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vendredi 24 novembre 2017

Les ex (2017)


Plusieurs films de Maurice Barthélémy, ancien des Robins des Bois, ont fait l'objet de chroniques sur ce blog, et ce ne fut jamais dans de bons termes. Histoire de ne pas rester fâché et parce que son dernier opus, "Les ex", avait été un franc insuccès, j'ai choisi de le visionner. On ne sait jamais, après tout : la qualité pouvait être au rendez-vous.

Paris est la ville des amoureux, paraît-il. En nos temps d'instabilité des couples, c'est donc fatalement celle des ex, aussi. Difficile donc de ne pas croiser son ex, que l'histoire qu'il (ou elle) représente soit négative ou positive. Pour Laurent, devenu prêtre, qui se retrouve à préparer le mariage de Julie, son ex-petite amie, comme pour Antoine, un psychologue dont l'ex-femme décède accidentellement et qui récupère ses deux filles jumelles et adolescentes, l'ex n'est pas facile à oublier. Et que dire de Didier., juge d'instruction, qui traite des divorces à la chaîne et se retrouve éjecté par sa propre épouse ? Drôle d'époque, pour les couples, on dirait...

On aurait pu avoir, avec "Les ex", un film choral, qui se serait gentiment (ou pas, d'ailleurs) moqué de l'esprit romantique qui préside souvent aux films traitant du couple. On aurait aussi pu se retrouver avec une comédie mordante, portrait en creux d'une époque où on devient vite un "ex", justement et où les sentiments sont souvent au second plan. On aurait pu avoir une bonne surprise, voire un film à regarder avec plaisir. Il n'en est rien, hélas : pour ce qui est de se réconcilier avec les films de Maurice Barthélémy, ce sera pour une autre fois (ou pour jamais, plus probablement).

Mal filmé, mal écrit, joué sans entrain par des acteurs venus là pour le chèque (j'imagine, en tout cas), "Les ex", avec son affiche de film choral fédérant des personnages sur un thème commun, n'arrive à aucun moment à générer le rire, ni même le sourire. Entre numéro de cabotinage honteux (rarement Patrick Chesnais s'est fourvoyé à ce point) et jeu d'acteurs à côté de la plaque, le spectateur ne peut même pas se consoler avec les interprètes de ce méli-mélo souvent de mauvais goût.
Cerise sur le gâteau, d'incessants placements de produits donnent un aperçu de ce à quoi on aura droit, le jour où ce film sera diffusé sur M6, à la production d'ailleurs.

Ce n'est pas la première fois que Maurice Barthélémy, ex-Robin des Bois, commet un mauvais film. On se souvient de "Low Cost" ou de "Pas très normales activités", déjà chroniqués dans ces colonnes. Partant ici d'une idée qui aurait pu donner un traitement intéressant, pour peu qu'il eut été un peu fin, "Les ex" aurait sans doute pu être un film plaisant. La promesse n'est hélas pas tenue.


samedi 14 février 2015

Pas très normales activités (2013)


Internet est devenu, en quelques années, une pépinière de talents (il suffit de jeter un œil au blogroll à droite de ce billet pour en avoir un aperçu). C'est aussi l'endroit où de jeunes pousses affichent des audiences hallucinantes sur leurs chaînes vidéos, déchaînant les passions de leur (jeune) auditoire. Les plus célèbres ont pour nom Cyprien ou Norman. Ce dernier a été, il y a peu, la vedette de son premier film : "Pas très normales activités", réalisé par Maurice Barthélémy, un ancien des Robins des Bois. Il faut croire que les adeptes des webcasts n'ont pas le courage d'aller jusqu'au cinéma le plus proche puisque le (petit) budget du film ne fut pas remboursé par ses entrées en salles. 

Octave Blin et Karine, sa petite amie, décident de s'installer dans la maison de feue la grand-mère du jeune homme et filment leur installation grâce à leur téléphone portable. Alors qu'ils espéraient un nouveau départ avec ce retour à la terre, ils vont se rendre compte que la maison n'est pas si accueillante. S'il n'y avait que les coupures d'électricité et les inconvénients de la vie à la campagne, ça passerait. Mais il y a aussi ces bruits étranges, la nuit venue, et ces voisins, assez perturbants...

On l'aura compris, ce pseudo found-footage (avec un titre pareil, la forme s'imposant) est un prétexte pour Norman Thavaud de faire son show au cinéma (en plus d'Internet, de la télévision et des scènes de spectacle). Durant tout le (trop) long-métrage, on a donc droit à Norman dans la cuisine, Norman dans le jardin, Norman à la station-service, Norman au village, Norman chez son voisin, etc. Pour ceux qui sont venus voir un film, la déception est au rendez-vous. Elle est encore plus cruelle pour ceux qui pensaient rire. Le scénario, en effet, de l'épaisseur d'un papier à cigarette, accumule les scènes dont l'humour tombe à plat. 

Avec son pseudo-humour qui n'amuse visiblement que lui, et surtout son mépris affiché pour tout ce qui n'appartient pas à son petit univers (sa vision de la campagne est écœurante), Norman Thavaud, l'idole du web, monopolise l'écran pour une version longue de ses élucubrations. Ponctuant ses phrases d'un "p'tain" toutes les deux phrases, celles-ci étant à peine intelligibles d'ailleurs, lui et Stéfi Kelma, sa partenaire, débitent leur texte (visiblement en grande partie improvisé) à toute vitesse, oubliant visiblement les espaces entre les mots comme la ponctuation.

On peut avoir du mal à comprendre le prix spécial que ce film récolta lors du Festival de l'Alpe d'Huez. Quelqu'un a dit qu'on était forcément le vieux con de quelqu'un. En voyant ce que j'ai peine à qualifier de film, j'ai atteint ce stade. 
Merci Norman.