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mardi 25 août 2020

Primal (2019)

 

Qu'est-il arrivé à Nicolas Cage ? Celui qui fut l'un des acteurs marquants de sa génération semble désormais se cantonner aux direct-to-video, comme s'il avait choisi la quantité aux dépens de la qualité. On ne compte plus les films dans lesquels il tient le premier rôle et qui échappent (souvent volontairement) aux circuits traditionnels. "Primal" fait partie de ceux-ci et, lors d'une de ses récentes diffusions, j'ai visionné ce film, pour en avoir le cœur net.

Trafiquant d'animaux sauvages, Frank Walsh embarque sur un cargo à destination des Etats-Unis, où il compte vendre sa précieuse cargaison, dont un rarissime léopard blanc. A l'embarquement, il découvre que le FBI sera du voyage, et escortera Richard Loffler, un tueur professionnel. Ce qui devrait arriver arriva : le méchant échappe à la surveillance de ses geôliers et, en pleine mer, commence à tuer tout le monde. En plus, il a ouvert les cages et il y a des animaux dangereux partout sur le bateau. Bonjour la galère.

L'improbable pitch de "Primal" a quelque chose d'un die-hard un peu tordu, dont le héros n'aurait ni la sympathie, ni la malice de John McLane. Coincés sur un bateau où la réalisation trop nerveuse pour être honnête perd souvent son spectateur, les protagonistes de ce huis-clos tournent vite en rond, comme ce navire qui approche de son but sans progresser. 

On pourrait s'amuser devant ce film, totalement dénué de logique (Pourquoi transférer un détenu dangereux par bateau plutôt que par avion ? Quel intérêt Loffler a-t-il à libérer les animaux ? Comment un producteur a-t-il réussi à monter ce film ?), mais tôt ou tard, on finit par se dire que la plaisanterie a assez duré. Nick Powell, pour son deuxième film après "Croisades", livre un film dont on a tout du long envie de se moquer, plutôt que de prendre plaisir à son visionnage. Ayant auparavant officié en tant que réalisateur de deuxième équipe auprès de Paul W.S. Anderson, il partait avec un sérieux handicap, si vous voulez mon avis. Si pareil modèle n'est pas de très bon augure, mieux choisir son scénario est souhaitable, à l'avenir. 

Les acteurs embarqués dans cette galère valent à peine mieux que les animaux qui pointent le bout de leur museau en images de synthèse de médiocre qualité, au point qu'on ne croie pas en leur existence. Famke Janssen, qui aurait mieux fait de ne pas toucher au botox, Michael Imperioli, échappé des "Soprano", tous sont victimes du même naufrage.

Un scénario bourré d'incohérences et de facilités, une réalisation digne d'un téléfilm de fin de soirée, des acteurs venus là pour le chèque, "Primal", avec son postulat incongru, partait mal et ne réussit jamais à convaincre, même les spectateurs venus pour s'amuser et plein d'indulgence.






vendredi 14 juin 2019

L'intervention (2019)


A la (dé)faveur d'actualités tragiques, le grand public a une image héroïque du G.I.G.N.. Déjà évoqué dans "L'assaut", ce groupe d'élite, né dans les années 1970, est finalement mal connu. Avec "L'intervention", le réalisateur Fred Grivois proposa, pour son deuxième long métrage après "La résistance de l'air", de revenir sur la genèse de cette unité. Malheureusement, malgré la cote d'amour dont le G.I.G.N. est doté, ce film ne fut pas le succès attendu. 

1976 : à Djibouti, colonie française, un groupe armé prend en otage les enfants passagers d'un bus scolaire, avant de s'échouer dans le no man's land qui sépare ce pays de la Somalie. Pour éviter le carnage, Paris envoie sur place un tout jeune officier, à la tête d'une unité de tireurs d'élite. 
Ils n'ont que quelques heures pour agir...

En choisissant volontairement une mise en scène tenant du documentaire, des couleurs souvent froides, un ton très réaliste, Fred Grivois opte, dès les premières minutes pour l'authenticité et la reconstitution. Le film est, on le sent, le fruit d'un travail d'enquête minutieux et représente sans doute la synthèse d'énormes recherches de la part du réalisateur. L'histoire qui se joua, lors de ces heures particulières, est mal connue et méritait d'être mise en lumière. En cela, "L'intervention" est une démarche louable et qui mérite d'être saluée.


Sur la forme, "L'intervention" tient en partie ses promesses. La mise en scène est nerveuse et réussit à tenir le spectateur en haleine durant toute la durée (courte) du film. Cependant, alors que certaines scènes séduisent par leur efficacité sobre (je songe, par exemple, à celle du tir simultané), d'autres plombent le film, telles le gunfight final, fusillade que n'aurait pas renié Peckinpah. Paradoxalement, ces séquences sont les moins convaincantes du film. 

Au nombre des écueils contre lesquels le film s'échoue, il y a également les personnages, tenant plus de la caricature que du portrait. Le groupe de tireurs est un assemblage de stéréotypes, comme s'il fallait absolument respecter cette recette qui semble être universelle dès qu'il s'agit de décrire un groupe d'hommes en armes. C'est d'autant plus dommage que la distribution est plus qu'honnête, les prestations des acteurs étant particulièrement justes.


On soulignera l'efficacité de la démarche qui, tout en rendant hommage à l'équipe qui sera à l'origine du GIGN, n'en fait pas pour autant des surhommes. A titre de comparaison, le médiocre "Forces spéciales" devenait contre-productif, tant il relevait du clip promotionnel. Malgré quelques fautes de réalisation et l'utilisation de clichés embarrassants, "L'intervention" est un film plutôt efficace.






dimanche 5 mai 2019

The highwaymen (2019)





Curieux destin que celui de "The Highwaymen", film initialement envisagé pour Paul Newman et Robert Redford. Lâché par Universal, c'est finalement chez Netflix qu'il fut produit, marquant du coup un drôle de signe des temps. En tête d'affiche de ce film, on retrouve Kevin Costner et Woody Harrelson, endossant les rôles de deux ex-Texas Rangers sur le retour. Sans passer par les salles obscures, "The Highwayme" méritait-il cependant mieux que son sort parallèle ? Sur la prescription du bon docteur Ronnie, je me suis penché sur ce film.

Alors que Bonnie et Clyde parcourent les Etats-Unis dans une cavale sanglante, les autorités sont prêtes à tout pour arrêter le couple de bandits. Quand tout semble avoir échoué, Miriam Ferguson, gouverneure de l'état du Texas. choisit de faire appel à Frank Hamer et Maney Vault, deux Texas Rangers en retraite. Commence alors une longue traque où les deux chasseurs vont suivre Bonnie et Clyde, adulés par nombre d'Américains de la Grande Dépression. 

