vendredi 22 juillet 2016

Jamais entre amis (2015)



Au regard de l'affiche, "Jamais entre amis" ressemble énormément à la comédie américaine type du moment : outrancière et prête à tout pour faire rire son spectateur, quitte à y aller fort (et à taper en dessous de la ceinture). Mais, comme il ne faut pas juger un livre d'après sa couverture, et que je n'aime pas rester fâché avec un style de cinéma, j'ai cédé et décidé de visionner cette comédie que je devinais romantique. Il faut dire que le petit logo "Sundance" en haut de la dite affiche plaidait en sa faveur. Le cinéma indépendant américain, dont ce festival s'est fait la grand messe, a souvent été source de jolies surprises. 

Ayant perdu leur virginité ensemble au lycée, Lainey et Jake se retrouvent par hasard, dix ans plus tard à New York, et constatent qu'ils sont tous les deux totalement incapables d'être fidèles. Ils décident d'affronter ensemble ce problème, en s'engageant dans une relation purement amicale, d'où le sexe est totalement exclu. 
N'ayant l'un pour l'autre aucun secret, ils se rendent compte que tous deux sont en quête de l'amour, le vrai.


J'avais quelques craintes en lisant le résumé du film, parce qu'à en croire la mode actuelle, le cinéma américain, avec pareil sujet, aurait plutôt tendance à produire une comédie grassouillette et molle du bide. Cette légitime appréhension fut dissipée assez rapidement : c'est le verbe qui est roi, dans cette comédie. Le scénario est servi par des dialogues souvent percutants, et n'a pas besoin de créer des situations abracadabrantes pour faire sourire, voire rire. 

Sans doute, la présence derrière la caméra d'une réalisatrice, Leslye Headland, n'est pas pour rien dans ce constat, mais c'est en grande partie grâce à ses deux interprètes principaux, Jason Sudeikis et Alison Brie, que "Jamais entre amis" (alias "Sleepin with other people" dans la langue de Judd Apatow) tient la route avec un capital sympathie qu'on s'étonne de lui trouver. Le premier fait montre d'un abattage redoutable, tandis que la seconde révèle de multiples facettes, entre fragilité et talent burlesque. 
Malgré quelques séquences dispensables, la comédie romantique ancrée dans son époque que nous propose Leslye Headland est souvent fraîche et réussit à maintenir son rythme jusqu'à la fin (certes, éminemment prévisible). Peu de productions de ce registre peuvent se targuer d'y parvenir.


Finalement, et en grande partie parce qu'il évite de sombrer dans le travers actuel de la comédie américaine, "Jamais entre amis" est plus plaisant qu'on ne pouvait le croire, au regard de son affiche. S'il n'évite pas toujours l'outrance, il n'en fait pas un moteur : le résultat est au-dessus de la moyenne habituelle. C'est déjà ça de pris.


2 commentaires:

  1. J'adore les comédies romantiques. Alors si celle-ci est réussie, je ne vais pas me priver.

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    1. Si tu en consacres un à ce film, je lirai ton billet avec attention, afin de vérifier si je ne me suis pas trop trompé dans mon appréciation...
      Merci du passage, Chonchon...les vacances ont été bonnes ?

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