Affichage des articles dont le libellé est Jason Sudeikis. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Jason Sudeikis. Afficher tous les articles

mardi 8 mai 2018

Downsizing (2017)


On avait pu repérer Alexander Payne avec "The descendants", qui mettait en vedette un George Clooney désemparé sur fond d'un Hawaï inattendu. Son dernier film (il y eut entre deux "Nebraska") "Downsizing", a fait l'objet d'une promotion notable, mettant en avant les éloges de certains critiques (cela dit, ce simple procédé peut être très contre-productif). Avec en vedette Matt Damon, ce film de science-fiction promettait beaucoup et, au final, n'a pas reçu le succès escompté. Alors, le public serait-il passé à côté d'un grand film ?

Surpeuplée, la planète ne suffit plus à nourrir et loger ses habitants. Alors, une solution s'impose : miniaturiser l'homme. Après avoir hésité, Paul Safranek se lance et convainc son épouse : le projet Downsizing semble augurer d'un nouvel eden, bien loin de son Omaha quotidien.
Une nouvelle vie commence pour lui. Enfin, ça, c'est ce qui lui est promis. La réalité sera bien différente.

Avec un pitch pareil et les prouesses réalisées par les spécialistes en effets spéciaux, on pouvait rêver à un film alliant forme et fond : quand la science-fiction se penche sur la société, cela peut donner de grandes œuvres. D'autant plus que "Downsizing", dans les premières séquences, semble se donner les moyens de ses ambitions. Le modeste Paul Safranek, représentant parfait de la middle-class américaine, se laisse séduire par l'idée d'une nouvelle chance et.... C'est justement là que le bât blesse, car après ce "et", le film part à vau-l'eau, et semble oublier son intention première. Alors, faute d'aller jusqu'au bout celle-ci, Alexander Payne donne l'impression de bricoler son intrigue au fur et à mesure...

Passé le premier quart du film et une fois son héros rapetissé, le film perd tout son intérêt et se contente mollement d'allers et retours. Heureusement, tout n'et pas à jeter dans ce film : s'il maintient l'intérêt du spectateur, c'est en grande partie, grâce à ses interprètes (faute d'un propos percutant). Matt Damon, marchant dans les pas de Tom Hanks, figure remarquablement l'américain moyen. Face à lui, l’exubérant Christoph Waltz semble bien s'amuser, tandis que Kristen Wiig et Jason Sudeikis, pour ne citer qu'eux, n'ont qu'un rôle accessoire (au sens où ils ne font que servir que le scénario), mais font le job, comme on dit. 

L'idée de base était formidable et aurait pu donner lieu à un grand film de science-fiction. Avec moins de moyens, "L'homme qui rétrécit", en son temps, eut un propos maintes fois plus profond et efficace. Malgré des moyens imposants, l'effet produit par le film est à l'image de son héros : riquiqui.



Ce film a été vu dans le cadre du Movie Challenge 2018, pour la catégorie 
"Un film qui t'a déçu"


jeudi 13 avril 2017

Tumbledown (2015)



Evoquer le deuil, au travers d'un film, doit être fait de la façon la plus fine qui soit. S'il est un territoire miné, parce que très sensible, c'est bien celui-là. La faute de goût qu'on peut pardonner sur certains thèmes est ici rédhibitoire. Toujours pas sorti dans les salles hexagonales (mais disponible en vidéo), "Tumbledown" abordait ce sujet, en y injectant de la romance. A première vue, il avait l'air d'un de ces films indépendants américains, de ceux qui sont souvent de bonnes surprises. Allait-il tenir ses promesses ?
Veuve d'un chanteur folk à la courte mais marquante carrière, Hannah vit loin de tout, dans une maison perdue au fin fond du Maine. Quand elle voit débarquer Andrew McCabe, un professeur de littérature qui s'est mis en tête d'écrire une biographie de son défunt mari, elle est loin d'être acquise au projet. Elle n'a pas fait son deuil, selon la formule consacrée, et veille férocement sur la mémoire de son mari. Andrew va tenter d'apprivoiser Hannah, quitte à remuer le passé et ses douleurs enfouies...