John Lee Hancock, réalisateur de "The Highwaymen", est plus connu pour son activité de scénariste. Dans le cadre de celle-ci, on lui doit quelques scripts majeurs, dont certains mis en images par Clint Eastwood. On se souviendra, par exemple, de "Minuit dans le jardin du bien et du mal" ou du très beau "Un monde parfait", où Kevin Costner avait eu l'un de ses plus beaux rôles. 
La boucle est bouclée, puisque c'est ce dernier qui est la plus belle raison de voir "The highwaymen" : le duo qu'il forme avec Woody Harrelson est simplement parfait. Plus ça va, plus je trouve que ces acteurs se bonifient avec l'âge. Le cas de Costner est exemplaire : propulsé en quelques films au rang de star numéro un, puis chutant brutalement de son piédestal, on le retrouve régulièrement dans des rôles, parfois secondaires, où il peut montrer toute l'étendue de son talent, quitte à prendre des risques (et je ne parle pas d'erreurs comme "3 days to kill"). Aux côtés de Costner, Woody Harrelson est lui aussi remarquable, dans son rôle d'homme dépassé par son époque. On notera également quelques jolies prestations dans les seconds rôles, dont celui de Kathy Bates, trop rare au cinéma.

Mais c'est surtout la peinture de l'époque qui est impressionnante dans "The highwaymen" : les Etats-Unis d'après le krach de 1929 sont décrits ici avec une minutie remarquable. Utilisant une lumière souvent froide, Hancock livre le portrait d'années de misère, plongeant ses héros au milieu de ceux qui vécurent la Grande Dépression de l'intérieur. La réalisation, sobre et efficace, est elle aussi de très haut niveau. Le budget conséquent du film (pas loin de 50 millions de dollars) fut utilisé avec intelligence : ce film n'a rien à envier à bon nombre de blockbusters.

A n'en pas douter, "The Highwaymen" aurait mérité de sortir dans les salles obscures, tant son thème, son décor, sa réalisation et (surtout) son interprétation en faisaient un film intéressant. On peut s'interroger sur le sort de ce long métrage, quand d'autres films, de bien moindre épaisseur, ont droit à plus d'égards. 



vendredi 14 décembre 2018

Pour elle (2008)



Avant de se tourner vers la comédie (notamment "Radin !" ou le récent "Le jeu"), Fred Cavayé, ancien photographe de mode, s'est fait un nom avec des films où l'action était omniprésente. Ainsi, il réalisa coup sur coup "Pour elle", "A bout portant" et "Mea culpa". Le premier de ces films, qui était également son premier long métrage, mettait en scène Vincent Lindon, habitué des rôles d'hommes ordinaires trouvant au fond d'eux le courage (je songe notamment à l'épatant "La loi du marché" ou à "Welcome"). Appréciant particulièrement cet acteur, j'ai eu envie de visionner de film, condamné depuis à hanter les grilles des programmes télévisés.

Lisa et Julien forment un couple des plus heureux, avec leur fils Oscar. Tout va pourtant basculer en un instant : sans comprendre comment ni pourquoi, Lisa est arrêtée et emprisonnée, pour le meurtre de sa patronne. Alors que tout l'accuse et que Lisa est sur le point de renoncer, Julien décide de la faire évader de prison. Celui qui était un honnête professeur de lycée va se montrer prêt à tout, pour elle.


Si le pitch du film peut laisser penser qu'on va assister, dans "Pour elle", à la métamorphose d'un homme, et que le moteur de cette mutation est l'amour qu'il porte à sa femme, ce parcours n'est pas l'objet principal du film. Fred Cavayé, pour son premier film, le revendique haut et fort : "Pour elle" est un film d'action, un thriller louchant fortement vers ceux venus d'outre-Atlantique. Le réalisateur a sans doute vu et apprécié "Le fugitif" et ses cousins, films où le héros doit, seul contre tous (et contre les autorités) prouver son innocence, ou celle de son aimée.

Une fois ce postulat posé, il faut reconnaître que l'ouvrage remplit le cahier des charges : on ne s'ennuie pas une seconde, en compagnie d'un Vincent Lindon toujours épatant et d'une Diane Krueger convaincante (en tout cas bigrement plus que dans le registre comique, comme dans "Un plan parfait", par exemple). Si l'on laisse de côté son esprit critique et qu'on veut simplement se divertir, "Pour elle" est de ces produits parfaitement calibrés et remplit sa mission, quitte à être rapidement oublié après son visionnage.

Par contre, si l'on se penche un peu plus sur son cas, et malgré une réalisation efficace, on déplorera l'usage abusif de ficelles scénaristiques (les héros échappent toujours au danger de justesse) et, surtout, l'absence de traitement d'une partie vitale de l'intrigue au profit de l'action. En effet, bien que le début du film le laissait envisager, "Pour elle" évacue très rapidement la question de l'innocence de l'héroïne et du rétablissement de la vérité : l'adrénaline avant tout, donc.

Si, sur la forme, "Pour elle" remplit parfaitement sa mission, en posant son ambiance et en déroulant son action tambour battant, il peut décevoir sur le fond. Se souciant de la psychologie de ses personnages comme d'une guigne et laissant de côté nombre de questions, le film taille sa route, mais peut laisser les spectateurs exigeants sur le bas-côté.

Ce film a été vu dans le cadre du Movie Challenge 2018, pour la catégorie 
"Un film réalisé par un non-réalisateur à l’origine"

dimanche 13 mai 2018

Big Game (2014)


Il est des jours où l'on a envie de mettre son cerveau de côté et de regarder un film qui ne nous usera pas les neurones. Il y  a des tas de films qui peuvent répondre à ce besoin et certains le font même très bien, sans donner l'impression d'avoir abêti leur spectateur. D'autres, non. L'autre soir, au vu du pitch de "Big Game", j'ai flairé le Die-Hard-like et ai eu un moment de faiblesse. Allais-je le regretter ?

Quels idiots, ces terroristes ! En voilà un qui a décidé de faire s'écraser Air Force One en pleine Laponie (le pays du Père Noël, autant vous dire qu'il y fait frisquet), pour s'emparer du Président des Etats-Unis. S'il avait su que le jeune Oskari, pour célébrer ses treize ans et respecter un vieux rite de passage de son village, devait faire ses preuves en passant une nuit et une journée dans cette même forêt, il aurait changé son plan. Mais non, le terroriste étant un peu crétin, il s'entête et va au-devant de gros ennuis. Tant pis pour lui, ça va barder.

