomme n'a de leçon à recevoir de personne, en matière de réalisation, il a encore de la marge. Tentant visiblement d'exploiter le filon de "Sin City", Miller fait ici preuve de bien moins de virtuosité que Robert Rodriguez en avait démontré. Mais, surtout, l'impression qui prédomine au visionnage de "The Spirit" reste le manque de foi qu'a Miller en lui. Usant d'un ton mi-héroïque, mi-parodique, le réalisateur ne réussit pas à faire adhérer le spectateur à son histoire et, du coup, peine à faire décoller son film. 

Alors, les acteurs font ce qu'ils peuvent, voire ce qu'ils veulent. Gabriel Macht est aussi charismatique qu'une huître dans le rôle titre (et n'est aidé en rien par son doublage calamiteux), tandis que Samuel L. Jackson en fait des tonnes. Eva Mendès, malgré son physique de bombe atomique, n'est guère convaincante, tandis que Scarlett Johansson, dans un rôle vite oubliable, fera regretter le déplacement à ceux qui regarderont le film pour elle.

Les dialogues un brin désuets et le scénario très prévisible n'arrangent rien au diagnostic. Au final, on a l'impression désagréable que Miller ne respecte pas son sujet (et son spectateur, au passage) et le maltraite, faute d'y croire. Cette faute (majeure, en termes de cinéma) fait de "The Spirit" un échec artistique.