La richesse de "Tumbledown" réside principalement dans ses personnages, et plus exactement ses deux personnages principaux. Ce n'est pas dans sa réalisation (classique et discrète), ni dans son scénario (très prévisible) qu'on y sera surpris(e). Plantant son intrigue, où la romance percute le travail de deuil, dans une petite bourgade du Maine, Sean Mewshaw, dont c'est le premier long métrage, n'échoue ni ne réussit.

Il y a plein de choses qu'on peut apprécier dans "Tumbledown", comme la présence de la musique (forcément, au vu du pitch) et l'atmosphère générale du film, en grande partie due à son décor. Il y a en a (hélas) pas mal qui auraient été dispensables, dont les touches comiques, pas forcément à leur place dans l'histoire. Et il y en a beaucoup qu'on aurait voulu aimer plus : s'il avait creusé plus profondément dans ses personnages et leurs sentiments profonds, je suis persuadé que Sean Mewshaw aurait provoqué l'émotion qui est souvent aux abonnés absents (ou alors, j'ai un cœur de pierre).

La faute en revient peut-être aux interprètes, allez savoir. Jason Sudeikis, pas franchement crédible en professeur venu de New York, joue trop souvent sur la partition comique et provocante du personnage. De son côté, la charmante Rebecca Hall, plus convaincante que son partenaire masculin, peine cependant à faire croire au deuil qui accable Hannah.

On a du mal à classer ce film dans le registre de la comédie romantique, tant le deuil y est exploité. Mais ce n'est pas non plus un drame, parce que les personnages ne semblent pas y souffrir. Ce film aurait sans doute pu être meilleur, c'est clair, mais il aurait aussi pu être bien pire.

Il n'est pas inoubliable, mais n'en est pas pour autant honteux.


vendredi 22 juillet 2016

Jamais entre amis (2015)



Au regard de l'affiche, "Jamais entre amis" ressemble énormément à la comédie américaine type du moment : outrancière et prête à tout pour faire rire son spectateur, quitte à y aller fort (et à taper en dessous de la ceinture). Mais, comme il ne faut pas juger un livre d'après sa couverture, et que je n'aime pas rester fâché avec un style de cinéma, j'ai cédé et décidé de visionner cette comédie que je devinais romantique. Il faut dire que le petit logo "Sundance" en haut de la dite affiche plaidait en sa faveur. Le cinéma indépendant américain, dont ce festival s'est fait la grand messe, a souvent été source de jolies surprises. 

Ayant perdu leur virginité ensemble au lycée, Lainey et Jake se retrouvent par hasard, dix ans plus tard à New York, et constatent qu'ils sont tous les deux totalement incapables d'être fidèles. Ils décident d'affronter ensemble ce problème, en s'engageant dans une relation purement amicale, d'où le sexe est totalement exclu. 
N'ayant l'un pour l'autre aucun secret, ils se rendent compte que tous deux sont en quête de l'amour, le vrai.


J'avais quelques craintes en lisant le résumé du film, parce qu'à en croire la mode actuelle, le cinéma américain, avec pareil sujet, aurait plutôt tendance à produire une comédie grassouillette et molle du bide. Cette légitime appréhension fut dissipée assez rapidement : c'est le verbe qui est roi, dans cette comédie. Le scénario est servi par des dialogues souvent percutants, et n'a pas besoin de créer des situations abracadabrantes pour faire sourire, voire rire. 

Sans doute, la présence derrière la caméra d'une réalisatrice, Leslye Headland, n'est pas pour rien dans ce constat, mais c'est en grande partie grâce à ses deux interprètes principaux, Jason Sudeikis et Alison Brie, que "Jamais entre amis" (alias "Sleepin with other people" dans la langue de Judd Apatow) tient la route avec un capital sympathie qu'on s'étonne de lui trouver. Le premier fait montre d'un abattage redoutable, tandis que la seconde révèle de multiples facettes, entre fragilité et talent burlesque. 
Malgré quelques séquences dispensables, la comédie romantique ancrée dans son époque que nous propose Leslye Headland est souvent fraîche et réussit à maintenir son rythme jusqu'à la fin (certes, éminemment prévisible). Peu de productions de ce registre peuvent se targuer d'y parvenir.