Si le cadre de l'action nous change des décors habituellement utilisés pour ce genre de film (en général, c'est souvent dans une grande métropole que les terroristes font des leurs), il ne faut que quelques scènes pour se rendre compte que "Big Game" n'a pas grand chose de grand, ni de mémorable. Ecrit et réalisé par Jalmari Helander (qui n'a plus sévi depuis), ce film dispose pourtant d'un casting intéressant : pour épauler le jeune Onni Tommila, on retrouve rien moins que Samuel L. Jackson (capable du meilleur comme du pire dans ses choix de rôles), Ray Stevenson, Ted Levine, Jim Broadbent, Felicity Huffman et Victor Garber. On part donc avec un décor original (à défaut du pitch) et un casting qui a du potentiel. Il manque juste un scénario qui tienne debout. Entre péripéties peu crédibles et punchlines improbables, "Big Game" accumule ce qui se voudrait être des morceaux de bravoure : entre une chute dans un congélateur (c'est le bazar, cette forêt, on vous dit) et une séquence improbable dans un lac finlandais visiblement bien chauffé, on peut se demander si le film se prend lui-même au sérieux. 

Le pire est sans doute que tout ce petit monde donne l'air de se prendre au sérieux, entre le méchant impeccablement coiffé mais vraiment très méchant et le président des Etats-Unis baguenaudant dans la forêt finlandaise, avec une chaussure en moins. Quand ce genre de film est bien fait et qu'il ne prend pas son spectateur pour une andouille, ça peut donner de très bonnes choses : hélas, n'est pas John McTiernan qui veut. En l'occurrence, Jalmari Helander, remarqué auparavant pour "Père Noël Origines" (rien que le titre me fait peur), livre un action-movie qui n'arrive jamais à faire vibrer son public : un comble !

Ce film est soit un nanar, soit un plaisir coupable : tout dépend du recul qu'on prend en le visionnant. J'avoue pencher pour la première hypothèse.


jeudi 27 juillet 2017

Go fast (2008)


L'été, il est de coutume d'être moins exigeant : le spectateur peut se laisser aller à voir un film qu'il aurait dédaigné en temps normal. On peut mettre quelques neurones en vacances et choisir de passer du bon temps, sans trop réfléchir. L'autre soir, j'ai laissé ma zappette m'offrir "Go fast", tentative française de thriller . J'étais passé à côté de ce film lors de sa sortie. Alors, pourquoi pas, d'autant plus qu'il entrait dans le cadre de ce blog (à savoir un insuccès, public pour le coup). Mauvais timing aidant, j'ai loupé le générique et n'avais donc pas intégré la présence du logo "Eurocorp" à la production. Si je l'avais vu, j'aurais peut-être pu m'attendre à un traitement plus proche de "36 quai des orfèvres" que de "Taxi".

Marek est policier et lutte avec ses collègues contre le trafic de stupéfiants. Lors d'une opération qui tourne mal, ceux qui travaillent avec lui sont tués sous ses yeux. Peu après, encore marqué par ce drame, Marek est muté dans une nouvelle unité de la police judiciaire : il va devoir infiltrer un réseau de trafiquants, dont la spécialité est le go-fast. A l'aide d'automobiles souvent volées et chargées de dizaines de kilos de cannabis, les bandits remontent à toute vitesse l'autoroute de l'Espagne jusqu'à Paris.
Pour Marek, la mission s'annonce difficile...

En général, lorsqu'une production Eurocorp s'annonce, il est question de flingues et de grosses cylindrées, de préférence des Audi (Luc Besson doit avoir un faible avec cette marque, ça n'est pas possible autrement). Par contre, dans ces films cherchant à tout prix à attirer un maximum de public dans les salles (le public en question étant généralement composé de jeunes mâles que la présence de grosses voitures et de flingues émeut fortement), la vraisemblance est aux abonnés absents. En cela, le début (et l'affiche, du moins dans son tiers inférieur) de "Go Fast" peut étonner : c'est la carte du réalisme qui est brandie, dirait-on, du moins dans les premières séquences. Enfin, cet argument du réalisme ne tient que si l'on est client de cette vision qu'en offre souvent le petit écran, plus particulièrement lorsqu'il est en quête de sensationnalisme et en devient très critiquable.

On peut donc grimacer devant les passages louchant fortement vers le documentaire sur l'entraînement du RAID, tendance M6 du dimanche soir, s'agacer que le réalisateur se sente obligé de jouer des textes incrustés pour aider les spectateurs, et même sourire lors de scènes où les trafiquants expliquent comment ils produisent leur cannabis, dignes de certaines publicités pour du café (j'avoue, j'ai pensé "Il est bon, ton cannabis, El Gringo").

Enfin, quitte à enfoncer le clou : le scénario prend souvent les spectateurs pour des idiots, insistant lourdement pour qu'ils comprennent ce qui se passe. Là où d'autres metteurs en scène auraient fait preuve de finesse, en laissant le public réfléchir un petit peu, Olivier Van Hoofstadt se retrouve réduit à expliquer ce qui se passe. L'exemple le plus flagrant est celui où le héros se retrouve face aux deux meurtriers de ses collègues et fixe l'arme qu'arbore l'un d'entre eux. Non content de faire dire au criminel que c'est l'arme d'un policier qu'il a tué (ce qu'on aurait pu comprendre de façon plus fine), le film nous assène un flash-back où l'on revoit la scène, histoire de bien comprendre d'où vient l'arme (dont ce sera la seule utilité dans le scénario, soit dit en passant). 

L'interprétation, pas toujours heureuse, laisse penser que les acteurs ont été peu dirigés et qu'ils font
leur numéro dans leur coin, quitte à livrer des prestations caricaturales : Roshdy Zem fait souvent la gueule, Olivier Gourmet n'a qu'un rôle très anecdotique et la caméra s'attarde souvent (comme par hasard) sur le joli décolleté de Catalina Denis (sans doute pour faire plaisir au public mâle dont je parlais plus haut). Et je vous épargne le personnage inutile d'un agent américain joué par Grégory Gadebois (acteur que j'apprécie pourtant), avec un accent plutôt rigolo. 

Se targuant d'un ton réaliste, "Go Fast" laisse cependant songeur : on aimerait savoir que les forces de l'ordre disposent de tels moyens, mais il est permis d'en douter. Le seul budget "automobile" du film aurait sans doute permis à pas mal de cinéastes de mettre en scène des œuvres moins oubliables et, surtout, qui apportent quelque chose au spectateur. Malgré un début prometteur, vite torpillé par le traitement asséné au sujet, "Go Fast" devient vite un énième film avec des voitures et de la violence, genre dont l'intérêt m'échappe. 

Il est amusant de constater qu'Olivier Van Hoofstadt met en avant les mêmes personnages sur lesquels il tirait à boulets rouges dans "Dikkenek". En deux films, le réalisateur réussit à lier thèse et antithèse : il y a de quoi être admiratif...ou pas.

Ce film a été vu dans le cadre du Movie Challenge 2017, dans la catégorie "Un film policier/thriller".


mardi 3 janvier 2017

Moonwalkers (2016)


On nous cache tout, on nous dit rien, c'est bien connu. Difficile de faire un pas sur Internet sans tomber sur un complotiste, persuadé que la vérité est ailleurs. Un des exemples les plus fameux de conspirations sur le mode "plus c'est gros, plus ça passe" est celle ayant entouré l'alunissage de la mission Apollo XI, en 1969. Pas mal de nos semblables restent persuadés que tout ceci ne fut qu'une fumisterie, et que les images d'Armstrong et Aldrin furent le fruit d'un tournage en studio, sous la houlette de Stanley Kubrick himself. Pour son premier film, Antoine Bardou-Jaquet a voulu raconter l'histoire de cette prétendue mystification, avec "Moonwalkers". Malgré la présence de Rupert Grint et de Ron Perlman au générique, ce ne fut pas le triomphe attendu. 

Juillet 1969 ; au plus fort de la Guerre Froide, la NASA envoie la mission Appolo XI vers la Lune. Le spectre de l'échec plane au dessus de cette mission et la CIA décide d'envoyer Tom Kidman, revenu du Viet-Nâm, en Grande-Bretagne. Là, il devra convaincre Stanley Kubrick de tourner une version studio de l'alunissage. Mais rien va ne se passer comme prévu et Kidman va aller de surprise en surprise au Royaume de sa Gracieuse Majesté.

Pour un premier film, le moins que l'on puisse dire, c'est que Antoine Bardou-Jaquet frappe fort, ou du moins vide dès ses premières images pratiquement tout son chargeur, quitte à ne plus avoir de munitions pour la suite. Ce buddy-movie sous acide (et autres substances en vogue à l'époque) affiche clairement son ambition esthétique , dès le générique animé (et plutôt remarquable). Entre situations improbables, décors très seventies et personnages déjantés, "Moonwalkers" propose un voyage dans une époque, quitte à la caricaturer, mais sans cependant assumer totalement son côté farce.

La deuxième facette du film louche vers l'affrontement entre gangsters, façon Guy Ritchie, modèle évident du réalisateur. Dès que les armes sont sorties, et elles peuvent prendre la forme d'un fusil à pompe comme d'une pelle de chantier, c'est une violence elle aussi caricaturale qui prend le pas et contraste avec l'ambiance psychédélique des séquences consacrées au tournage du fameux film.  On pourra regretter que ce grand écart entre deux styles donne au long métrage un aspect bicéphale qui lui nuit souvent. 
Le duo, a priori improbable, composé de l'immense Ron Perlman et de Rupert Grint, fonctionne bien, mais ne suffit hélas pas à faire de "Moonwalkers" une vraie réussite, malgré de sympathiques prestations en ce qui concerne les seconds rôles (je songe notamment à Robert Sheehan). Enfin, pour finir par une note plus positive, on se régalera avec la bande originale qui contient quelques standards de l'époque (le contraire aurait été maladroit), forcément délicieux à l'oreille, surtout quand ils illustrent les séquences les plus drôles du film. 

Souvent bancal, parfois maladroit, "Moonwalkers" est un divertissement sympathique et dynamique, qui aurait sans doute gagné à exploiter plus avant son outrance, quitte à laisser de côté sa partie axée sur l'action. On se régalera cependant de son esthétique, quitte à ce qu'il ne marque pas les mémoires.









lundi 1 février 2016

Forces spéciales (2011)


Les hommes des forces spéciales, qui interviennent dans les pires situations, au péril de leur vie, furent plus d'une fois à l'actualité, ces derniers mois. La vie qui est la leur, en service ou en civil, mériterait qu'on leur consacre un film digne de ce nom. C'est sans doute ce que s'est dit Stéphane Rybojad, pour son premier (et dernier à ce jour) long-métrage de fiction, "Forces spéciales". Totalement passé sous mes radars lors de sa sortie, ce film a été récemment télédiffusé. Méritait-il son triste sort ?

En mission en Afghanistan, la reporter Elsa Casanova est prise en otage par les Talibans. Très vite, le gouvernement français organise une expédition destinée à la sauver du sinistre destin qui est promis. Si on n'agit pas rapidement, la jeune femme sera décapitée et les seuls à pouvoir agir sont les hommes des Forces Spéciales. 
Alors, un groupe d'entre eux est parachuté au Pakistan, avec pour mission de sauver la jeune femme.


Le réalisateur de "Forces spéciales" est issu du monde du documentaire et, dès les premières séquences, on peut constater qu'il a gardé quelques habitudes venues de cet univers, en particulier celle d'indiquer à l'écran le nom des personnages qui apparaissent, ainsi que les lieux de l'action. Dans un film bien écrit, le scénario est assez habile pour faire en sorte que pareil procédé nous soit épargné. Autant dire que "Forces spéciales" commençait mal. 

La suite n'arrange rien : les premiers échanges entre personnages, à coup de punchlines plus ridicules qu'efficaces, annonce que "Forces spéciales" se prend très au sérieux, mais n'est pas crédible, hélas. Ressemblant très vite à une publicité à la gloire des forces militaires françaises, le film s'enfonce très vite en territoire de nanardise, et remplit son vide à l'aide de scènes d'action souvent peu crédibles, reliées entre elles en dépit du bon sens.

Les personnages de "Forces spéciales" sont une impressionnante collection de clichés. Les interprètes jouent sans conviction, voire faux pour certains. Diane Kruger, Djimon Hounson, Denis Ménochet, Benoît Magimel, Raphaël Personnaz, veillez à ne pas faire figurer "Forces spéciales" sur votre curriculum vitae, cela vaut mieux.

Visiblement, Stéphane Rybojad n'a pas eu assez d'argent pour s'acheter un trépied. Ayant visiblement peur d’attraper des escarres, il ne s'offre jamais le temps d'un plan fixe et filme tout caméra à l'épaule, épuisant son spectateur et n'exploitant jamais les magnifiques décors où son film a été tourné.