Finalement, et en grande partie parce qu'il évite de sombrer dans le travers actuel de la comédie américaine, "Jamais entre amis" est plus plaisant qu'on ne pouvait le croire, au regard de son affiche. S'il n'évite pas toujours l'outrance, il n'en fait pas un moteur : le résultat est au-dessus de la moyenne habituelle. C'est déjà ça de pris.


mercredi 26 février 2014

Trop loin pour toi (2010)


La comédie romantique, genre maintes fois abordé dans ces colonnes, est un genre inépuisable, même si les films de ce domaine sont souvent prévisibles. Bien sûr, en utilisant l'inévitable canevas qui prévaut dans cette catégorie, il est possible de sortir un peu du cadre hyper-défini, mais le but de la romcom reste le même : malgré toutes leurs différences et après avoir vaincu les aléas, les deux tourtereaux doivent in fine finir dans les bras l'un de l'autre. Vendu lors de sa sorti en partie sur l'argument que Drew Barrymore et Justin Long étaient (à l'époque) en couple à la ville comme à l'écran, "Trop loin pour toi" utilisait bon nombre des ficelles de la comédie romantique, mais adoptait aussi un ton plus trash, comme le font moult comédies venues d'Amérique. Malgré cela, les recettes du film ne furent pas à la hauteur de ce qu'espéraient les producteurs.

Après leur rencontre dans un bar new-yorkais, Erin et Garrett se sont rendus compte qu'ils étaient faits l'un pour l'autre. Hélas, Erin a décroché un poste dans une rédaction à Los Angeles, tandis que Garrett travaille pour une maison de disques située à New-York. Ils vont cependant tenter de s'aimer à distance, séparés par plusieurs fuseaux horaires et pas mal d'heures d'avion, sous le regard de leurs amis et familles.
Très vite, Erin et Garrett vont se rendre compte que la distance joue contre eux. 

Premier film de Nanette Burstein, qui avait jusqu'alors essentiellement réalisé des documentaires, "Trop loin pour toi" ("Going the distance", en version originale) donne l'impression de n'être ni réussi ni raté. Ce n'est déjà pas mal, vue la quantité de navets qui envahissent les salles obscures, mais cela reste un brin frustrant. Exploitant sans vergogne les clichés du genre et picorant les recettes qui marchent dans la comédie américaine actuel, "Trop loin pour toi", réalisé sobrement, donne souvent l'impression de sortir de la route avant de reprendre son chemin bon an mal an, quitte à laisser le spectateur perplexe.

Inévitablement, "Trop loin pour toi" glisse à de nombreuses reprises dans l'humour au-dessous de la ceinture (décidément très en vogue outre-Atlantique). A mon goût, ces scènes-là, trop nombreuses, sont l'équivalent d'un "hors-sujet" dans une rédaction. C'est dommage car, en dehors de ces moments là, le film est plutôt réussi et dissimule quelques jolis moments. je songe notamment aux scènes où apparaît le groupe indépendant The boxer rebellion, qui existe réellement et dont les prestations scéniques dans le film sont formidables. 

Du côté de l'interprétation, c'est surtout Drew Barrymore qui tire son épingle du jeu (ce qu'elle a grandi, la petite soeur d'Elliott dans "E.T." !). Justin Long, son partenaire, fait une nouvelle fois (après le quatrième "Die Hard" de sinistre mémoire), fait une nouvelle fois preuve d'un charisme proche du néant (avis sans doute subjectif de ma part). Dans des rôles plus secondaires, on notera l'interprétation déjantée de Charlie Day et de Jason Sudeikis, les deux trublions du film, dont les interventions le font souvent sortir du registre sage de la comédie romantique traditionnelle.

Bancal mais parfois drôle, "Trop loin pour toi" n'est ni une franche réussite, ni un total désastre. C'est un film qui peut, à la grande rigueur, remplir une soirée, si l'on n'est pas trop regardant. Une fois vu, il s'oublie vite et ne laissera pas une trace marquante dans la carrière de son équipe, ni dans la mémoire de son spectateur.