Cerise sur le gâteau, la bande-son achève de transformer le film en un immense vidéo-clip à la gloire de l'Armée Française. Au vu du résultat, celle-ci a bien mal été récompensée des moyens qu'elle mit à la disposition de la production.  



mercredi 16 septembre 2015

Nuit blanche (2011)


Un vrai film d'action à la française, ça vaut le coup d'oeil, non ? Attention, je ne vous parle pas ici des pseudo-blockbusters produits à la chaîne par EuropaCorp et qui louchent tant sur leurs modèles d'outre-Atlantique qu'on a peine à les croire hexagonaux. J'évoque aujourd'hui le film de genre tel qu'en produisit parfois le cinéma français, à sa grande époque. Les réalisateurs d'alors s'appelaient Melville ou, plus proche de nous, Alain Corneau, voire Olivier Marchal. On me rétorquera peut-être que ce genre n'est pas totalement mort : ses derniers soubresauts s'observe surtout sur le petit écran ou, plus rarement, avec quelques films assumant leur ascendance (on pourrait évoquer les films de Fred Cazayé, par exemple).

Infiltré dans un gang de narco-trafiquants, Vincent, un policier, leur dérobe un gros sac de cocaïne, mais a le malheur d'être repéré par les gangsters. Ceux-ci prennent son fils en otage et le retiennent dans une immense boîte de nuit, qui appartient à un clan mafieux. la nuit qui s'annonce va être haletante : Vincent doit récupérer son fils, sans se faire éliminer par les trafiquants. Et c'est sans compter la présence de ses collègues, pas forcément au fait de son identité réelle, et pas tous du bon côté...


Un héros, seul contre tous, dans un lieu quasiment clos : la filiation avec "Die hard", pierre angulaire du cinéma d'action, saute aux yeux. Malgré une apparente économie de moyens, c'est une réelle ambition qu'affichait Frédéric Jardin (frère d'Alexandre Jardin, soit dit en passant). Bien mal récompensé en matière d'audience, "Nuit blanche" (quel titre affligeant de banalité, aussi), s'il ne méritait pas un triomphe public, n'avait rien fait pour recevoir une telle déculottée lors de sa sortie. Il faut le reconnaître : la tentative, pour maladroit qu'elle est parfois, est sincère et parfois réussie. 

Tomer Sisley, ancien humoriste reconverti dans le cinéma d'action (on se souviendra, ou pas, des deux opus de "Largo Winch"), montre ici qu'il est capable d'être le héros d'un film fonctionnant uniquement à l'adrénaline, même s'il échoue souvent à solliciter le cortex de son spectateur. Face à lui, ses partenaires se montrent à la hauteur et donnent de belles prestations, qu'il s'agisse de Joey Starr, de Serge Riaboukine (qu'on désespère de voir obtenir autre chose que des seconds rôles), de l'étonnant Julien Boisselier ou de la remarquable Lizzie Brocheré (vue récemment dans la série "The Strain"), pour ne citer qu'eux. 

Louchant fortement sur "Die Hard", avec son héros qui en prend plein la tête et continue, martel en tête, à se faufiler entre les clubbers, progressant dans les faux-plafonds, défonçant les portes et dévastant une cuisine lors d'une scène mémorable, "Nuit blanche" permet de passer un bon moment, même s'il perd souvent son spectateur dans le labyrinthe artificiel qui lui tient lieu de décor.

On regrettera un scénario assez maigre et avare d'autre chose que d'action. La mise en scène efficace de Frédéric Jardin, qui fit ses preuves avec la série "Braquo" est pour beaucoup dans l'appréciation globalement positive de cette "Nuit blanche". Pour une fois qu'un film français assume son genre jusqu'au bout sans se dégonfler comme une baudruche, saluons le geste. 




jeudi 23 juillet 2015

Hudson Hawk, gentleman et cambrioleur (1991)


Même si sa carrière n'est plus à son apogée, il fut un temps pas si lointain où le simple nom de Bruce Willis suffisait à assurer le succès d'un film. Il y eut cependant, dans la filmographie de cet acteur quelques longs métrages qui n'eurent pas le succès escompté. "Hudson Hawk, gentleman et cambrioleur" est de ceux-ci. A la fois film d'action et comédie d'aventures, ce film de Michael Lehmann n'a guère laissé de souvenirs dans la mémoire des cinéphiles. 

Drôle de personnage que cet Hudson Hawk, qui utilise les standards de la musique américaine pour chronométrer ses coups tout en chantant et cambriole les plus grandes œuvres d'art avec désinvolture. Alors, forcément, lorsqu'il sort de dix ans de prison, ses talents font qu'il est vite recruté pour dérober une sculpture de Leonard de Vinci, avec la complicité de son vieil ami Tommy. Ses ennuis et ses aventures ne font alors que commencer. 

Une chose est sûre, au visionnage de "Hudson Hawk", c'est qu'on est ici, avant tout, pour s'amuser. Sous couvert d'une histoire où le héros est sensé s'emparer d'objets hors du commun, poursuivi à la fois par des agences secrètes et de mystérieux hommes en armes, faisant montre de ses talents de cambrioleur et devant affronter la CIA, le Vatican et pas mal d'individus complotant les uns contre les autres, c'est plus un cartoon qu'un véritable film d'aventures que nous offrait alors Michael Lehmann. Cet "Hudson Hawk" a du laisser pas mal d'admirateurs des biceps de Bruce Willis sur le bord de la route.

Le plus grand défaut de "Hudson Hawk", c'est sans doute de ne jamais se prendre au sérieux. Pourtant revendiquée, cette propension à la dérision a sans doute été ce qui nuit le plus au succès de ce film, à une époque où il ne fallait pas plaisanter avec les films d'action. Alors, souvent bancal, voire déséquilibré, parfois tout à fait caricatural (notamment dans ses protagonistes), "Hudson Hawk" ne pouvait pas triompher au box-office, cela paraît évident avec le recul.

Truffé de placements de produits (ça pourrait devenir le jeu dans le film). "Hudson Hawk" même s'il
a sévèrement vieilli, n'est sans doute pas l'infâme daube qu'on a bien voulu dire, ça et là. Certes, son scénario est abracadabrant, certes, c'est souvent filmé à la va-vite, mais ce film monté sur ressorts, se permettant des fantaisies sans vergogne, s'est sans doute bonifié avec les années et peut vite être considéré comme un petit plaisir un brin coupable.

Certes, "Hudson Hawk" n'a rien d'un film mémorable, et fit longtemps tache dans la filmographie de son acteur principal. Si c'est une oeuvre mineure dans le parcours de Bruce Willis, aux yeux du grand public, ça n'est certainement pas le film dont il puisse le plus rougir. On sent d'ailleurs que la star s'amuse à incarner cet Arsène Lupin surexcité, et qu'il prend visiblement plaisir à pousser la chansonnette par moments (n'oublions pas qu'il s'agit d'un des ses talents méconnus). A ses côtés, on se régalera de la présence de la divine Andie Mc Dowell, ainsi que de la présence du trop rare Danny Aiello (qui se moque de ses plus célèbres rôles avec un plaisir évident). Dans les rôles des adversaires du héros, on soulignera les prestations (souvent grand-guignolesques, mais tout à fait dans le ton du film) de Richard E. Grant,  de Sandra Bernhard, de James Coburn, et j'en passe...

Et, pour ne rien gâcher, il nous donne l'occasion de voir la délicieuse Andie Mc Dowell.
Rien que cela devrait suffire.


lundi 13 juillet 2015

47 Ronin (2013)




En 1701, au Japon, un groupe de samouraïs dont le daimyo avait été contraint de faire seppuku décida de venger son maître déshonoré. Ils allèrent jusqu'au bout de leur vendetta, tout en sachant qu'elle ne pouvait que les conduire, eux aussi, au suicide rituel. Aujourd'hui encore, après avoir donné lieu à maints traitements, et par nombre de médias différents, l'histoire de ces 47 ronin fait partie de l'histoire nationale du Japon, tant elle porte au pinacle la notion même d'honneur. La dernière adaptation en date de cette histoire nous est venue d'Hollywood et, après une genèse chaotique, fut un échec commercial cinglant. 

Kai, enfant trouvé dans les bois, est un sang-mêlé que Naganori Asano, le daimyo de la province de Ako a recueilli tout bébé. Lorsque le grand Shogun, accompagné du seigneur Kira, vient visiter Ako, des festivités en l'honneur du maître du Japon sont organisées, dont un duel entre les champions de Asano et celui du Shogun. 
Le perfide Kira, par l'entremise de la sorcière qui le seconde, prend Asano au piège. Contraint au suicide rituel, le daimyo laisse ses samouraïs  (et Kai) sans maître. Devenus des ronin, ceux-ci jurent de venger l'honneur d'Asano...et donc de tuer Kira.

L'histoire des 47 ronin est une véritable ode à l'honneur, tel qu'il est célébré par les samouraïs japonais. C'est sans doute de peur que le public ne puisse franchir le fossé culturel séparant cette culture des repères occidentaux que les scénaristes ont pris pas mal de libertés avec l'histoire originale. S'emparer d'un mythe, que dis-je, d'un monument national, pour en faire une oeuvre destinée à un public international, soit. Mais, en l'occurrence, l'histoire des 47 ronins a été sacrément passée à la moulinette pour pouvoir être ingérée par tous.
Non content d'y greffer un personnage occidental, interprété ici par Keanu Reeves (toujours aussi peu expressif), les producteurs ont cru bon d'ajouter à la très belle histoire de ces samouraïs perdus une épaisse couche de fantastique, pensant sans doute que, parce que c'est en vogue, cela rendrait le film plus bankable. Voyant sans doute que cela ne suffisait pas, ils usèrent du gros levier de la romance impossible entre Kai et la fille du daimyo, quitte à obtenir un film extrêmement chargé. 

Doté d'un budget dantesque (200 millions de dollars, paraît-il), "47 Ronin" les engloutit dans des décors somptueux, des costumes superbes, mais aussi pas mal d'effets spéciaux foireux et souvent peu utiles à l'histoire. Le réalisateur, Carl Erik Rinsch, dont c'était le premier long métrage, semble n'avoir à aucun moment contrôlé le projet qui lui fut alors confié.  
Après un tournage chaotique et une post-production calamiteuse, de multiples reports de sortie (dus en partie à une inutile conversion en 3D), lorsqu'il sortit enfin en salles, "47 Ronin" partait avec un gros handicap, et fut naturellement le désastre financier annoncé. 

Le pire est sans doute que "47 Ronin" n'est même pas l'épouvantable bouse criée ça et là. Doté d'indéniables qualités esthétiques et réussissant par moments à porter l'esprit de l'histoire originelle, ce film maudit reste un honnête divertissement, voire une oeuvre dont transpire parfois le matériau originel, sous les épaisses couches de fantastique, de romance et d'action qui le recouvrent la plupart du temps. Esthétiquement très réussi, "47 Ronin" rate le but qu'on aurait pu lui fixer, à cause d'un scénario lourdingue, alors que l'épure lui aurait conféré de grandes vertus. 
On notera enfin une belle bande originale, hélas souvent trop présente, malgré ses qualités. 

Il y a fort à parier que "47 Ronin" rejoigne "John Carter" au rang des échecs qui condamnèrent leur réalisateur au purgatoire, avant de finalement trouver grâce aux yeux de quelques fans. En attendant, loin d'être la purge clamée ça et là, ce film mérite sans doute un peu d'indulgence. 


samedi 13 juin 2015

Conan (2011)


Robert Howard, romancier tourmenté (il se suicida à l'âge de 30 ans, en 1936), est l'un des pères fondateurs de la fantasy. Son personnage le plus connu, Conan, a déjà donné lieu à des adaptations cinématographiques, en plus d'avoir inspiré des comics, des jeux de plateau (la dernière création en date a pulvérisé les records de souscription sur Kickstarter), des dessins animés et plus encore. Pourtant, les aventures de Conan au cinéma n'ont pas toujours rencontré le succès. La dernière en date, réalisée par Marcus Nispel (à qui l'on devait déjà "Pathfinder") a été un bel échec commercial et critique. 

Conan, le Cimmérien, est né sur un champ de bataille, où a péri sa mère. Élevé par son chef de clan de père, il est devenu un garçon solide. Quand les troupes de Khalar Zym, venu chercher le dernier morceau d'un masque qui lui donnera la toute-puissane, envahissent son village et le déciment, Conan, devenu orphelin, n'a plus qu'un but : venger son père.
Khalar, de son côté, n'aspire qu'à réassembler le masque et à procéder à la cérémonie qui fera de lui l'égal d'un dieu. Lorsque Conan atteint l'âge d'homme, il est sur le point d'y parvenir (et on se demande pourquoi il a attendu autant, d'ailleurs).

En visionnant ce film, étant amateur des écrits originaux et considérant le film de John Milius comme une adaptation finalement réussie, j'avais un pressentiment. Ce "Conan", cuvée 2011, ne pouvait être qu'un ratage. J'aurais aimé me tromper.
Le premier problème de ce film est son réalisateur, Marcus Nispel, visiblement persuadé qu'énervement est synonyme de dynamisme. Sur l'écran, ça bouge dans tous les sens et les scènes perdent souvent toute lisibilité et tout sens. Le montage quasiment frénétique (les plans font rarement plus de quelques secondes) rendent nombre de séquences épuisantes en plus d'être brouillées. Et pourtant, malgré cette rapidité qui leur nuit, nombre de scènes réussissent à paraître trop longues. Marcus Nispel, le réalisateur, avait déjà fait montre de son style avec "Pathfinder", il récidive ici au point qu'on aimerait lui offrir un trépied, afin qu'il nous offre une fois de temps en temps un plan fixe.

Du côté de l'interprétation, il va sans dire que Jason Momoa (le Khal Drogo de "Game of Thrones") n'a pas l'épaisseur d'Arnold Schwarzenegger. On pourra se consoler avec la présence de Ron Perlman (visiblement venu pour le chèque et dont le rôle est presque trop important, surtout si on compare avec le Conan de 1982), de Stephen Lang (le méchant de "Avatar" et de "Terra Nova", visiblement abonné aux rôles de bad guy), de  la très jolie Rachel Nichols, de Saïd Taghmaoui (il semblerait qu'on ait perdu définitivement cet acteur, pourtant bouleversant à ses débuts dans "La haine") ou de Rose McGowan. 

Cependant, le plus grand reproche qu'on peut faire à ce "Conan" reste son scénario et le peu d'intelligence avec laquelle le personnage du Cimmérien est exploité. Celui décrit dans les romans comme un homme hanté par son destin, qui ne rechigne pas à se faire voleur quand le besoin s'en fait sentir, devient ici une brute épaisse qui fonce tête baissée et donne de l'épée avant de discuter, quand il en prend la peine. On entrevoit de temps à autre, qu'il s'agisse du décor ou du contexte, les ombres ou les fantômes de l'oeuvre originelle, mais les espoirs qu'ils suscitent sont rapidement torpillés par la réalisation outrancière de Nispel. 

Etait-il bien utile de produire un remake du film de John Milius (avec, a fortiori, un scénariste bien moins talentueux qu'Oliver Stone) ? La réponse est clairement négative. Ce n'est pas encore cette fois qu'un film rendra hommage à l'oeuvre du grand Robert Howard.





mercredi 4 février 2015

600 kilos d'or pur (2009)


Le film d'aventures français est une denrée rare. Les cinéastes français qui donnèrent ses lettres d'or à ce genre, qu'ils se nomment Verneuil, Enrico ou Clouzot, n'ont pas trouvé de successeurs dignes d'eux. Pourtant, ils sont nombreux, ceux qui se frottent à l'exercice du film de genre, mais il est bien rare que la réussite ou le succès (et je ne vous parle pas de la combinaison des deux) soit  au rendez-vous. Dans le cas récent de "600 kilos d'or pur", ni la critique, ni le public ne suivirent. 

Un groupe d'aventuriers décide de braquer une mine d'or située en Guyane, et exploitée par des entrepreneurs sans scrupules. Le butin, 600 kilogrammes d'or pur, tout juste extrait des filons voisins, a de quoi faire des envieux.
Mais l'affaire ne tourne pas aussi bien qu'espéré. Quand leur hélicoptère les lâche, la petite troupe se voit contrainte de s'enfoncer dans la jungle, tout en étant poursuivie par les hommes au service de l'exploitation minière. Les fuyards vont devoir affronter la nature, ceux qui les poursuivent, et aussi la fièvre de l'or, qui va vite gagner les membres du groupe.

Eric Besnard a fait ses premières armes en tant que scénariste, notamment sur le très réussi "Le convoyeur". On avait tout lieu d'espérer que son expérience donnerait un film de genre digne de ce nom. Hélas, après "Ca$h" et "Le sourire du clown", son troisième film confirme les craintes qu'on pouvait avoir. Ce n'est pas encore cette fois qu'un film d'aventures français entraînera son spectateur dans des péripéties mémorables. Pourtant, les premières scènes, en jetant un regard intéressant sur l'exploitation des ressources aurifères, "600 kilos d'or pur" disposait d'atouts qu'il n'exploite hélas pas. Une fois expédiée la séquence du casse, c'est la maladresse qui prend les commandes de la réalisation. Les scènes sont souvent répétitives, les symboles assénés avec la délicatesse d'un bulldozer, tandis qu'une bande originale agaçante vient ponctuer les étapes souvent téléphonées d'un scénario plat. 

Du côté de l'interprétation, c'est le pompon. Chargés de donner vie à des personnages caricaturaux auxquels il est difficile de croire, les acteurs en font souvent des tonnes, pour alimenter un scénario désespérant de clichés et de facilités. Pataugeant dans l'intrigue autant que dans le fleuve dans lequel ils passent la majeure partie du film, les acteurs donnent l'impression de ne pas croire en l'histoire à laquelle ils participent. De Clovis Cornillac (en baroudeur désabusé mais qui, au fond, a un cœur gros comme ça) à Audrey Dana (en veuve éplorée qui reprend pied en quelques scènes), en passant par Bruno Solo (sans doute le pire personnage du film), tous alignent les pires clichés, incarnant des caricatures d'aventuriers. Même Patrick Chesnais, dont le personnage disposait d'un potentiel intéressant, n'arrive pas à relever le niveau de l'ensemble.

Il y aurait matière à alimenter le propos de ce film, notamment sur l'exploitation brutale et sauvage des ressources et des natifs guyanais par ceux qui exploitent les filons aurifères. Évacué en deux temps trois mouvements, ce thème laisse vite le champ libre à ce qui se veut un périple en territoire de sueur, mais ressemble plus à un parcours du combattant (pour le spectateur). Là où "Blood diamond" réussissait à mixer aventures et discours politique, "600 kilos d'or pur" échoue de façon pataude sur les deux tableaux. Film d'aventure poussif, bourré de longueurs et dont les personnages sont caricaturaux, "600 kilos d'or" est - hélas ! - un échec. 
C'est lourd, 600 kilos : ce film est tout aussi pesant.



mardi 11 février 2014

White House down (2013)



Il ne faisait pas bon traîner ses guêtres du côté de la Maison Blanche en 2013. En effet, à quelques mois d'intervalle sortirent deux films où l'édifice le plus célèbre des Etats-Unis était la cible d'une attaque terroriste et où un homme seul devait affronter une horde d'affreux pour tirer le Président de la première puissance mondiale du bourbier. Après "La chute de la maison blanche" ("Olympus has fallen" en version originale) réalisé par Antoine Fuqua, vint "White house down" (notez la concomitance des titres, en plus de celle des thèmes), réalisé par Roland Emmerich, le plus américanophile des cinéastes allemands. De ces deux déclinaisons du même thème (un Die Hard-like, pour faire bref), celui qui fut le plus gros bide ne fut pas celui qu'on pensait. Pour la première fois après les succès de "Independance Day" (où il s'en prenait déjà à la Maison Blanche), de "Godzilla" et de "2012", Roland Emmerich connut les affres de l'échec commercial.

Cette journée aurait pu commencer comme les autres, pour John Cale, flic aux gros bras qui donnerait tout pour faire partie des gardes du corps du Président des Etats-Unis. Alors qu'il fait à sa fille la surprise de l'emmener visiter la Maison Blanche, voilà qu'il se retrouve au coeur d'une prise d'otages, dont les responsables sont prêts à tout pour parvenir à leurs fins. 
Seul contre tous, ou presque, John Cale va donc devoir secourir le Président et mettre leur misère aux méchants qui ont gâché ce qui s'annonçait pourtant comme une belle journée. Il est comme ça, John : il a le fond gentil, mais il ne faut pas l'embêter, ni s'en prendre à sa fille et encore moins au Président.

Avec Roland Emmerich aux manettes, une chose est sûre : il ne faut pas s'attendre à une comédie romantique ou un drame psychologique. Après avoir tout cassé dans la plupart de ses films, le réalisateur se contente, dans celui-ci, de dévaster la Maison Blanche, édifice sacré Outre-Atlantique. Il s'en faut de peu d'ailleurs, qu'il fasse plus de dégâts et l'on en saura gré au héros du film.

On aurait pardonné à Roland Emmerich de livrer son Die Hard (surtout au regard de ce qu'est devenue la dite franchise) s'il avait sur se cantonner au genre et n'avait pas sombré dans les excès qui sont les siens. Débordant de l'admiration qu'il porte à l'Oncle Sam (on n'échappe pas aux plans du drapeau américain et de la bannière présidentielle) et de sa puissance de frappe, "White House down" ne recule devant rien et devient vite totalement too much, qu'il s'agisse des scènes d'action ou des rebondissements du scénario. Et je vous épargne les multiples placements de produits, faits avec la finesse d'un bulldozer. 
En comparaison, l'outsider "La chute de la Maison Blanche" en devient plus intéressant. C'est dire.

Du côté des acteurs, là aussi, c'est gratiné : Channing Tatum, sans doute engagé pour son physique, fait preuve d'un charisme de parpaing, tandis que Jamie Foxx peine à rendre crédible son personnage. En méchant sans vergogne, James Woods cabotine comme rarement, tandis que Maggie Gyllenhall est tout simplement mauvaise. Mais il y a belle lurette que l'on savait que la direction d'acteurs n'est pas le fort d'Emmerich.

Tellement énorme qu'il en devient presque amusant, "White House Down" est un festival de surenchères. Jamais crédible et rarement distrayant, il donne l'impression de prendre le spectateur pour un simplet qui goberait encore des recettes d'il y a une vingtaine d'années.



mercredi 26 décembre 2012

Premium Rush (2012)



On se demande parfois ce qui se passe dans la tête des producteurs. Autant la mode actuelle des remakes, séquelles et reboots tend à m'agacer, autant certains films, vendus pour être extrêmement originaux, ne tiennent pas leurs promesses. Par exemple, "Premium Rush", qui fit un brin de buzz cette année, semblait avoir un petit "plus" qui l'aurait démarqué des autres productions du moment. Une fois visionné, il faut admettre qu'on a l'impression d'avoir été abusé, si vous voulez mon avis.

Wilee est sans doute le plus doué des livreurs à  bicyclette de New York. Rompu à l'exercice du slalom entre les véhicules et les piétons qui encombrent la Grosse Pomme, il voit cependant sa vie en danger lorsqu'il prend en charge un mystérieux pli. Dès lors, un individu dangereux ne va avoir de cesse de le pourchasser, afin de mettre la main sur le fameux colis.

Si l'accumulation de scènes de poursuite suffisait à faire un film, ça se saurait (et, au passage, la pitoyable saga des "Taxi" aurait droit de cité au panthéon du septième art). Sans ossature (c'est-à-dire un scénario solide qui soutient l'ensemble du film), on a bien souvent affaire, dans ce registre, à de multiples séquences sensées déclencher la sécrétion d'adrénaline chez le spectateur, à défaut de faire fonctionner ses neurones. "Premium Rush" souffre de ce défaut majeur, il faut bien le reconnaître. On a beau vouloir être indulgent, l'intrigue qui lui a été greffée fait vraiment figure de prétexte et même les allers-et-retours entre le présent et le passé font figure d'artifices peu efficaces.

A la réalisation, David Koepp, scénariste efficace quoiqu'inégal (on lui doit les scripts de "La guerre des mondes" et du quatrième opus de la saga Indiana Jones), s'avère pourtant un honnête artisan. Lui qui avait précédemment commis le très oubliable "Fenêtre secrète" (après le très bon "Hypnose", qui date tout de même de 1999) nous offre une mise en scène rondement menée, sans verser dans l'excès. Les plans sont rapides, fluides, mais restent lisibles. Les scènes de poursuite, qui forment l'essentiel du film, peuvent donc être suivies sans peine. La bonne idée est d'avoir intégré des plans où l'intinéraire suivi par notre cycliste de héros, comme on peut en obtenir sur un smartphone. 

Pour la forme, donc, il y a peu de reproches à formuler à l'encontre de ce film. C'est, comme je le disais plus haut, le fond qui pêche. Regarder un coursier tracer sa route dans New York encombré, cela va bien quelques minutes, mais cela ne fait définitivement pas un film.

Côté interprétation, hormis Joseph Gordon-Lewitt (l'acteur qui monte, depuis "500 jours ensemble", "Inception", "The Dark Knight Rises" et "Looper"), les seconds rôles sont assez médiocrement joués. Par exemple, Michael Shannon (vu dans la série "Broadwalk Empire", et prochainement dans le "Man of Steel" de Zack Snyder), en méchant de service, en fait trop et devient vite peu crédible.

Comme le dit, à un moment du film, le policier à vélo qui poursuit (lui aussi, décidément) le héros, on a envie de dire "Tu sais quoi ? J'en ai marre", avant d'abandonner la course. 

Au final, "Premium Rush" s'il tend à vous dégouter de faire du vélo en ville (a fortiori à New York), n'apporte rien au spectateur, tant son scénario est maigre. Le visionnage doit en être réservé aux admirateurs de Joseph Gordon-Lewitt (et surtout à ses admiratrices, j'imagine).